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Chers frères et soeurs
En ce mois de Rabi’ el Awal, nombreux sont les
musulmans qui fêtent la naissance du Messager de Dieu en faisant passer ceux qui
ne s’associent pas à cela à des extrémistes rigoristes, ignorants, avares qui
n’aiment pas le prophète de Dieu comme il se doit. Sommes-nous meilleurs
que Abou Bakr, Omar, Ali, Othman ou les autres compagnons ? Sommes nous
meilleurs que les pieux prédécesseurs et ceux qui les ont suivi ? Ces grands
hommes qui étaient prêts à donner leur vie pour le Messager de Dieu … Pourtant
aucun d’entre eux n’a célébré cet anniversaire. Aimer le prophète c’est
suivre ses exhortations, ses conseils et sa sounna, dans tous ses faits et
gestes, toute sa vie durant. C’est prendre exemple sur son noble comportement et
ses innombrables qualités… La polémique ne faisant pas partie de notre
crédo, nous nous contenterons de dire que c'est bien parce que nous aimons
profondément notre Messager (paix et bénédiction de Dieu sur lui) que nous ne
fêtons pas son anniversaire. Nous portons à votre connaissance quelques
points qui expliquent notre position, et nous invoquons Dieu le Très Haut de
nous guider et de guider notre communauté vers Son agrément et Sa satisfaction.
Très
Fraternellement, L'Equipe Sajidine
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Louange
à Allah, Maître des Mondes. Bénédiction
et salut soient sur notre Prophète, sur sa famille
et sur tous ses compagnons.
Il
est évident que le Livre et la Sunna ordonnent
l’observance de la loi d’Allah et de Son Messager
et interdisent l'introduction d'innovations
dans la religion.
Allah
a dit :
«Dis:
"Si vous aimez vraiment Allah, suivez-
moi, Allah vous aimera alors et vous pardonnera
vos péchés.»
(Coran,
3 : 31)
«Et
voilà Mon chemin dans toute sa rectitude, suivez-
le donc; et ne suivez pas les sentiers qui
vous écartent de Sa voie. »
(Coran,
6 : 153).
Le
Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui)
a dit : «
le livre d’Allah véhicule le discours
le plus vrai, et l'enseignement de Muhammad
est le meilleur et les pratiques (religieuses)
innovées les pires ».
Il
a dit encore : «
Quiconque introduit dans notre affaire (religion)
ce qui lui est étranger le verra rejeter »
(rapporté
par al-Boukhari sous le n° 2697 et par Mouslim
sous le n° 1718).
La
commémoration de l’anniversaire de la naissance
du Prophète au
mois de Rabi El Awwal fait partie pratiques inventées
par les gens.
Ils
s’y prennent de différentes manières :
Certains
se contentent de se réunir pour écouter lire
le récit du mawlid (la naissance du Prophète)
ou prononcent des discours ou lisent des poèmes
;
D’autres
préparent des repas et des gâteaux et d’autres
aliments et les offrent aux participants ;
D’autres
célèbrent l’événement dans les mosquées ou chez
eux.
D’autres,
loin de se contenter de ce qui précède, intègrent
dans la cérémonie des pratiques prohibées ou
réprouvées comme le contact physique direct
entre des hommes et des femmes dans une ambiance
marquée par des chants et la danse ou des pratiques
polythéistes comme l’imploration du secours
du Prophète ,
son invocation et la sollicitation de son aide
contre l’ennemi, etc.
Ces
différentes manières de célébrer l’événement
ont en commun leur caractère d’innovation prohibée
inventée
par les fatimides après les trois meilleurs
siècles (de l’Islam) ...
(
De plus il y a une divergence existante quant à sa date exacte. Cette pratique
innovée, que les gens ont instaurée le 12 du mois de rabî el Awwal n’a aucun
fondement du point de vue historique car rien ne prouve que le Messager d’Allâh
soit né le 12. Les historiens ont divergé en sept dates différentes, à savoir :
Le 02, 08, 09, 10 12, 17, 22.)
Le
premier initiateur de ces manifestations en
public fut al-malik al-moudhaffar Abou Said
Kawkaboury, roi d’Arbel vers
la fin du 6e siècle et le début du 7e siècle
de
l’Hégire d’après des historiens comme Ibn Khallitan
et d’autres.
Abou
Shama dit : « Le premier à l’avoir célébrée
à Moussoul fut Cheikh Omar Ibn Muhammad al-Moulla,
l’un des célèbres hommes pieux. C’est son initiative
qui fut perpétuée par le roi d’Arbel et d’autres.
Al-Hafiz
ibn Kathir a
dit dans al-bidaya wa an-nihaya (13/137) à propos
de la biographie d’Abou Said Kazkabouri : «
Il organisait une grande cérémonie au mois de
Rabi I à l’occasion de l’anniversaire de la
naissance du Prophète .
Al-Bast a dit : un
des participants à l’une des cérémonies organisées
par al-Moudhaffar m’a raconté que ce dernier
faisait étaler sur une nappe 5 000 (moutons),
méchoui, 10 000 poulets, 100 000 coupes à crèmes,
30 plats de gâteaux […]. Il organisait un concert
(religieux) pour les soufi et dansait avec eux
du début de l’après-midi jusqu’à l’aube ».
Dans
Wafayat al-a’yan (3/274), Ibn Khallikan dit
: «
Dès le début du mois de Safar, ils se mettaient
à donner la plus belle décoration aux dômes.
Sous chaque coupole se tenait un groupe de musiciens.
Pendant cette période, les gens chômaient et
n’avaient d’autre occupation que de venir regarder
les fêtards et tourner autour d’eux […]. Deux
jours avant le mawlid, le roi emmenait un nombre
de chameaux, de bœufs et de moutons qui défiait
la description et les faisait accompagner de
tambours, de chants et d’actes de divertissements,
et faisait progresser le cortège jusqu’à la
place publique […]. Dans la nuit de la cérémonie,
il organisait un concert (religieux) à la citadelle
après la prière du maghreb ».
Voilà
la genèse de la célébration de l’anniversaire
de la naissance (du Prophète). Elle
date d’une époque récente et fut accompagnée
de manifestations de divertissement, d’excès,
de gaspillage des biens et du temps, le tout
fondé sur une innovation qu’aucun argument
tiré de la révélation d’Allah ne permet de soutenir.
Il
convient au musulman de s’employer à faire vivre
les pratiques enseignées par la Sunna et à faire
disparaître les innovations et de n’engager
aucune action avant de connaître le jugement
d’Allah à son propos.

La
cérémonie organisée à l’occasion de l’anniversaire
de la naissance du Prophète est
interdite pour plusieurs considérations :
Premièrement
ni le Prophète lui-même
ni ses compagnons ne l’avaient faite. Or toute
pratique religieuse
qu’ils n'avaient pas faite est une innovation
à interdire compte tenu de la parole du Prophète :
«
Tenez fortement à ma Sunna et à celle des guides
qui me succéderont ; accrochez-vous-y ( mordez
les avec vos incisives). Méfiez-vous des pratiques
innovées car toute pratique (religieuse) inventée
constitue une innovation et toute innovation
est une aberration »
(cité
par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi, n° 2676).
Deuxiemement
La célébration du mawlid est une pratique
instaurée par les Fatimides après les meilleurs
siècles pour corrompre la religion.
Or quiconque
invente, pour se rapprocher d’Allah,
une
pratique que le Messager d’Allah et
ses compagnons n’avaient ni ordonnée ni accomplie,
accuse le Messager implicitement de n’avoir
pas bien expliqué la religion aux gens
et démenti la parole du Très Haut : «Aujourd'hui,
J' ai parachevé pour vous votre religion. »
(Coran,
5 : 3)
dans la mesure où il a apporté un surplus qu’il
présente comme une partie de la religion, bien
que n’ayant pas été enseignée par le Messager
d’Allah .
Troisièmement
la célébration de l’anniversaire de la
naissance du Prophète revient
à imiter les chrétiens qui fêtent la Noël.
Or leur imitation fait l’objet d’une interdiction
aggravée. Les hadith nous interdisent de nous
assimiler aux infidèles et nous ordonnent de
ne pas les suivre (dans leurs pratiques).
A
ce propos, le Prophète a
dit : «
Quiconque cherche à ressembler à des gens leur
est assimilable »
(cité
par Ahmad, 2/50 et par Abou Dawoud, 4/314).
Le Prophète a
dit encore :
« différenciez-vous des polythéistes »
(rapporté
par Mouslim, 1/222 n° 259).
Cela
s’applique plus particulièrement à leurs rites
religieux.
Quatrièmement
la célébration de l’anniversaire du mawlid,
en plus de son caractère innové et d’imitation
des chrétiens, conduit à l’excès
et à l’exagération de sa vénération voire à
son invocation et l’imploration de son
secours à la place d’Allah.
Ceci est la réalité constatée à nos jours chez
bon
nombre
de ceux qui célèbrent l’anniversaire innové
du mawlid. En effet, ils
invoquent le messager d’Allah
au lieu de celle d’Allah et implore le secours
du Prophète et déclament des poèmes entachés
de polythéisme pour faire son éloge.
Or
le Prophète a
interdit qu’on le loue de manière exagérée et
a dit
:
«
Ne me faites pas des éloges excessives comme
les chrétiens le font pour le fils de Marie
car je ne suis que Son serviteur. Dites donc
: il est l’esclave serviteur d’Allah et Son
messager » (cité
par al-Boukhari, 4/142 n° 3445, al-Fateh 6/551)
C’est-à-dire
: ne commettez pas d’excès dans les louanges
et la vénération que vous faites à mon endroit
comme les chrétiens l’ont fait à l’égard de
Jésus qu’ils ont fini par adorer, malgré
l’interdiction divine qui leur avait été adressée
en ces termes
:
« O gens du Livre (Chrétiens), n' exagérez pas
dans votre religion, et ne dites d' Allah que
la vérité. Le Messie Jésus, fils de Marie, n'
est qu' un Messager d' Allah, Sa parole qu'
Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant
de Lui.» (Coran,
4 : 171).
Notre
Prophète nous a interdit les excès afin de nous
éviter le sort qui les a frappés. C’est ainsi
qu’il a dit :
« Méfiez-vous des excès car ils ont entraîné
la perdition de vos devanciers »
(cité
par an-Nassaï, 5/268 et déclaré authentique
par al-Albani dans Sahihi Sunani an-Nassaï,
n° 2862.
Cinquièmement
la perpétuation de l’innovation que constitue
le mawlid ouvre la porte à d’autres innovations
et détourne les gens des pratiques enseignées
par la Sunna. C’est ainsi qu’on voit les
partisans des innovations s’y livrer ardemment
tout en négligeant les pratiques sunnites ...
ils en viennent même à réduire leur pratique
religieuse à des commémorations innovées et
des mawlid. En outre, ils
se sont divisés en groupes et chaque groupe
célèbre l'anniversaire de la naissance de ses
grandes figures.
C’est ainsi que l’on voit les mawlid d’al-Badawi,
d’Ibn Arabi, d’ad-Doussouqui et d’ach-Chadhili…
Ils
passent d’un mawlid à un autre, et il en a résulté
des manifestations exagérées à l'endroit de
ces défunts et à l’endroit d’autres.
Ils les invoquent à la place d'Allah et croient
qu’ils peuvent leur profiter et leur porter
préjudice.
Ce
qui les amène à s’exclure de la religion d’Allah
et
à retourner à la religion des païens à propos
desquels Allah a dit : «
Ils adorent au lieu d' Allah ce qui ne
peut ni leur nuire ni leur profiter et disent:
"Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès
d' Allah".»
(Coran,
10 : 18)
et : «Nous
ne les adorons que pour qu' ils nous rapprochent
davantage d' Allah.»
(Coran,
39 : 3).

Ceux
qui soutiennent la perpétuation de cette innovation
s’accrochent à des arguments plus faibles que
la toile d’araignée. Ces arguments se présentent
comme suit :
1/
Prétendre que c’est une manière de vénérer le
Prophète (bénédiction et salut
soient sur lui).
Notre
réponse est que la vénération [du Prophète]
consiste
strictement à lui obéir, à exécuter ses ordres,
à abandonner ses interdits et à l’aimer.
On ne le vénère pas en se livrant à des innovations
(religieuses) ni en maintenant des croyances
légendaires ni en perpétuant des actes de désobéissance.
La célébration du mawlid relève de cette catégorie
d’acte puisqu’elle constitue une désobéissance
[au Prophète]. Les
Compagnons étaient ceux qui ont fait preuve
de la plus grande vénération à l’égard du Prophète.
C’est pourquoi Urwa ibn Massoud dit à Quaraych
: « Mon peuple ! J’ai fréquenté des rois notamment
César et Cosroë et le Négus… Au nom d’Allah
! Je n’ai vu aucun roi faire l’objet d’une vénération
comparable
à celle que les compagnons de Muhammad lui vouent.
Au nom d’Allah ! Il ne crache pas sans que l'un
d’eux rattrape le crachat et se frotte le visage
et le corps avec. Quand il leur donne un ordre,
ils s’empressent à l'exécuter. Quand il fait
ses ablutions, ils se précipitent sur le reste
de l’eau qu’il a utilisée. Quand il parle, ils
baissent leur voix et ne fixent pas leur regard
sur lui en signe de vénération. (cité
par al-Boukhari, 3/178 n° 2731, 2732, al-Fateh
: 5/388).
Cette
vénération ne les avait pas amené à célébrer
sa naissance. Si cela était permis, ils l’auraient
fait.
2/
L’observance massive de la pratique dans de
nombreux pays
Nous
répondons en disant qu’un argument valable doit
reposer sur ce qui a été rapporté de façon sûre
d’après le Messager .
Or ce qui a été rapporté de façon certaine d’après
celui-ci implique une proscription de toutes
les innovations y compris ladite célébration.
La pratique des gens qui n’est pas fondée sur
un argument ne peut pas être considérée comme
une preuve. Quel que soit le nombre des pratiquants
: «Et
si tu obéis à la majorité de ceux qui sont sur
la terre, ils t' égareront du sentier d' Allah.
»
(Coran,
6 : 116).
Par ailleurs, Dieu merci, on trouve à chaque
époque des gens qui s’opposent à cette pratique
et en démontrent la fausseté. Aussi l’attitude
de ceux qui la perpétuent en dépit de la réalité
qui leur a été expliquée ne peut-elle pas servir
de preuve.
Parmi
ceux qui se sont opposés à la célébration du
Mawlid figurent Cheikh
Ibn Taymiyya
dans Iqtidha as-sirat al-moustaqim et al-imam
ach-Chatibi dans
al-itissam et Ibn
al-Hadj
dans al-Madkhal et cheikh Tadj
ad-Dine Ali ibn Omar al-Lakhmi qui
a consacré un ouvrage à la question et Cheikh
Muhammad Bachir as-Sahssawani al-hindi
dans son livre Siyant al-insane et Sayyid
Muhammad Rachid Rida
qui a consacré un traité au sujet et cheikh
Muhammad ibn Ibrahim al-Cheikh et d’autres qui
ne cessent d’écrire chaque année dans les journaux
et revues pour dénoncer cette innovation au
moment où elle est mise en pratique.
3/
La célébration du mawlid est une manière d’évoquer
le souvenir du Prophète

Nous
répondons en disant que le
musulman se souvient constamment du Messager
(bénédiction
et salut soient sur lui). C'est le cas chaque
fois que son nom est mentionné dans l’appel
à la prière (
adhan) et dans l’annonce de l’imminence du début
de celle-ci (iqama) et dans les
sermons.
C’est encore le cas chaque fois que
le musulman prononce les Deux Professions de
foi à la suite des ablutions et dans le cadre
des prières et chaque fois qu’il prie pour le
Prophète dans
ses
prières
(canoniques) ou après
la mention de son nom.
En outre, chaque
fois que le musulman accomplit une bonne action
instituée par le Messager (bénédiction et salut
soient sur lui) il se souvient de lui et celui-ci
reçoit pour l’action une récompense égale à
celle donnée à son auteur.
Aussi
le musulman ne cesse-t-il pas d’évoquer le souvenir
du Prophète et
établit un lien (spirituel) avec lui nuit et
jour grâce à la pratique de son enseignement.
Il ne limite pas son action au jour du mawlid
et ne s’attache pas à une innovation contraire
à la sunna du Prophète puisqu’un
tel comportement l’éloignerait du Messager (bénédiction
et salut soient sur lui) et le mettrait à l’écart
par rapport à lui.
Le
Messager se passe volontiers de cette cérémonie
innovée (dans la religion) et se contente de
ce qu’Allah a institué pour le vénérer
et témoigner de son respect. C’est à quoi le
Très Haut fait allusion quand Il dit : «
Et exalté pour toi ta renommée? »
(Coran,
94 : 4).
En effet, on mentionne son nom chaque fois que
celui d’Allah est mentionné dans l’adhan, l’iqama
ou la prêche. Ceci suffit pour le
vénérer, témoigner de son amour, renouveler
son souvenir et exhorter les gens à le suivre.
Allah
n’a
pas mis en relief dans le Coran la naissance
du Prophète. En revanche, il a mis un accent
particulier sur son investiture de la mission
divine.
A ce propos, Il a dit : « Allah
a très certainement fait une faveur aux croyants
lorsqu' Il a envoyé chez eux un messager de
parmi eux-mêmes.
» (Coran,
3 : 164)
et : «
C' est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre
(les Arabes) un Messager des leurs …»
(Coran,
62 : 2).
4/
La célébration est une initiative prise
par un souverain juste et bien instruit afin
de se rapprocher d’Allah.
Nous
répondons en disant que l’innovation est à rejeter,
d’où qu’elle puisse venir. La
bonne intention ne justifie pas une mauvaise
action et le fait d’être « juste et bien instruit
» n’implique pas qu’on est infaillible.
5/
La célébration du mawlid est une belle innovation
parce qu’elle exprime la gratitude envers Allah
qui a mis à notre disposition ce noble prophète
On
répond en disant qu’il n’existe pas de belles
innovations. Car le Prophète
a dit : «
Quiconque introduit dans notre affaire (religion)
ce qui lui est étranger le verra rejeter » (cité
par al-Boukhari, 3/167 n° 2697, Fateh, 5/355).
Le
Prophète a
dit encore : «
Toute innovation (religieuse) conduit à l’aberration
» (cité
par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi sous le
n° 2676).
Il a qualifié toutes les innovations d’aberration.
mais l’autre dit :
« Toute innovation n’est pas une aberration
puisqu’il existe de belles innovations ».
Al-Hafiz
ibn Radjab dit dans le commentaire des Al-Arba’ine
:
« la parole du Prophète » toute innovation (religieuse)
conduit à l’aberration » est si riche que rien
n’y échappe. C’est l’une des importantes règles
de la religion. C’est comme sa parole : « Quiconque
introduit dans notre affaire (religion) ce qui
lui est étranger le verra rejeter »
(cité
par al-Boukhari, 3/167 n° 2697, Fateh, 5/355).
Quiconque invente une pratique et l’intègre
dans la religion sans
qu’on lui y trouve un fondement,
véhicule une aberration sans aucun rapport avec
la religion. Peu importe que cela touche les
questions dogmatiques ou les actes ou les paroles
manifestes ou cachés ». Voir
Djawami al-Uloum wa al-hikam, p. 233.
Ces
gens-là ne s’appuient dans leur affirmation
de l’existence de belles innovations que sur
la parole d’Omar à propos des prières dites
tarawih : «
Quelle belle innovation celle-là ! »
(le
Sahih d’al-Boukhari, 2/252 n° 2010 suspendu,
Fateh, 4/294). Ils
disent encore : «
on a innové des choses que les ancêtres pieux
n’avaient pas désapprouvées comme la compilation
du Coran dans un seul livre, la transcription
et la collecte des hadith… »
La
réponse est que ces
choses ont leur origine dans la loi religieuse
et elles ne constituent pas des innovations.
La parole d’Omar : « quelle belle innovation
» revient à employer le vocable « bid’a » dans
son acception linguistique non religieuse.
Quand on dit d’une pratique qui a un fondement
dans la religion qu’elle une « bid’a », ce terme
est alors employé dans son sens linguistique.
La
compilation du Coran dans un seul volume est
bien fondée. En effet, le
Prophète donnait
l’ordre d’écrire les versets du Coran, mais
ils étaient écrits de façon éparse. Et puis
les Compagnons les ont rassemblés dans un seul
livre.
La
prière des tarawih fut célébrée par le Prophète pendant
plusieurs nuits avec ses compagnons.
Par la suite, il
se retirait de peur que la pratique ne fût rendue
obligatoire. Mais les Compagnons maintinrent
la pratique en célébrant la prière tantôt ensemble
tantôt individuellement, du vivant du Prophète
comme après sa mort.
Et puis Omar finit pas les rassembler derrière
un imam comme on le faisait au début avec le
Prophète .
Ceci
n’est donc pas une innovation dans la religion.
La
transcription du hadith aussi a son origine
dans la religion. Car
le Prophète avait
donné l’ordre de transcrire des hadith à des
compagnons qui le lui avaient demandé.
Du
vivant du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui)
on craignait que la transcription du hadith
n’entraînât sa confusion avec le Coran.
Après la mort du Prophète cette
confusion n’était plus possible parce que le
Coran était complet et bien maîtrisé avant la
mort du Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui). Dès
lors, les musulmans se mirent à transcrire la
Sunna pour la préserver.
Puisse
Allah les récompenser par le bien au nom de
l’Islam puisqu’ils ont bien protégé le livre
de leur Maître et la Sunna de leur prophète
contre la perte et la manipulation.
On
dit aussi : pourquoi n’a-t-on pas commencé à
manifester ce que vous considérez comme une
gratitude que récemment ? Pourquoi
les hommes des meilleurs siècles comme les Compagnons,
leurs successeurs et les successeurs de ces
derniers ne l’ont pas fait ?
Pourtant ils
aimaient mieux le Prophète et
étaient plus attachés à la bienfaisance et à
l’accomplissement de la reconnaissance (envers
Allah).
Est-ce que les initiateurs de la célébration
du mawlid étaient mieux guidés que ceux-là ?
Savaient-ils mieux qu’eux se montrer reconnaissants
envers Allah, le Puissant et Majestueux ? Pas
du tout.
6/
La commémoration de la naissance du Prophète
traduit l’amour que l’on a pour lui. Mieux,
elle en constitue un aspect. Et il est légitime
de manifester son amour pour le Prophète
(bénédiction et salut soient sur lui)
Nous
répondons en disant qu’il
n ‘y a aucun doute que tout musulman doit aimer
le Prophète plus
qu’il n’aime sa propre personne, ses enfants,
ses parents et tous les hommes.
Puisse mes père et mère soient sacrifiés
pour le défendre (bénédiction et salut soient
sur lui). Mais
cela ne signifie point qu’il nous est permis
d’inventer des pratiques qu’il n’a pas instituées
pour nous… L’aimer c’est lui obéir et le
suivre, car c’est là que réside la plus importante
manifestation d’amour.
C’est
à ce propos qu’on a dit : Si
ton amour pour lui était vrai, tu lui obéirais.
Certes l’amoureux obéit à celui qu’il aime.
Aimer le Prophète (bénédiction et salut soient
sur lui) implique la mise en pratique de sa
Sunna, sa rigoureuse conservation et l’abandon
de tous les actes et paroles qui lui sont contraires.
Il
est indubitable que tout ce qui est contraire
à sa Sunna constitue une innovation condamnable
et une désobéissance évidente. C’est le cas
de la célébration du mawlid et les autres innovations.
La
bonne intention ne justifie pas l'introduction
d’innovations dans la religion.
En effet, la religion repose sur deux bases
:
la sincérité et la conformité.
A ce propos, le Très Haut a dit : «Non,
mais quiconque soumet à Allah son être tout
en faisant le bien, aura sa rétribution auprès
de son Seigneur. Pour eux, nulle crainte, et
ils ne seront point attristés. »
(Coran,
2 : 112).
La soumission à Allah traduit la sincérité et
la bienfaisance revient à se conformer à l’enseignement
du Messager, sa Sunna..
7/
La célébration du mawlid s’accompagne de la
lecture de la biographie du Messager. Ce qui
incite les gens à l'imiter et à le suivre
Nous
leur disons que la
lecture de la biographie du Messager est
exigée de tout musulman tout le long de l’année
et durant toute sa vie.
Quant à limiter cette lecture à un jour déterminé
sans une preuve, c’est une innovation. Or toute
innovation est une aberration » (cité
par Ahmad, 4/164 et par at-Tirmidhi, 2676).
L’innovation (religieuse) n'entraîne que le
mal et l’éloignement du Prophète (bénédiction
et salut soient sur lui).
En
somme, la commémoration de la naissance du Prophète constitue,
sous toutes ses formes, une innovation répréhensible.
Les musulmans doivent l’interdire et en faire
autant pour toutes les autres innovations et
s’employer
à la revivification des pratiques prophétiques
et à leur maintien.
Il ne faut pas se laisser tromper par ceux qui
propagent cette innovation et la défendent.
De
tels hommes ne doivent pas être imités, même
s’ils constituent la majorité de la population.
Il faut plutôt imiter ceux qui suivent la voie
que constitue la Sunna comme les ancêtres pieux
et leurs partisans, même s’ils restent minoritaire.
Car ce
n’est pas à travers les hommes qu’il faut chercher
à connaître la vérité, mais c’est grâce à la
connaissance de la vérité qu’on connaît les
hommes (de vérité).
Le
Prophète
a dit : «
Celui d’entre vous qui vivra (longtemps) verra
une grande divergence de vues. Mais attachez-vous
alors à ma Sunna (conduite) et à celle des califes
bien guidés. Cramponnez-vous y (mordez les
avec vos incisives). Méfiez-vous des pratiques
innovées car toute innovation conduit à l’aberration.
(cité par Ahmad, 4/126 et par at-Tirmidhi n°
2676).
Dans
ce noble hadith, le Prophète nous
a expliqué en qui nous devrions nous référer
en cas de divergence.
De la même manière ,il nous a expliqué que tous
les actes et paroles contraires à la Sunna constituent
des innovations et que toute innovation conduit
à l’aberration.
Quand
nous examinons la célébration de la naissance
du Prophète nous
ne lui trouvons aucun fondement ni dans la vie
du Messager (bénédiction et salut soient sur
lui) ni dans celle des califes bien guidés.
Elle fait donc partie des choses innovées et
des innovations aberrantes. Voilà le principe
que véhicule le hadith (susmentionné). C’est
aussi le sens de la parole du Très Haut : «
si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-
le à Allah et au Messager, si vous croyez en
Allah et au Jour dernier. Ce sera bien mieux
et de meilleure interprétation (et aboutissement).
»
(Coran,
4 : 59).
Se
référer à Allah
c’est retourner à Son noble livre. Se référer
au Messager c’est retourner à Sa Sunna après
sa mort. Livre et Sunna constituent les seules
références en cas de dispute.
Où est donc la preuve liée au Livre ou à la
Sunna qui permet de soutenir la légitimité de
la célébration de la naissance du Prophète .
(...)
Nous
demandons à Allah de nous aider à nous attacher
à Son livre et à la Sunna de Son messager
jusqu’au jour où nous Le rencontrerons.
Puisse
Allah bénir et saluer notre prophète Muhammad,
sa famille et ses Compagnons.
Par
Dr Salih ibn Fawzan al-Fawzan, membre du collège
des grands ulémas en Arabie Saoudite.

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