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Ibn
Mas'ud
a dit : L’envoyé
de Dieu le sincère et le véridique
prononça ces paroles :
"La
conception de chacun de vous, dans le ventre
de sa mère s’accomplit en quarante jours
; d’abord sous la forme d’une semence, puis
sous celle du plasma sanguin pour une même
période, puis sous celle d’un morceau
de chair, pour une période semblable.
Enfin, un ange lui est envoyé, il y insuffle
l'esprit vital, et reçoit l’ordre d’inscrire
quatre décisions [le concernant], à
savoir : ce qui lui est imparti comme bien et
nourriture, délai de vie, actes et condition
heureuse ou malheureuse. Par Dieu, en dehors
duquel il n’y est pas de divinité, l’un
de vous accomplit des actes comme en font les
gens du Paradis au point qu’il ne reste plus
entre lui et le Paradis qu’une coudée
; c’est alors qu’il est devancé par le
destin inscrit, et amené à commettre
des actes, dignes des gens de l’enfer"
Explications
:
Importance du hadith
Ce
hadith est important. Il décrit les diverses
étapes de la vie de l’homme, depuis sa
création et son arrivée dans ce
bas monde, jusqu’à ce qu’il le quitte
pour s’établir définitivement,
soit dans la demeure du bonheur (le paradis),
soit dans celle du malheur (l’enfer), en fonction
de ses actes dans la vie d’ici-bas. Et ce conformément
à ce que Dieu
sait de lui et qu’Il lui
a décrété.
Compréhension du hadith et ses bonnes
directives :
1.
Les étapes du développement de
l’embryon :
Ce
hadith indique que l’embryon, durant cent vingt
jours, traverse trois phases de quarante jours
chacune : au cours de la première, il
reste sous forme de semence. Dans la deuxième,
il se transforme en plasma sanguin, puis en
mâchure, dans la troisième. Ensuite,
au terme de ces cent vingt jours, l’Ange lui
insuffle l’esprit vital et inscrit quatre décisions
le concernant. Dieu
rappelle, dans Son livre
Saint, les transformations que l’embryon subit
au cours de ces différentes phases :
« O humains ! Si vous avez quelque doute
sur la résurrection, Nous vous avons
créés de terre puis d’une goutte
de liquide, puis d’une sorte de sangsue, puis
d’une chaire mâchée » (Sourate
22, verset
5)
Il dit également : « Nous avons
effectivement créé l’homme à
partir d’une lignée extraite de l’argile.
Puis nous en fîmes un peu de liquide (spermatique)
dans un lieu de fixation solidement implanté.
Puis nous en fîmes du liquide une sorte
de sangsue, fîmes de la sangsue un bol
de mastication des os. Nous revêtimes
alors les os de chair, puis Nous en fîmes
une autre créature (par l’insufflation
de la vie). Béni soit Dieu par Lui-même,
le meilleur des créateurs » (Sourate
23, verset 12 à 14)
Dans
ces derniers versets, Dieu souligne les quatre
étapes citées dans le hadith et
leur ajoute trois autres, soit au total sept.
Ibn Abbas disait
: « la création du fils d’Adam
connaît sept phases » Puis il récitait
le verset cité ci-dessus.
Si
Dieu le Tout Puissant et Le Très Haut
l’avait souhaité, Il aurait créé
l’homme, dans son état accompli, sans
le faire passer par toutes ces étapes
et transformations graduelles. La sagesse qui
se dégage de cette création est
la suivante :
La création de l’homme et de l’univers
immense, suivant une suite de causes et d’effets,
d’antécédents et d'aboutissements,
est plus à même de rendre évidente
la toute puissance de Dieu.
La création progressive et graduelle
de l’homme a pour but aussi d’apprendre aux
gens d’être soucieux de la perfection,
de faire preuve de patience et de ne pas s’empresser
et se précipiter dans leurs affaires.
La perfection morale ne peut s’acquérir
graduellement, tout comme la perfection physique,
puisque la création de l’homme se fait
progressivement, étape par étape
jusqu’à ce qu’il atteigne la force de
l’âge. Autrement dit, l’homme doit, dans
son cheminement moral et comportemental, prendre
la création divine pour modèle,
sans quoi il agira à l’aveuglette.
L’insufflation de l’esprit vital :
Tous
les savants sont d’accord pour affirmer que
l’insufflation de l’esprit, dans l’embryon,
se fait quatre mois après le rapport
sexuel. L’embryon commence effectivement à
bouger dans la matrice à la fin de cette
période. C’est sur cette base observée
dans la réalité que des règles
ont été établies au sujet
de la reconnaissance de la paternité
et de l'obligation de la pension alimentaire.
C’est
pour cette raison aussi que le délai
de viduité a été arrêté
à quatre mois et dix jours. Car cette
période permet de s’assurer que la femme
n’est pas enceinte. L’esprit
vital, c’est ce qui donne la vie à l’homme.
C’est une émanation de l’ordre divin,
comme l’indique ce verset :

«
Et ils t'interrogent au sujet de l'âme, - Dis: "l'âme relève de l'Ordre de mon
Seigneur". Et on ne vous a donné que peu de connaissance. ». (Sourate
17, verset 85)
L’Imam
An Nawawy a dit, dans son commentaire du Sahih
Muslim : « L’Esprit vital est une substance
douce qui circule dans le corps humain et s’y
mèle comme le fait l’eau avec une branche
encore verte ». De son côté,
Al ghazali
dans son livre « Revivification
des sciences de la religion » l’a défini ainsi : « C’est
une substance qui gouverne (dispose du) le corps.
»
L’interdiction de l’avortement :
Tous
les savants sont d’accord pour déclarer
que l’avortement est interdit une fois que l’esprit
vital a été insufflé dans
l'embryon. Car c’est un crime perpétré
contre un être vivant dont la création
est achevée. Le prix du sang ( Ad-diyya)
est exigé lorsque l’embryon avorté
meurt à sa sortie du ventre de sa mère,
et une amende moins importante s’il meurt avant.
La
majorité des juristes considèrent
que l’avortement est également illicite
, même s’il est provoqué avant
l’insufflation de l’esprit. Ils argumentent
par des hadiths authentiques qui signifient
que la constitution commence dès que
la semence se dépose et s’établit
dans la matrice. Muslim a rapporté, d’après
Hudhayfa Ibn Asid que le prophète a dit : « lorsque la semence passe
quarante deux nuits, (dans une autre variante,
il est dit après quelques quarante nuits)
Dieu envoie un Ange qui, sous Ses ordres, lui
donne forme et crée son ouîe, sa
vue, sa peau, sa chair et ses os »
Ibn
Rajab Al Hanbali écrit, à la page
42 de son livre « La somme des sciences
et des sagesses »
: « un groupe de juristes (fuqaha)
ont autorisé la femme à avorter
tant que l’esprit vital n’a pas encore été
insufflé. Ils ont assimilé (l'avortement
) au ‘azl (le retrait volontaire : coïtus
interruptus). C’est la un avis faible, car l’embryon
est un enfant déjà conçu
et probablement formé. Ce qui n’est pas
le cas dans le retrait volontaire, Al- 'Azl,
où l’enfant n’existe pas du tout encore
; ce moyen empêchant sa conception. Toutefois,
lorsque Dieu le veut, l’enfant peut être
conçu même en cas de retrait volontaire
».
Al
Ghazaly
dit dans son ouvrage : « Revivification
des sciences de la religion ». Cela à
savoir le retrait volontaire (Al-'azl) ne peut
être assimilé à l’avortement
ou à l’enterrement d’une fillette vivante
(Al-Wa'd), car ces actes constituent un crime
perpétré (jinânya) contre
un être déjà existant. L’existence
(humaine) passe par différentes phases.
Au cours de la première, le liquide de
l’homme se dépose dans la matrice de
la femme, afin d’être disposé à
recevoir le souffle de la vie. A ce stade, l’interruption
constitue déjà un délit.
A la phase suivante, lorsque la semence (du
couple) se transforme en embryon (Mudgha) qui
se fixe (aux parois de l’utérus) ('Alaqua),
le délit est encore plus grave. Lorsque
l’organisme prend forme et reçoit l’esprit
vital (Ar-rouh), cette gravité est encore
plus grande. Cependant, le comble de la gravité
est de tuer l’enfant alors qu’il est né
viable (Al-wa'd).
Dieu
connaît les différents états
de Se créatures avant même de les
existencier. Qu’il s’agisse de leur foi ou de
leur obéissance, de leur impiété
ou de leur désobéissance, de leur
bonheur ou de leur malheur, rien n’échappe
à Sa science et à Sa volonté.
Plusieurs textes font allusion à la prédestination.
Ainsi, Al bukhary
rapporte d’après Ali
Ibn Abi Talib que le Prophète a dit :
« Dieu a décrété,
pour chaque âme créée, sa
place au Paradis ou en Enfer, et a décrété
sa félicité ou sa misère
(sa damnation). Un homme dit alors : «
O Messager de Dieu ! Devons-nous nous résigner
à ce qui est écrit et abandonner
toute action ? ». Le prophète
répondit : « Agissez, car toute
chose est facilitée pour ce à
quoi elle a été destinée
lorsqu ‘elle fut créée. Aux gens
de la félicité, Dieu facilite
l’accomplissement des actes qui leur font mériter
la félicité. Quant aux misérables,
Dieu leur facilite l’accomplissement des actes
qui leur font mériter la damnation. Ensuite,
le prophète récita les versets
5 à 11 de la sourate 92 : « A celui
qui donne et qui craint (Dieu), à celui
qui confirme la plus belle des vérités,
Nous lui faciliterons l’accès à
la félicité (Le Paradis). A l’avare
empli de suffisance, à celui qui conteste
la plus belle des vérités. Nous
lui faciliterons l’accès au tourment
(l’Enfer).»
Il
en résulte que la Science de Dieu ne dépouille
pas le serviteur de son libre arbitre et de
sa volonté de réaliser un dessein.
C’est que la Science n’est pas un attribut contraignant.
Bien au contraire, Dieu
a ordonné aux
créatures la foi et l’obéissance.
Il leur a interdit l’impiété et
la désobéissance. Ce qui est une
preuve du libre arbitre du serviteur, sinon
les injonctions et les interdicitions ne seraient
que pure absurdité, ce qui est impossible.
Dieu
dit dans la sourate 91, verset 7 à
10 :
« Par un être vivant et ce
qui l’a fabriqué dans une harmonie parfaite.
Il lui a alors inspiré son immoralité
et sa piété. A effectivement récolté
le succès celui qui s’est purifié
(de la mécréance). Et a effectivement
échoué celui qui n’a pas laissé
son humanité s’épanouir ».
La protestation contre le destin :
Dieu
nous a ordonné la foi et l’obéissance
et nous a interdit l’impiété et
la désobéissance. C’est ce dont
on a été chargé. Quant
à ce qu’il a décrété
en notre faveur ou en notre défaveur,
nous l’ignorons, et nous n’aurons pas de compte
à en rendre. Il s’ensuit que l’auteur
de l’égarement, de l’impiété
et de l’acte pervers ne peut invoquer le destin
arrêté par Dieu et dire que Dieu
avait décrété et voulu
ce dont il s’est rendu coupable, avant même
qu’il n’ait lieu.
Dieu dit :
« Dis : Agissez
! Dieu verra votre action de même que
Son messager et les croyants ». (Sourate
9, verset 105)
Une
fois que ce qui a été décrété
se réalise, arguer par le destin est
alors chose permise. Car le croyant trouve sa
quiétude dans sa soumission au décret
divin, décret qui agit dans le sens du
bien que celui-ci prenne la forme de la prospérité
et du bonheur ou celle de la misère.
Les actes s’évaluent selon leurs dénouements
:
Al
Bukhary
a rapporté d’après Sahl
ibn Sa'd
que le prophète
a dit
: « les actes s’évaluent
selon leurs dénouements ». Cela
signifie que lorsque Dieu décrète
qu’un serviteur mourra dans la foi et l’obéissance,
Dieu l’y guide peu avant de temps avant que
sa vie n’arrive à son terme, de sorte
qu’il meurt en accomplissant une action des
gens du Paradis. Même s’il lui arrive,
entre temps , de se rebeller contre Dieu
et
de Lui désobéir. Et que lorsque
Dieu décrète qu’un serviteur finira
dans l’impiété et la perversion,
Dieu le lâche, à la fin de sa vie
à cause de ce qu’il a commis volontairement
de ses propres mains, de sorte qu’il profère
une parole d’impiété et meurt
en accomplissant les actes des gens de l’enfer.
Même s’il lui arrive, entre-temps, de
croire et d’obéir à Dieu .
On
ne doit donc ni se faire berner par les apparences
des gens, ni en désespérer, car
ce qui compte c’est le dénouement de
leur vie. Nous prions Dieu pour qu’il affermisse
nos pas sur le chemin de la vérité
et du bien, et qu’il nous destine à une
bonne fin.
Les implorations du Prophète :
Le
Prophète disait souvent dans ses
invocations : « Ô Toi qui
fais retourner les coeurs, établis fortement
mon coeur dans Ta religion ». Muslim
a
rapporté que le Prophète
a dit : « Les coeurs des fils d’Adam
se placent, comme un seul coeur, entre deux des
doigts du Miséricordieux, Dieu les gère
comme Il veut. »
Ensuite, le prophète
a dit : « Mon Dieu, Toi qui
dirige les coeurs amène les nôtres
à T’obéir. »
Ibn
Hajar Al Haytami
a dit : « La mauvaise
issue est causée – que Dieu nous en préserve
– par la mauvaise foi cachée au fond
du coeur.
Par ailleurs, l’homme peut accomplir
les actions des gens de l’enfer, et avoir tout
au fond de lui un penchant pour le bien qui
prévaudra à la fin de sa vie et
lui fera mériter la bonne issue.
On a
rapporté qu’Abdelaziz Ibn Dawud a dit
: «J’ai été témoin
d’un agonisant à qui on a demandé
de répéter l'attestation de foi
et qui a répondu qu’il la niait»
Abdelaziz Ibn Dawud
s’est alors renseigné
sur lui et on lui a dit qu’il était un
ivrogne invétéré. Abdelaziz
Ibn Dawud avait coutume de dire : « Préservez-vous
des pèchés, car se sont eux qui
ont causé sa perte ».

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