|


Allâh
a décidé que toute
chose dans ce bas monde est condamnée
à l’éphémérité
et ne subsistera que Sa face.

Chaque
âme goûtera la mort.
Allâh
dit :
«
Toute âme goûtera la mort. Mais
c'est seulement au Jour de la Résurrection
que vous recevrez votre entière rétribution.
Quiconque donc est écarté du Feu
et introduit au Paradis, a certes réussi.
Et la vie présente n'est qu'un objet
de jouissance trompeuse ». [
Sourate 3 - Verset 185 ]
Allâh
avertit le Prophète
qu’il va mourir ainsi que tout ceux qui viendront
après lui.Et
Il lui donne l’ordre d’avertir les gens
de cela. Le
Prophète insiste sur l’importance
de se rappeler souvent de la mort.
L’Imam
Ash-Shafé’i
a dit :
“
Tu alimentes beaucoup d’espoir dans ce bas monde
mais tu ne sais pas : vas-tu vivre jusqu’à
l’aube ? Combien de gens en bonne santé
sont morts sans maladie et combien de gens malades
ont vécu plus longtemps que celles en
bonne santé »
Le
Prophète nous rappelle cela dans
un hadith lorsqu’il dit :
«
Rappelez-vous constamment de ce qui brise les
plaisirs : la mort. ».
Ceci
dit mes frères et sœurs, à partir
du moment où l’on sait que la mort viendra
à chacun d’entre nous, qu’avons-nous
préparé ? C’est une question que
chacun d’entre nous doit se poser.
Avec quoi
allons-nous rencontrer notre Seigneur
?
Allâh
ne nous a-t-Il pas dit :

«
[...]
Et prenez vos provisions; mais vraiment la meilleure
provision est la piété. Et redoutez-Moi,
ô doués d’intelligence. »
[
Sourate 2 - Verset 197 ]
Il
s' agit de s’approvisionner en bonnes actions
tel le voyageur qui se déplace à
un autre endroit et qui prend avec lui des provisions.
Nous
sommes en plein dans le voyage qui va nous faire
rencontrer Allâh .
Ibnu
Omar
disait :
« Lorsque tu te couches,
ne t’attends pas au matin car il se peut que
tu ne te réveilles pas et si tu te lèves
le matin, n’attends pas la soirée.
Après
ta santé, penses à la maladie
et après ta vie penses à la mort.
Ce bas monde n’est qu’un pré tentant,
Allâh
va vous laisser dans ce bas monde,
il vous l’a mis entre les mains et Il
verra comment vous aurez agi dans ce bas monde.
Craignez ce bas-monde et craignez les femmes.
»
Il
avait bien raison ce poète qui disait
:
« Il y a pour Allâh
des
serviteurs éveillés, ils ont divorcé
de ce bas monde et ont eu peur des tentations.
Ils ont observé ce bas monde et lorsqu’ils
ont su que ce bas monde n’était pas un
lieu de résidence, ils en ont fait un
océan et ont fait de leur actions un
bateau pour le traverser. »
Voilà
comment nous devons réagir mes chers
frères et sœurs afin de ne pas être
de ceux qui se seront laissés aller dans
ce bas monde et qui en éprouveront un
énorme regret. Ils ont oublié
que beaucoup d’entre nous diront au moment où
la mort frappe à notre porte ou bien
au moment où nous rencontrerons Allâh
nous dirons :
«
Ô
combien grand est mon regret quant à
mes négligences par rapport à
mes devoirs vis-à-vis d’Allâh .
»
C’est
pour cela mes chers frères et sœurs que
nous devons préparer nos provisions pour
rencontrer Allâh ,
armés et immunisés face à
Son châtiment et Sa colère.
Pourquoi
ce sujet ?
En
réalité, je l’ai choisi pour deux
raisons.
La
première raison c’est qu’il y a beaucoup
de questions lorsqu’il y a un décès
: qu’est-ce que l’islam prévoit, qu’est-ce
qui est permis ou ne l’est pas, qu’est-ce qui
constitue une innovation ou pas, etc
La
deuxième raison c’est que beaucoup de
ceux qui sont touchés par un décès
ne respectent aucune règle, ils ne se
renseignent même pas, ils préfèrent
retourner aux coutumes locales sans se demander
ce que Allâh et Son messager
nous demandent de faire.
In
sha’a Allâh je vais soulever ces questions-là
et répondre pour que l’on sache ce qu’il
faut faire lorsqu’il y a un décès
dans notre famille.
| 1)
Comment réagir lorsque nous recevons
la nouvelle du décès de quelqu’un
de proche ou une personne
éloignée ?
2)
Quels sont les droits du défunt avant
qu’il meure et nos devoirs vis-à-vis
d’elle ?
3)
Quels sont les droits du défunt sur nous
après sa mort ?
4)
Qu’a prévu la Sunnah authentique quant
à la famille du défunt et les
gens en dehors de la famille ?
5)
Quelles sont les innovations que les gens commettent
à l’encontre de leur défunt ?
|
| La
mort se divise en deux catégories
Une mort brutale (infarctus, accident, noyade…) Une mort prévue (une personne gravement
malade qui jour après jour décline)
|
1)
Comment réagir lorsque nous recevons
la nouvelle du décès de quelqu’un,
que ce défunt soit un proche ou une personne
éloignée?
Lorsque
nous apprenons le décès de quelqu’un,
l’islam exige la patience et souhaiter la récompense
d’Allâh par rapport à cette nouvelle
difficile.
Selon
Souhayb Ibn Sinan , le Messager de Dieu
a dit :
«
Ce que l’affaire du Croyant est étonnante
! Son affaire ne comporte (pour lui) que du
bien, et cette faveur n’appartient qu’au Croyant
: s’il est l’objet d’un événement
heureux, il remercie Dieu et c’est là
pour lui une bonne chose. S’il est victime d’un
malheur, il l’endure avec patience et c’est
là encore pour lui une bonne chose.»
[ Rapporté par Moslim ]
Anas a dit :
«
Le
Prophète passa devant une femme
qui pleurait auprès d’une tombe. Il
lui dit : « Crains Dieu et sois patiente
! » Elle répondit : « Laissez
moi en paix ! Tu n’as pas été
touché par le malheur qui m’accable et
tu n’as jamais rien connu de tel. » Quelqu’un
lui dit : « C’est le Prophète
» Elle se présenta à la
porte du Prophète sans y trouvé
de portier (pour l’en empêcher). Elle
dit au Prophète: « Je ne
t’avais pas reconnu ».
Il
dit : « La patience n’est digne de ce
nom qui si elle se manifeste au premier choc.
» (
Dans une autre version de Moslem :
cette femme pleurait l’un de ses enfants.)
Allâh
promet à celui qui fait
preuve de patience lorsqu’il est touché
par le décès d’une personne très
proche, le Paradis. En effet, abou
Hourayra rapporte que le messager de Dieu a dit :
« Dieu
dit : « Quand Je reprends à Mon
esclave croyant l’âme de l’être
qu’il aime le plus au monde et qu’il se montre
patient dans l’espoir de Ma récompense,
Je n’ai d’autre récompense pour lui que
le Paradis. » [ Rapporté par Al
Boukhari ]
On
voit ici que notre patience face aux douleurs
est une patience qui sera récompensée
par le Paradis.
Lorsque
la nouvelle d’un décès arrive,
le Prophète nous a appris une invocation,
une phrase qu’il a dit à Ummu Salama
lorsqu’elle a perdu son mari
:
| «
Inna lillâhi wa inna ilayhi raji’une.
Allâhoumma ajirni fi musibati wa khlifli
kheyrane minha »
«
Certes nous appartenons à Allâh
et c’est vers Lui que nous retournerons. Ô
Allâh, récompense moi dans mon
malheur et donne moi en échange ce qui
est meilleur. »
|
Oummu
Salama
avait dit cette invocation et bien qu’elle
ne pensât plus avoir d’époux tellement
elle était attachée au sien, c’est
le Prophète qui le devint.
Et
ceux qui sont patients, endurants, qui supportent,
Allâh leur promet une récompense
qui n’a pas de limites. Il
dit dans
le Coran :
Allâh donnera certes une récompense
sans limite à ceux qui font preuve de
patience. »
Que devons-nous faire ? Quelle attitude adopter
envers quelqu’un dont on sait qu’il va bientôt
mourir ?
Sans
aucun doute, cette personne malade qui sait
qu’elle approche progressivement vers la mort,
vit un moment très difficile.
Psychologiquement
c’est très difficile à supporter.
Elle voit ses proches autour d’elle et elle
sait qu’elle va bientôt les quitter.
Mais
al-hamdulillâh, en tant que musulmans,
nous avons notre foi en Allâh
qui nous
rassure énormément.
Dans
les hôpitaux ici en Occident, ils prévoient
un psychologue.
Et
lorsqu’ils savent que la personne est condamnée,
qu’elle va mourir, ils ne lui disent pas directement.
Ils la préparent petit à petit,
jour après jour pour lui annoncer la
nouvelle. Al
hamdulillâh, nous, nous n’avons pas besoin
de cela car cette préparation psychologique,
notre foi nous la donne depuis le début.
Depuis le début, par la foi, nous sommes
habitués à faire face à
n’importe quelle situation qui nous frappe et
l’on dira toujours al-hamdulillâh.
J’ai
rendu visite l’année dernière
à un frère qui avait un cancer,
soubhan Allâh il est encore vivant aujourd’hui.
Sur
le moment je ne l’avais pas reconnu tellement
il avait maigri. Lorsque
je lui ai demandé comment il se sentait,
il m’a répondu avec un grand sourire
:
« al-hamdulillâh, je remercie
Allâh pour tout ce qu’Il
m’a donné ».
Il
s’est soumis à la volonté d’Allâh
et c’est ça l’islam.
En
islam, il n’est pas permis à un croyant
de souhaiter la mort. Ici en Occident c’est
un grand débat surtout avec l’euthanasie
soit disant au nom de l’humanisme alors que
l’on sait qu’il y a la dessous des intérêts
économiques car les soins coûtent
trop chers dans certains services hospitaliers.
Selon
Anas , le Messager de Dieu a dit:
«
Que
l'un de vous ne souhaite pas la mort à
cause d'un mal qui l'a frappé. S'il doit
absolument le faire, qu'il dise: «Seigneur
Dieu! Laissez-moi en vie tant que la vie est
pour moi un bien et faites-moi mourir si la
mort est préférable pour moi ». [
Unanimement reconnu authentique ]
Donc,
on ne prend pas la décision nous même,
on renvoie tout cela à Dieu.
La
personne qui, progressivement, va vers la mort
a besoin d’un cadre familial.
C’est
un point important,
que
le malade sente qu’il y a des gens autour de lui.

Allâh dit :
«
… car l'homme a été créé
faible.» [
Sourate 4 - Verset 28 ]
Donc
Shaytan peut tromper cet être humain,
le pousser à désirer la mort,
à quitter sa religion. Il y a beaucoup de
récits qui racontent que Satan
(maudit soit-il)
vient
à la dernière minute pour essayer
d’égarer l’agonisant.
Mais
lorsque la personne voit autour d’elle de la
famille, des proches, des amis qu’il apprécie
et qu’il aime, alors ça peut beaucoup
alléger ses souffrances et sa douleur.
La
deuxième attitude, c’est de ne pas lui
parler de sa maladie afin de ne pas la faire
souffrir encore plus.
La
troisième attitude c’est de lui rappeler
la largesse de la miséricorde d’Allâh
et faire en sorte qu’elle meure en ayant
confiance en Dieu.
Le
Prophète dit à ce sujet
:
« Qu’aucun d’entre vous ne meure qu’en
ayant une confiance totale en son Seigneur.
»
Il
faut que la personne espère mais cela
n’empêche pas qu’elle ait peur de ses
péchés et c’est cela la vraie
foi.
Le
Prophète est allé rendre
visite à un jeune qui était sur
le point de mourir et il lui a dit : «
Comment te sens-tu ? » Il
lui a répondu : « Par Allâh,
ô messager d’Allâh , je souhaite
le pardon d’Allâh
et j’ai
peur de mes péchés. » Le
Prophète lui a répondu :
« ces deux choses ne sont pas réunies
dans un même cœur avant la mort sans que
Allâh
ne lui donne ce qu’il
souhaite et ne le mette à l’abri de ce
dont il a peur».
Quatrième
attitude : il ne faut pas se
préoccuper devant le mourant de ce bas-monde,
ne pas en parler.
Le Prophète a
dit : «
Si vous êtes près d’une personne
malade, ou près du défunt, ne
dites que du bien car les anges disent «
amine » concernant ce que vous dites.
»
Il est donc très important de faire des
du’as et de rappeler à cette personne
d’en faire aussi.
Cinquième
attitude : Il faut rappeler au malade de se
libérer de toute injustice qu’il aurait
commise envers quelqu’un d’autre.
Le
Prophète dit :
«
Celui qui a commis une injustice envers son
frère, dans sa personne, dans ses biens,
qu’il remette leur droit et leur dû aux
gens avant que vienne le Jour du Jugement Dernier
où l’on n’acceptera ni Dinars ni Dirhams.
S’il a de bonnes actions, on prendra de ses
bonnes actions pour les donner à cette
personne. Et s’il n’a pas de bonnes actions,
on prendra des péchés de cette
personne qui a subi l’injustice pour les donner
à celui qui l’a commise."
Sixième
attitude : Rappeler
au malade de faire une recommandation à
sa famille.
Allâh
a prescrit que lorsque la mort
vient vers l’un d’entre nous la meilleure chose
qu’il peut laisser c’est un testament.
Le
Prophète dit : « Si un croyant
a quelque chose à léguer, il ne
peut pas passer deux nuits sans transcrire cela
sur un testament. »
Ibnu
Omar relatait que lorsqu’il a entendu cela,
il écrivit son testament qu’il laissait
sous son oreiller.
Les
savants disent que lorsque le Prophète
nous ordonne d’écrire ce testament,
cela signifie que c’est recommandé mais
que l’on n’est pas obligé de l’écrire
tout de suite.
Le testament
Nous
allons parler maintenant du testament en lui-même
: Il
se divise en deux catégories :
Le
testament obligatoire c’est quand cette personne
qui va mourir a des dettes ou a des biens qui
sont chez elle et qu’elle doit remettre à
quelqu’un. Elle doit obligatoirement mettre
ça par écrit clairement afin que
ses héritiers puissent rendre leur dû
aux gens concernés.
Le
testament recommandé c’est lorsque l’un
d’entre nous à qui Dieu aurait ouvert les portes du bien et voudrait
léguer un don à quelqu’un en particulier
(pauvre, orphelin….).
Il
y a deux critères à respecter
:
- Le
premier critère c’est que ce don ne peut
pas aller en direction d’un héritier.
Cela est interdit.
- Le
deuxième critère c’est que le
montant du don ne dépasse pas le tiers
de ce qu’il laisse.
Il
existe à ce sujet un hadith du Compagnon
Sa’ad ibnu waqqas qui après le pèlerinage
d’adieu est tombé gravement malade.
Le
Prophète lui a rendu visite et
le Compagnon lui a dit : « j’ai beaucoup
d’argent et je n’ai qu’une seule personne comme
héritière qui est ma fille. Puis-je
léguer en dons les deux tiers de mes
biens »?
Le
Prophète lui a répondu que
non.«
Puis-je léguer en don la moitié
de mes biens » ?
Et
le Prophète lui a répondu
que non.«
Puis-je léguer le tiers de mes biens
en don » ? « D’accord pour le tiers
et le tiers c’est beaucoup. »
Il
est recommandé que le malade désigne
qui va le laver.
Anas ibnu Malik
a fait un testament dans lequel
il a désigné Muhammad ibnu Sirine
pour le laver qui avait une grande réputation
dans la connaissance des règles du lavage
mortuaire.
Et
mes chers frères et sœurs, la plus grande
recommandation qu’un malade puisse faire à
ses proches c’est de craindre Allâh
après sa mort, qu’ils s’accrochent à
l’Islam.
Allâh
dit dans le Coran :
«
Et c'est ce qu'Abraham recommanda à ses
fils, de même que Jacob: Ô mes fils,
certes Allah vous a choisi la religion: ne mourrez
point donc, autrement qu'en Soumis ( à
Allâh ) ! ». [ Sourate 2 - Verset 132
]
«
Etiez-vous témoins quand la mort se présenta
à Jacob et qu'il dit à ses fils:
"Qu'adorerez-vous après moi?"
Ils répondirent: "Nous adorerons
ta divinité et la divinité de
tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac,
Divinité Unique et à laquelle
nous sommes Soumis" ». [ Sourate
2 - Verset 133 ]
Ceci
est la plus grande des recommandations.
Voici
la recommandation que certains Compagnons
ont
écrit :
| 
«
Bimillâhi ar-rahmani ar-rahim,
Ceci
est ce que recommande un tel fils de un tel
:
J’atteste
qu’il n’y a pas d’autre divinité en dehors
d’Allâh et j’atteste que Muhammad est
Son serviteur et Son messager et que l’heure
viendra sans aucun doute et qu’Allâh fera
ressusciter ceux qui sont dans les tombes.
Je
recommande à ceux que je laisse parmi
ma famille de craindre Allâh et qu’ils
fassent en sorte d’entretenir de bonnes relations
entre eux et qu’ils règlent leurs différents
et obéissent à Allâh et
Son messager s’ils sont véritablement
croyants.
Je
recommande également ce que recommandait
Ibrahim et Ya’qoub
à leurs enfants.
»
|
Ceci
est un très bon modèle de testament.
2)
Quels sont les droits du défunt avant
qu’il meure et nos devoirs vis-à-vis
de lui ?
Lorsque
la personne est en train d’agoniser, lui faire
prononcer la chahada.

L’importance de prononcer
cette parole se retrouve dans un hadith où
le Prophète dit :
«
Celui
dont la dernière parole avant de quitter
ce bas monde est : lâ ilâha illâ
llâh, rentrera au Paradis.»
3)
Quels sont les droits du défunt sur nous
après sa mort ?
Lorsque l’âme quitte le corps de la personne,
il faut fermer ses yeux car ses yeux restent
ouverts et regardent l’âme qui part.
Le
Prophète est rentré chez
Abu Salama
qui venait de mourir et a vu que
son regard était fixe. Il a fermé
ses yeux et a dit :" lorsque l’âme est
saisie, le regard la suit. "
Couvrir le corps entièrement.
Certains savants recommandent de passer sous
le menton un tissu et le nouer sur le dessus
de la tête car il se peut que la bouche
s’ouvre et ce n’est pas une très belle
image à voir.
Il est permis d’embrasser le défunt.
Le Prophète l’a fait comme le dit
Aisha lorsqu’il est entré
auprès de Othmane ibnu madh'oune
qui
était mort et il
l’a embrassé.
Et Aisha dit : « J’ai vu ses larmes descendre
de tristesse. »
Abou
Bakr a fait la même chose, lorsqu’il
a vu que le Prophète était
décédé, il a soulevé
le drap qui le couvrait et il l’a embrassé.
Donc
il n’y a aucun mal dans le fait d’embrasser
le défunt mais il ne faut pas faire comme
certains ignorants qui s’accrochent au corps,
qui se mettent à hurler, à crier….Ceci
n’a rien à voir avec l’islam.
Il est permis de dire
cette dou'a
comme l’a enseigné
le Prophète lorsqu’il a vu Abû
Salam décédé :
«
Allâhoumma ighfir li Abî Salama wa-rfa' darajatahou fî-l-mah-diyyine wa akhlouf lahou
fî 'aqibihi ghabirine wa ighfir lanâ wa lahou
yâ rabb al-'alamine wa affssah lahou fî
qa-brih wa nawer lahou fih.
«
Seigneur Dieu ! Absous Abou Salama, élève
son degré parmi les biens-guidés,
donne-lui une progéniture dans ceux qui
sont à venir, pardonne-nous et pardonne-lui, ô Seigneur des univers! Elargis pour lui
sa tombe et inonde-la de lumière!»
[ Rapporté par Moslem ]
Il faut préparer ses funérailles
[ lavage, linceul, la tombe
…]
Le
Prophète est entré auprès
de ummu Afiya
lorsque sa fille Zeynab
est décédée
et il lui a dit :
«
Lavez-la
trois fois ou cinq fois ou plus que cela s’il
le faut et faites en sorte que la dernière
chose que vous allez utiliser pour la laver
soit du camphre. »
Il
est recommandé à ceux qui lavent
de garder le secret car il se peut que la personne
qui lave voit des choses anormales.
Le
Prophète a dit :
«
Que celui qui lave un mort et qui garde le silence
sur certaines choses qu’il voit du mort, Allâh
lui pardonne 40 fois.»
Selon
Abou Hourayra , le Prophète
a dit:
«
Hâtez les funérailles.
Si le mort était vertueux, vous lui faites
ainsi du bien et s'il était autre chose,
c'est un mauvais fardeau dont vous déchargez
vos encolures». [ Unanimement reconnu
authentique ]
Ce
hadith comme l’a indiqué al-Qurtubi,
l’Imam an-Nawawi et d’autres
, parle du fait
qu’il faut précipiter les pas lorsque
l’on porte le défunt vers le cimetière
pour l’y enterrer.
Une fois enterré, il faut rembourser
ses dettes le plus vite possible :
Selon
Abou Hourayra
, le Prophète
a dit:
«
L'âme du Croyant est accrochée
à sa dette jusqu'à son acquittement
». [ Rapporté par At-tirmidhi ]
On
a apporté un Compagnon à l’époque
du Prophète qui était mort
endetté et le Prophète leur
a dit de prier sur lui sans qu’il y assiste.
Il s’est abstenu de prier en faveur de quelqu’un
qui avait des dettes.
Les
dettes en général se divisent
en deux catégories :
-
les dettes qui sont des droits d’Allâh
comme le jeûne, le hajj…
- les dettes qui sont les droits des êtres
humains.
Pour
le premier cas nous avons un hadith concernant
le jeûne : le Prophète a
dit :
«
Celui qui meurt et qui doit un jeûne,
que son proche jeûne pour lui ».
Mais
d’après l’avis le plus fort chez les
ulamas, il s’agit du jeûne que l’on a
promis de faire à Allâh .
Par
exemple si l’un d’entre nous dit que s’il réussit
ses examens il jeûnera trois jours pour
Allâh . Il est obligé de le
faire. Mais s’il meurt avant d’avoir pu exécuter
sa promesse alors un proche doit jeûner
pour lui.
Le
Compagnon Sa’ad ibnu Ubada
qui un jour interrogeait
le Prophète en lui disant :
«
ô Prophète , ma mère
est décédée et elle a fait
une promesse envers Allâh. Le Prophète
lui a dit : « Exécute-la
à sa place. »
Ibnu
Abbas
a été interrogé d’après
Abû Dawud et il a dit : « La personne
qui est malade et qui meurt et qui doit des
jours de jeûne, on ne jeûne pas
à sa place. Par contre si elle avait
fait une promesse pour Allâh , alors
on doit l’exécuter à sa place.
» C’est
également l’avis de l’Imam Ahmad et ibn
ul-Qayyim .
Exécuter son testament : s’il contient
un don pour quelqu’un, il faut faire le don
à la personne concernée.
Partager ce qui reste après avoir payé
les frais d’enterrement, puis payé ses
dettes, puis exécuté le testament.
Ce n’est qu’après ces trois choses que
l’on distribue ce qu’il reste aux héritiers.
Le
Prophète dit :
« Distribuez
les parts d’héritage aux personnes qui
y ont droit et ce qui reste, donnez-les aux
personnes masculines les plus proches qui ont
droit à l’héritage. »
Il
ne faut pas faire comme ces ignorants qui se
battent, s’insultent et se divisent à
cause de l’héritage.
4)
Qu’a prévu la Sunnah quant
à la famille du défunt et les
gens en dehors de la famille ?
-
La Première chose que la sunnah prévoit
c’est la patience et l’acceptation du destin.
Lorsque quelqu’un meurt, on ne peut dire que
du bien, des invocations, demander la miséricorde
d’Allâh , le pardon pour
le mort. Le fait de verser des larmes n’est
pas interdit, le Prophète l’a fait
concernant le fils de l’une de ses filles et
également concernant son fils à
lui, Ibrahim.
Selon
Ibn 'Omar :
"
Le Messager de Dieu
alla au chevet de Sa'd Ibn 'Oubada, en compagnie
de Abdurrahman Ibn 'Awf, Sa'd Ibn Abi Waqqàs
et 'Abdullàh Ibn Mas'ûd .
Le Messager de Dieu pleura. Quand les gens le
virent pleurer, ils pleurèrent à
leur tour. Il
leur dit : « Ecoutez-moi bien ! Dieu ne tourmente
pas le mort pour les larmes des yeux ou le chagrin
du cœur, mais II le tourmente à cause
de ceci (la langue) ou bien Il se montre miséricordieux
".
[ Unanimement reconnu authentique ]
Anas
rapporte:
«
Le Messager de Dieu
entra auprès de son fils Ibrahim
alors qu'il agonisait. Les larmes se mirent
à couler de ses yeux et Abdurrahman Ibn
‘Awf lui dit: « Toi aussi (tu pleures),
ô Messager de Dieu ? » Il lui dit:
« O Ibn 'Awf, cela est une miséricorde
». Puis
il ajouta: « L'œil pleure, le cœur ressent
du chagrin, mais nous ne disons que ce qui satisfait
notre Seigneur. O Ibrahim! Ta séparation
nous remplit certainement de chagrin ».
[ Rapporté par Al Boukhâri ]
-
Il est recommandé de dire : « Inna
lillâh wa inna ilayhi raji’une »
Et
le Prophète a appris à Oummu
Salama de dire :
« Allâhoumma ghfirli
wa lahou wa a'qibli minhu ‘uqba hassanah »
«
Ô Allâh pardonne-moi ainsi qu’à
lui et donne-moi à sa place quelqu’un
qui est meilleur »
- La
seconde chose est d'observer la période de deuil : le deuil
c’est ressentir de la douleur, manifester sa
tristesse et délaisser toute trace de
beauté sur soi.
Si
c’est un de nos proches, nous devons observer
une période de deuil de trois jours.
Si c’est l’époux qui meurt alors son
épouse, et uniquement elle, doit observer
une période de deuil de 4 mois et dix
jours.
Elle
peut sortir de chez elle durant cette période
mais seulement s’il y a une nécessité
(médecin, courses...).
Elle
doit abandonner toute trace de beauté
et mettre ses vêtements les plus simples,
pas de maquillage, de bijoux, de khôl….et
ce afin de manifester cette tristesse.
Zeynab
Bent Abi Salama rapporte:
«
Je
suis entrée chez l'épouse du Prophète
Oummou habiba lorsque mourut son
père Abou Soufyan Ibn Harb . Elle
se fit apporter un flacon de parfum de couleur
jaunâtre. Elle en appliqua à une
petite fille et en toucha ses deux joues en
disant : «
Par Dieu, je n'éprouve
aucun désir de me parfumer mais j'ai
entendu le Messager de Dieu dire du haut
de sa chaire: «II n'est pas permis à
la femme croyant en Dieu et au jour ultime de
porter le deuil d'un mort plus de trois nuits
sauf celui de son mari qui doit durer quatre
mois et dix nuits ».
Zeynab
a dit: « Je suis entrée chez Zeynab
Bent Jahsh qui venait de perdre son frère.
Elle se fit apporter un flacon de parfum. Elle
le toucha de ses doigts en disant: « Par
Dieu, je n' éprouve aucun désir
de me parfumer mais j'ai entendu le Messager
de Dieu du haut de sa chaire dire: «
II
n'est pas permis à la femme croyant en
Dieu et au jour ultime de porter le deuil d'un
mort plus de trois nuits, sauf celui de son
mari qui doit durer quatre mois et dix nuits
». [ Unanimement Reconnu Authentique ]
Si
la femme dont l’époux est décédé
est enceinte, alors sa période d’attente
va jusqu’à l’accouchement.
Une
femme a interrogé le Prophète
en disant que l’époux de sa fille
était décédé et
qu’elle souffrait de son œil. Est-ce qu’il lui
était permis de mettre du khohl. Le Prophète
lui répondu que non.
-
Comment devons nous réagir par rapport
à une famille endeuillée ?
La
famille a besoin de soutien, a besoin d’être
consolée. La première chose à
faire c’est ce que l’on appelle les condoléances
qui sont une façon d’ordonner le bien
et de condamner le blâmable puisqu’on
appelle à la patience, on rappelle la
récompense d’Allâh, on offre notre
soutien, notre aide…
Parmi
les formules que le Prophète nous
a enseignées :
« inna lillâhi
ma a'ta wa lillahi ma akhadha wa koullu chay -in
'indahou
ilâ ajalin mousamma faltasbir wa latahtasib.»
«
Appartient à Allâh ce qu’Il donne
et ce qu’Il reprend, et chaque chose a chez
Lui un délai,
patiente et demande la récompense d’Allâh
» [
Rapporté par al-boukhari ]
Il
existe d’autres expressions et les meilleures
sont celles tirées de la sunnah.
Il
y a deux remarques importantes à faire
au sujet des condoléances.
Ce n’est
pas trois jours comme les gens le pensent.
Dans
un hadith authentique lorsque le Compagnon Jaafar
ibnu abî tâlib est tombé martyr
sur le champ de bataille, trois jours après
son décès, le Prophète
est venu auprès de sa famille présenter
ses condoléances.
On
ne peut pas se réunir pour ça.
Le fait de se réunir dans la maison de
la famille du défunt pour faire des condoléances
est contraire à la sunnah.
Le
Compagnon Jarir ibnu abdillâh al bajarî
a dit : « nous considérions
que le fait de se réunir auprès
de la famille du défunt et de préparer
à manger était équivalent
au fait de pleurer avec des cris en se rebellant
contre le destin d’Allâh . »
Lorsqu’il
y a ce genre de réunion, cela peut raviver
la douleur, l’augmenter. La famille a besoin
d’intimité. Ce
n’est pas à la famille du défunt
de préparer la nourriture, c’est à
ceux qui sont en dehors de la famille de le
faire. La sunnah recommande de préparer
le repas pour la famille endeuillée.
C’est
ce qu’avait recommandé le Prophète
pour la famille de Jaafar ibu abi talib
en disant : « Préparez un repas
pour la famille de Jaafar ibnu abi talib car
une situation s’est présentée
à eux et les préoccupe. »
5)
Quelles sont les innovations que les gens commettent
à l’encontre de leur défunt ?
La première infraction que nous commettons
est de se mettre à parler de la dounia
lorsque la personne est agonisante.
Deuxièmement : pleurer avec des cris
et des hurlements et se réunir pour ça.
Le Prophète dans le sahih al-boukhari
dit : « Certes le mort subit des souffrances
à cause de certains pleurs de ses proches.
»
L’Imam
ibnu hajar dans son commentaire du sahih al
boukhari a relaté huit avis concernant
cette question et a conclu que la personne qui
va mourir et qui sait que sa famille va faire
cela (les cris, les hurlements…) si elle ne
leur ordonne pas avant sa mort de ne pas faire
cela et de craindre Allâh, alors elle
sera châtié.
Quant
à la personne qui a fait cette recommandation
à sa famille mais que sa famille l’a
quand même fait alors il souffre dans
la tombe à cause d’eux.
Troisièmement
: commettre une injustice dans le testament.
Il ne faut pas léguer tous ses biens
à un seul des héritiers car cela
engendre des conflits dans la famille qui peuvent
aller jusqu’au meurtre entre héritiers.
Il faut respecter les règles du testament.
Quatrièmement
: l’exagération au niveau du linceul.
Le linceul doit être simple, il faut observer
la modération dans l’achat du linceul.
Cinquièmement : se réunir pour
les condoléances et amener la famille
du défunt à préparer les
repas.
Dans
les innovations commises il y a :
La lecture de certaines sourates lorsque le
malade est en train d’agoniser en particulier
la sourate « ya sin » et la sourate
« al-mulk » soi-disant pour alléger
la souffrance de ce mort.
Observer le silence auprès du corps du
défunt.
Demander pardon au mort. Le mort n’entend pas,
comment peut-il pardonner une fois mort ?
Se réunir pour lire le Coran ou lire
le Coran dans le cimetière sur la tombe
du mort.
Se réunir au bout de 40 jours en préparant
un repas, en amenant des gens pour lire le Coran.
Il n’existe rien de tel dans la Sunnah.
Conférence
du frère Mustapha
Kastit
(Audio
retranscrit
par l'équipe sajidine à la demande de nos frères et soeurs malentendants )

Cliquez
ici pour revenir à l'accueil
Cliquez
ici pour fermer la fenêtre
|