Allâh a décidé que toute chose dans ce bas monde est condamnée à l’éphémérité et ne subsistera que Sa face.

Chaque âme goûtera la mort.

Allâh dit :

« Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du Feu et introduit au Paradis, a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse ». [ Sourate 3 - Verset 185 ]

 

Allâh avertit le Prophète qu’il va mourir ainsi que tout ceux qui viendront après lui.Et Il lui donne l’ordre d’avertir les gens de cela. Le Prophète insiste sur l’importance de se rappeler souvent de la mort.

L’Imam Ash-Shafé’i a dit :

“ Tu alimentes beaucoup d’espoir dans ce bas monde mais tu ne sais pas : vas-tu vivre jusqu’à l’aube ? Combien de gens en bonne santé sont morts sans maladie et combien de gens malades ont vécu plus longtemps que celles en bonne santé »

Le Prophète nous rappelle cela dans un hadith lorsqu’il dit :

« Rappelez-vous constamment de ce qui brise les plaisirs : la mort. ».

 

Ceci dit mes frères et sœurs, à partir du moment où l’on sait que la mort viendra à chacun d’entre nous, qu’avons-nous préparé ? C’est une question que chacun d’entre nous doit se poser.

Avec quoi allons-nous rencontrer notre Seigneur ?

Allâh ne nous a-t-Il pas dit :

« [...] Et prenez vos provisions; mais vraiment la meilleure provision est la piété. Et redoutez-Moi, ô doués
d’intelligence
. » [ Sourate 2 - Verset 197 ]

Il s' agit de s’approvisionner en bonnes actions tel le voyageur qui se déplace à un autre endroit et qui prend avec lui des provisions. Nous sommes en plein dans le voyage qui va nous faire rencontrer Allâh .

Ibnu Omar disait :

« Lorsque tu te couches, ne t’attends pas au matin car il se peut que tu ne te réveilles pas et si tu te lèves le matin, n’attends pas la soirée.

Après ta santé, penses à la maladie et après ta vie penses à la mort.

Ce bas monde n’est qu’un pré tentant, Allâh va vous laisser dans ce bas monde, il vous l’a mis entre les mains et Il verra comment vous aurez agi dans ce bas monde. Craignez ce bas-monde et craignez les femmes. »

Il avait bien raison ce poète qui disait :

« Il y a pour Allâh des serviteurs éveillés, ils ont divorcé de ce bas monde et ont eu peur des tentations. Ils ont observé ce bas monde et lorsqu’ils ont su que ce bas monde n’était pas un lieu de résidence, ils en ont fait un océan et ont fait de leur actions un bateau pour le traverser. »

Voilà comment nous devons réagir mes chers frères et sœurs afin de ne pas être de ceux qui se seront laissés aller dans ce bas monde et qui en éprouveront un énorme regret. Ils ont oublié que beaucoup d’entre nous diront au moment où la mort frappe à notre porte ou bien au moment où nous rencontrerons Allâh nous dirons :

« Ô combien grand est mon regret quant à mes négligences par rapport à mes devoirs vis-à-vis d’Allâh . »

C’est pour cela mes chers frères et sœurs que nous devons préparer nos provisions pour rencontrer Allâh , armés et immunisés face à Son châtiment et Sa colère.

Pourquoi ce sujet ?

En réalité, je l’ai choisi pour deux raisons.

La première raison c’est qu’il y a beaucoup de questions lorsqu’il y a un décès : qu’est-ce que l’islam prévoit, qu’est-ce qui est permis ou ne l’est pas, qu’est-ce qui constitue une innovation ou pas, etc

La deuxième raison c’est que beaucoup de ceux qui sont touchés par un décès ne respectent aucune règle, ils ne se renseignent même pas, ils préfèrent retourner aux coutumes locales sans se demander ce que Allâh et Son messager nous demandent de faire.

In sha’a Allâh je vais soulever ces questions-là et répondre pour que l’on sache ce qu’il faut faire lorsqu’il y a un décès dans notre famille.
 

1) Comment réagir lorsque nous recevons la nouvelle du décès de quelqu’un de proche ou une personne éloignée ?

2) Quels sont les droits du défunt avant qu’il meure et nos devoirs vis-à-vis d’elle ?

3) Quels sont les droits du défunt sur nous après sa mort ?

4) Qu’a prévu la Sunnah authentique quant à la famille du défunt et les gens en dehors de la famille ?

5) Quelles sont les innovations que les gens commettent à l’encontre de leur défunt ?

 

La mort se divise en deux catégories

Une mort brutale (infarctus, accident, noyade…)
Une mort prévue (une personne gravement malade qui jour après jour décline)

 

1) Comment réagir lorsque nous recevons la nouvelle du décès de quelqu’un, que ce défunt soit un proche ou une personne éloignée?

Lorsque nous apprenons le décès de quelqu’un, l’islam exige la patience et souhaiter la récompense d’Allâh par rapport à cette nouvelle difficile.

Selon Souhayb Ibn Sinan , le Messager de Dieu a dit :

« Ce que l’affaire du Croyant est étonnante ! Son affaire ne comporte (pour lui) que du bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant : s’il est l’objet d’un événement heureux, il remercie Dieu et c’est là pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un malheur, il l’endure avec patience et c’est là encore pour lui une bonne chose.»
[ Rapporté par Moslim ]

Anas a dit :

« Le Prophète passa devant une femme qui pleurait auprès d’une tombe. Il lui dit : « Crains Dieu et sois patiente ! » Elle répondit : « Laissez moi en paix ! Tu n’as pas été touché par le malheur qui m’accable et tu n’as jamais rien connu de tel. »
Quelqu’un lui dit : « C’est le Prophète » Elle se présenta à la porte du Prophète sans y trouvé de portier (pour l’en empêcher). Elle dit au Prophète: « Je ne t’avais pas reconnu ».

Il dit : « La patience n’est digne de ce nom qui si elle se manifeste au premier choc. »
( Dans une autre version de Moslem : cette femme pleurait l’un de ses enfants.)

Allâh promet à celui qui fait preuve de patience lorsqu’il est touché par le décès d’une personne très proche, le Paradis. En effet, abou Hourayra rapporte que le messager de Dieu a dit :

« Dieu dit : « Quand Je reprends à Mon esclave croyant l’âme de l’être qu’il aime le plus au monde et qu’il se montre patient dans l’espoir de Ma récompense, Je n’ai d’autre récompense pour lui que le Paradis. »
[ Rapporté par Al Boukhari ]

On voit ici que notre patience face aux douleurs est une patience qui sera récompensée par le Paradis.

Lorsque la nouvelle d’un décès arrive, le Prophète nous a appris une invocation, une phrase qu’il a dit à Ummu Salama lorsqu’elle a perdu son mari :

« Inna lillâhi wa inna ilayhi raji’une. Allâhoumma ajirni fi musibati wa khlifli kheyrane minha »

« Certes nous appartenons à Allâh et c’est vers Lui que nous retournerons.
Ô Allâh, récompense moi dans mon malheur et donne moi en échange ce qui est meilleur. »

Oummu Salama avait dit cette invocation et bien qu’elle ne pensât plus avoir d’époux tellement elle était attachée au sien, c’est le Prophète qui le devint.

Et ceux qui sont patients, endurants, qui supportent, Allâh leur promet une récompense qui n’a pas de limites. Il dit dans le Coran : Allâh donnera certes une récompense sans limite à ceux qui font preuve de patience. »
 

Que devons-nous faire ?
Quelle attitude adopter envers quelqu’un dont on sait qu’il va bientôt mourir ?

Sans aucun doute, cette personne malade qui sait qu’elle approche progressivement vers la mort, vit un moment très difficile. Psychologiquement c’est très difficile à supporter. Elle voit ses proches autour d’elle et elle sait qu’elle va bientôt les quitter.

Mais al-hamdulillâh, en tant que musulmans, nous avons notre foi en Allâh qui nous rassure énormément.

Dans les hôpitaux ici en Occident, ils prévoient un psychologue. Et lorsqu’ils savent que la personne est condamnée, qu’elle va mourir, ils ne lui disent pas directement. Ils la préparent petit à petit, jour après jour pour lui annoncer la nouvelle. Al hamdulillâh, nous, nous n’avons pas besoin de cela car cette préparation psychologique, notre foi nous la donne depuis le début. Depuis le début, par la foi, nous sommes habitués à faire face à n’importe quelle situation qui nous frappe et l’on dira toujours al-hamdulillâh.

J’ai rendu visite l’année dernière à un frère qui avait un cancer, soubhan Allâh il est encore vivant aujourd’hui. Sur le moment je ne l’avais pas reconnu tellement il avait maigri. Lorsque je lui ai demandé comment il se sentait, il m’a répondu avec un grand sourire :

« al-hamdulillâh, je remercie Allâh  pour tout ce qu’Il m’a donné ».

Il s’est soumis à la volonté d’Allâh  et c’est ça l’islam.

En islam, il n’est pas permis à un croyant de souhaiter la mort. Ici en Occident c’est un grand débat surtout avec l’euthanasie soit disant au nom de l’humanisme alors que l’on sait qu’il y a la dessous des intérêts économiques car les soins coûtent trop chers dans certains services hospitaliers.

Selon Anas , le Messager de Dieu a dit:

« Que l'un de vous ne souhaite pas la mort à cause d'un mal qui l'a frappé. S'il doit absolument le faire, qu'il dise: «Seigneur Dieu! Laissez-moi en vie tant que la vie est pour moi un bien et faites-moi mourir si la mort est préférable pour moi ». [ Unanimement reconnu authentique ]

Donc, on ne prend pas la décision nous même, on renvoie tout cela à Dieu.

La personne qui, progressivement, va vers la mort a besoin d’un cadre familial. C’est un point important, que le malade sente qu’il y a des gens autour de lui.

Allâh dit :  « … car l'homme a été créé faible.» [ Sourate 4 - Verset 28 ]

 Donc Shaytan peut tromper cet être humain, le pousser à désirer la mort, à quitter sa religion. Il y a beaucoup de récits qui racontent que Satan (maudit soit-il) vient à la dernière minute pour essayer d’égarer l’agonisant.

Mais lorsque la personne voit autour d’elle de la famille, des proches, des amis qu’il apprécie et qu’il aime, alors ça peut beaucoup alléger ses souffrances et sa douleur.
 

La deuxième attitude, c’est de ne pas lui parler de sa maladie afin de ne pas la faire souffrir encore plus.
 

La troisième attitude c’est de lui rappeler la largesse de la miséricorde d’Allâh et faire en sorte qu’elle meure en ayant confiance en Dieu.

Le Prophète dit à ce sujet :

« Qu’aucun d’entre vous ne meure qu’en ayant une confiance totale en son Seigneur. »

Il faut que la personne espère mais cela n’empêche pas qu’elle ait peur de ses péchés et c’est cela la vraie foi.

Le Prophète est allé rendre visite à un jeune qui était sur le point de mourir et il lui a dit : « Comment te sens-tu ? » Il lui a répondu : « Par Allâh, ô messager d’Allâh , je souhaite le pardon d’Allâh et j’ai peur de mes péchés. »
Le Prophète lui a répondu : « ces deux choses ne sont pas réunies dans un même cœur avant la mort sans que Allâh ne lui donne ce qu’il souhaite et ne le mette à l’abri de ce dont il a peur».

 

Quatrième attitude : il ne faut pas se préoccuper devant le mourant de ce bas-monde, ne pas en parler.

Le Prophète a dit : « Si vous êtes près d’une personne malade, ou près du défunt, ne dites que du bien car les anges disent « amine » concernant ce que vous dites. »

Il est donc très important de faire des du’as et de rappeler à cette personne d’en faire aussi.
 

Cinquième attitude : Il faut rappeler au malade de se libérer de toute injustice qu’il aurait commise envers quelqu’un d’autre.

Le Prophète dit : « Celui qui a commis une injustice envers son frère, dans sa personne, dans ses biens, qu’il remette leur droit et leur dû aux gens avant que vienne le Jour du Jugement Dernier où l’on n’acceptera ni Dinars ni Dirhams. S’il a de bonnes actions, on prendra de ses bonnes actions pour les donner à cette personne. Et s’il n’a pas de bonnes actions, on prendra des péchés de cette personne qui a subi l’injustice pour les donner à celui qui l’a commise."


Sixième attitude : Rappeler au malade de faire une recommandation à sa famille.

Allâh a prescrit que lorsque la mort vient vers l’un d’entre nous la meilleure chose qu’il peut laisser c’est un testament.

Le Prophète dit :  « Si un croyant a quelque chose à léguer, il ne peut pas passer deux nuits sans transcrire cela sur un testament. »

Ibnu Omar  relatait que lorsqu’il a entendu cela, il écrivit son testament qu’il laissait sous son oreiller.

Les savants disent que lorsque le Prophète nous ordonne d’écrire ce testament, cela signifie que c’est recommandé mais que l’on n’est pas obligé de l’écrire tout de suite.

 

Le testament

Nous allons parler maintenant du testament en lui-même : Il se divise en deux catégories :

  • Le testament obligatoire
  • Le testament recommandé

Le testament obligatoire c’est quand cette personne qui va mourir a des dettes ou a des biens qui sont chez elle et qu’elle doit remettre à quelqu’un. Elle doit obligatoirement mettre ça par écrit clairement afin que ses héritiers puissent rendre leur dû aux gens concernés.

Le testament recommandé c’est lorsque l’un d’entre nous à qui Dieu aurait ouvert les portes du bien et voudrait léguer un don à quelqu’un en particulier (pauvre, orphelin….).

Il y a deux critères à respecter :

  • Le premier critère c’est que ce don ne peut pas aller en direction d’un héritier. Cela est interdit.
  • Le deuxième critère c’est que le montant du don ne dépasse pas le tiers de ce qu’il laisse.

Il existe à ce sujet un hadith du Compagnon Sa’ad ibnu waqqas qui après le pèlerinage d’adieu est tombé gravement malade.

Le Prophète lui a rendu visite et le Compagnon lui a dit : « j’ai beaucoup d’argent et je n’ai qu’une seule personne comme héritière qui est ma fille. Puis-je léguer en dons les deux tiers de mes biens »?

Le Prophète lui a répondu que nonPuis-je léguer en don la moitié de mes biens » ? Et le Prophète lui a répondu que non.« Puis-je léguer le tiers de mes biens en don » ? « D’accord pour le tiers et le tiers c’est beaucoup. »


Il est recommandé que le malade
désigne qui va le laver.

Anas ibnu Malik a fait un testament dans lequel il a désigné Muhammad ibnu Sirine pour le laver qui avait une grande réputation dans la connaissance des règles du lavage mortuaire.

Et mes chers frères et sœurs, la plus grande recommandation qu’un malade puisse faire à ses proches c’est de craindre Allâh après sa mort, qu’ils s’accrochent à l’Islam.

Allâh dit dans le Coran :

« Et c'est ce qu'Abraham recommanda à ses fils, de même que Jacob: Ô mes fils, certes Allah vous a choisi la religion: ne mourrez point donc, autrement qu'en Soumis ( à Allâh ) ! ». [ Sourate 2 - Verset 132 ]

« Etiez-vous témoins quand la mort se présenta à Jacob et qu'il dit à ses fils: "Qu'adorerez-vous après moi?" Ils répondirent: "Nous adorerons ta divinité et la divinité de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac, Divinité Unique et à laquelle nous sommes Soumis" ». [ Sourate 2 - Verset 133 ]

Ceci est la plus grande des recommandations.

Voici la recommandation que certains Compagnons ont écrit :

« Bimillâhi ar-rahmani ar-rahim,

Ceci est ce que recommande un tel fils de un tel :

J’atteste qu’il n’y a pas d’autre divinité en dehors d’Allâh et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager et que l’heure viendra sans aucun doute et qu’Allâh fera ressusciter ceux qui sont dans les tombes.

Je recommande à ceux que je laisse parmi ma famille de craindre Allâh et qu’ils fassent en sorte d’entretenir de bonnes relations entre eux et qu’ils règlent leurs différents et obéissent à Allâh et Son messager s’ils sont véritablement croyants.

Je recommande également ce que recommandait Ibrahim et Ya’qoub à leurs enfants. »

Ceci est un très bon modèle de testament.

 

2) Quels sont les droits du défunt avant qu’il meure et nos devoirs vis-à-vis de lui ?

Lorsque la personne est en train d’agoniser, lui faire prononcer la chahada.

L’importance de prononcer cette parole se retrouve dans un hadith où le Prophète dit :

« Celui dont la dernière parole avant de quitter ce bas monde est : lâ ilâha illâ llâh, rentrera au Paradis.»

 

3) Quels sont les droits du défunt sur nous après sa mort ?

Lorsque l’âme quitte le corps de la personne, il faut fermer ses yeux car ses yeux restent ouverts et regardent l’âme qui part.

Le Prophète est rentré chez Abu Salama qui venait de mourir et a vu que son regard était fixe. Il a fermé ses yeux et a dit :" lorsque l’âme est saisie, le regard la suit. "

Couvrir le corps entièrement.

Certains savants recommandent de passer sous le menton un tissu et le nouer sur le dessus de la tête car il se peut que la bouche s’ouvre et ce n’est pas une très belle image à voir.

Il est permis d’embrasser le défunt.

Le Prophète l’a fait comme le dit Aisha lorsqu’il est entré auprès de Othmane ibnu madh'oune qui était mort et il l’a embrassé. Et Aisha dit : « J’ai vu ses larmes descendre de tristesse. »

Abou Bakr a fait la même chose, lorsqu’il a vu que le Prophète était décédé, il a soulevé le drap qui le couvrait et il l’a embrassé.

Donc il n’y a aucun mal dans le fait d’embrasser le défunt mais il ne faut pas faire comme certains ignorants qui s’accrochent au corps, qui se mettent à hurler, à crier….Ceci n’a rien à voir avec l’islam.

Il est permis de dire cette dou'a comme l’a enseigné le Prophète lorsqu’il a vu Abû Salam décédé :

« Allâhoumma ighfir li Abî Salama wa-rfa' darajatahou fî-l-mah-diyyine wa akhlouf lahou fî 'aqibihi ghabirine wa ighfir lanâ wa lahou yâ rabb al-'alamine wa affssah lahou fî qa-brih wa nawer lahou fih.

« Seigneur Dieu ! Absous Abou Salama, élève son degré parmi les biens-guidés, donne-lui une progéniture dans ceux qui sont à venir, pardonne-nous et pardonne-lui, ô Seigneur des univers! Elargis pour lui sa tombe et inonde-la de lumière!»
[ Rapporté par Moslem ]

 

Il faut préparer ses funérailles  [ lavage, linceul, la tombe …]

Le Prophète est entré auprès de ummu Afiya lorsque sa fille Zeynab est décédée et il lui a dit :

« Lavez-la trois fois ou cinq fois ou plus que cela s’il le faut et faites en sorte que la dernière chose que vous allez utiliser pour la laver soit du camphre. »

Il est recommandé à ceux qui lavent de garder le secret car il se peut que la personne qui lave voit des choses anormales.

Le Prophète a dit : « Que celui qui lave un mort et qui garde le silence sur certaines choses qu’il voit du mort, Allâh  lui pardonne 40 fois.»

Selon Abou Hourayra , le Prophète a dit:

« Hâtez les funérailles. Si le mort était vertueux, vous lui faites ainsi du bien et s'il était autre chose, c'est un mauvais fardeau dont vous déchargez vos encolures». [ Unanimement reconnu authentique ]

Ce hadith comme l’a indiqué al-Qurtubi, l’Imam an-Nawawi et d’autres , parle du fait qu’il faut précipiter les pas lorsque l’on porte le défunt vers le cimetière pour l’y enterrer.

Une fois enterré, il faut rembourser ses dettes le plus vite possible :

Selon Abou Hourayra , le Prophète a dit:  

« L'âme du Croyant est accrochée à sa dette jusqu'à son acquittement ». [ Rapporté par At-tirmidhi ]

On a apporté un Compagnon à l’époque du Prophète qui était mort endetté et le Prophète leur a dit de prier sur lui sans qu’il y assiste. Il s’est abstenu de prier en faveur de quelqu’un qui avait des dettes.

Les dettes en général se divisent en deux catégories :

  • les dettes qui sont des droits d’Allâh   comme le jeûne, le hajj…
  • les dettes qui sont les droits des êtres humains.

Pour le premier cas nous avons un hadith concernant le jeûne : le Prophète a dit :

« Celui qui meurt et qui doit un jeûne, que son proche jeûne pour lui ».

Mais d’après l’avis le plus fort chez les ulamas, il s’agit du jeûne que l’on a promis de faire à Allâh .

Par exemple si l’un d’entre nous dit que s’il réussit ses examens il jeûnera trois jours pour Allâh . Il est obligé de le faire. Mais s’il meurt avant d’avoir pu exécuter sa promesse alors un proche doit jeûner pour lui.

Le Compagnon Sa’ad ibnu Ubada qui un jour interrogeait le Prophète en lui disant :

« ô Prophète , ma mère est décédée et elle a fait une promesse envers Allâh. Le Prophète lui a dit : « Exécute-la à sa place. »

Ibnu Abbas a été interrogé d’après Abû Dawud et il a dit : « La personne qui est malade et qui meurt et qui doit des jours de jeûne, on ne jeûne pas à sa place. Par contre si elle avait fait une promesse pour Allâh , alors on doit l’exécuter à sa place. » C’est également l’avis de l’Imam Ahmad et ibn ul-Qayyim  .

Exécuter son testament : s’il contient un don pour quelqu’un, il faut faire le don à la personne concernée.

Partager ce qui reste après avoir payé les frais d’enterrement, puis payé ses dettes, puis exécuté le testament. Ce n’est qu’après ces trois choses que l’on distribue ce qu’il reste aux héritiers.

Le Prophète dit :

« Distribuez les parts d’héritage aux personnes qui y ont droit et ce qui reste, donnez-les aux personnes masculines les plus proches qui ont droit à l’héritage. »

Il ne faut pas faire comme ces ignorants qui se battent, s’insultent et se divisent à cause de l’héritage.

 

4) Qu’a prévu la Sunnah quant à la famille du défunt et les gens en dehors de la famille ?

- La Première chose que la sunnah prévoit c’est la patience et l’acceptation du destin. Lorsque quelqu’un meurt, on ne peut dire que du bien, des invocations, demander la miséricorde d’Allâh , le pardon pour le mort. Le fait de verser des larmes n’est pas interdit, le Prophète l’a fait concernant le fils de l’une de ses filles et également concernant son fils à lui, Ibrahim.

Selon Ibn 'Omar :

" Le Messager de Dieu alla au chevet de Sa'd Ibn 'Oubada, en compagnie de Abdurrahman Ibn 'Awf, Sa'd Ibn Abi Waqqàs et 'Abdullàh Ibn Mas'ûd . Le Messager de Dieu pleura. Quand les gens le virent pleurer, ils pleurèrent à leur tour. Il leur dit : « Ecoutez-moi bien ! Dieu ne tourmente pas le mort pour les larmes des yeux ou le chagrin du cœur, mais II le tourmente à cause de ceci (la langue) ou bien Il se montre miséricordieux ". [ Unanimement reconnu authentique ]

Anas rapporte:

« Le Messager de Dieu entra auprès de son fils Ibrahim alors qu'il agonisait. Les larmes se mirent à couler de ses yeux et Abdurrahman Ibn ‘Awf lui dit: « Toi aussi (tu pleures), ô Messager de Dieu ? » Il lui dit: « O Ibn 'Awf, cela est une miséricorde ». Puis il ajouta: « L'œil pleure, le cœur ressent du chagrin, mais nous ne disons que ce qui satisfait notre Seigneur. O Ibrahim! Ta séparation nous remplit certainement de chagrin ». [ Rapporté par Al Boukhâri ]

- Il est recommandé de dire : « Inna lillâh wa inna ilayhi raji’une »

Et le Prophète a appris à Oummu Salama de dire :

« Allâhoumma ghfirli wa lahou wa a'qibli minhu ‘uqba hassanah »

« Ô Allâh pardonne-moi ainsi qu’à lui et donne-moi à sa place quelqu’un qui est meilleur »

 

- La seconde chose est d'observer la période de deuil : le deuil c’est ressentir de la douleur, manifester sa tristesse et délaisser toute trace de beauté sur soi.

Si c’est un de nos proches, nous devons observer une période de deuil de trois jours. Si c’est l’époux qui meurt alors son épouse, et uniquement elle, doit observer une période de deuil de 4 mois et dix jours.

Elle peut sortir de chez elle durant cette période mais seulement s’il y a une nécessité (médecin, courses...).

Elle doit abandonner toute trace de beauté et mettre ses vêtements les plus simples, pas de maquillage, de bijoux, de khôl….et ce afin de manifester cette tristesse.

Zeynab Bent Abi Salama rapporte:

« Je suis entrée chez l'épouse du Prophète Oummou habiba lorsque mourut son père Abou Soufyan Ibn Harb . Elle se fit apporter un flacon de parfum de couleur jaunâtre. Elle en appliqua à une petite fille et en toucha ses deux joues en disant : « Par Dieu, je n'éprouve aucun désir de me parfumer mais j'ai entendu le Messager de Dieu dire du haut de sa chaire: «II n'est pas permis à la femme croyant en Dieu et au jour ultime de porter le deuil d'un mort plus de trois nuits sauf celui de son mari qui doit durer quatre mois et dix nuits ».

Zeynab a dit: « Je suis entrée chez Zeynab Bent Jahsh qui venait de perdre son frère. Elle se fit apporter un flacon de parfum. Elle le toucha de ses doigts en disant: « Par Dieu, je n' éprouve aucun désir de me parfumer mais j'ai entendu le Messager de Dieu du haut de sa chaire dire: « II n'est pas permis à la femme croyant en Dieu et au jour ultime de porter le deuil d'un mort plus de trois nuits, sauf celui de son mari qui doit durer quatre mois et dix nuits ». [ Unanimement Reconnu Authentique ]

Si la femme dont l’époux est décédé est enceinte, alors sa période d’attente va jusqu’à l’accouchement.

Une femme a interrogé le Prophète en disant que l’époux de sa fille était décédé et qu’elle souffrait de son œil. Est-ce qu’il lui était permis de mettre du khohl. Le Prophète lui répondu que non.

- Comment devons nous réagir par rapport à une famille endeuillée ?

La famille a besoin de soutien, a besoin d’être consolée. La première chose à faire c’est ce que l’on appelle les condoléances qui sont une façon d’ordonner le bien et de condamner le blâmable puisqu’on appelle à la patience, on rappelle la récompense d’Allâh, on offre notre soutien, notre aide…

Parmi les formules que le Prophète nous a enseignées :

« inna lillâhi ma a'ta wa lillahi ma akhadha wa koullu chay -in 'indahou ilâ ajalin mousamma faltasbir wa latahtasib.»

« Appartient à Allâh ce qu’Il donne et ce qu’Il reprend, et chaque chose a chez Lui un délai,
patiente et demande la récompense d’Allâh »
[ Rapporté par al-boukhari ]

Il existe d’autres expressions et les meilleures sont celles tirées de la sunnah.
 

Il y a deux remarques importantes à faire au sujet des condoléances.

  • La première remarque c’est que les condoléances n’ont pas de jours limités.

Ce n’est pas trois jours comme les gens le pensent.

Dans un hadith authentique lorsque le Compagnon Jaafar ibnu abî tâlib est tombé martyr sur le champ de bataille, trois jours après son décès, le Prophète est venu auprès de sa famille présenter ses condoléances.

  • La deuxième remarque c’est que les condoléances ne doivent pas se faire dans une maison.

On ne peut pas se réunir pour ça. Le fait de se réunir dans la maison de la famille du défunt pour faire des condoléances est contraire à la sunnah.

Le Compagnon Jarir ibnu abdillâh al bajarî a dit : « nous considérions que le fait de se réunir auprès de la famille du défunt et de préparer à manger était équivalent au fait de pleurer avec des cris en se rebellant contre le destin d’Allâh . »

Lorsqu’il y a ce genre de réunion, cela peut raviver la douleur, l’augmenter. La famille a besoin d’intimité. Ce n’est pas à la famille du défunt de préparer la nourriture, c’est à ceux qui sont en dehors de la famille de le faire. La sunnah recommande de préparer le repas pour la famille endeuillée.

C’est ce qu’avait recommandé le Prophète pour la famille de Jaafar ibu abi talib en disant :  « Préparez un repas pour la famille de Jaafar ibnu abi talib car une situation s’est présentée à eux et les préoccupe. »

 

5) Quelles sont les innovations que les gens commettent à l’encontre de leur défunt ?

La première infraction que nous commettons est de se mettre à parler de la dounia lorsque la personne est agonisante.

Deuxièmement : pleurer avec des cris et des hurlements et se réunir pour ça. Le Prophète dans le sahih al-boukhari dit :  « Certes le mort subit des souffrances à cause de certains pleurs de ses proches. »

L’Imam ibnu hajar dans son commentaire du sahih al boukhari a relaté huit avis concernant cette question et a conclu que la personne qui va mourir et qui sait que sa famille va faire cela (les cris, les hurlements…) si elle ne leur ordonne pas avant sa mort de ne pas faire cela et de craindre Allâh, alors elle sera châtié.

Quant à la personne qui a fait cette recommandation à sa famille mais que sa famille l’a quand même fait alors il souffre dans la tombe à cause d’eux.

Troisièmement : commettre une injustice dans le testament. Il ne faut pas léguer tous ses biens à un seul des héritiers car cela engendre des conflits dans la famille qui peuvent aller jusqu’au meurtre entre héritiers. Il faut respecter les règles du testament.

Quatrièmement : l’exagération au niveau du linceul. Le linceul doit être simple, il faut observer la modération dans l’achat du linceul.

Cinquièmement : se réunir pour les condoléances et amener la famille du défunt à préparer les repas.


Dans les innovations commises il y a :

La lecture de certaines sourates lorsque le malade est en train d’agoniser en particulier la sourate « ya sin » et la sourate « al-mulk » soi-disant pour alléger la souffrance de ce mort.

Observer le silence auprès du corps du défunt.

Demander pardon au mort. Le mort n’entend pas, comment peut-il pardonner une fois mort ?

Se réunir pour lire le Coran ou lire le Coran dans le cimetière sur la tombe du mort.

Se réunir au bout de 40 jours en préparant un repas, en amenant des gens pour lire le Coran.

Il n’existe rien de tel dans la Sunnah.

 

Conférence du frère Mustapha Kastit

(Audio retranscrit par l'équipe sajidine à la demande de nos frères et soeurs malentendants )

 

 

 

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