Présenter ses condoléances c'est exprimer sa sympathie à l'occasion d'un deuil pour apaiser le chagrin et alléger le malheur d'une personne affligée. Dans la langue arabe, at-ta'ziya a le sens de l'endurance et l'exhortation à endurer, en adressant des propos réconfortants qui atténuent la douleur de la personne affligée par la mort d'un proche.

 

Leur statut légal

Les condoléances sont recommandées même pour les gens du Livre, non musulmans, résidents dans les pays de l'Islam, (les dhimmis), selon ce que Ibn Mâja et Bayhaqi   ont rapporté d'une chaîne de transmission bonne d'après 'Amr Bin Hazm que le prophète a dit :

« Le Jour de la résurection, Dieu couvrira d'une parure de dignité tout croyant
qui présente ses condoléances à son frère frappé d'une calamité. »

Cependant, il est recommandé de n'y procéder qu'une seule fois.

Il est louable que les condoléances soient présentées à toute la famille du défunt, jeunes et vieux, hommes et femmes, mais les savants ont fait une exception pour la jeune fille. Ils ont dit : " seuls ceux qui lui sont illicites au mariage peuvent lui présenter leurs condoléances."

On peut les présenter avant ou après l'enterrement, mais que ça ne dépasse pas les trois jours sauf si la personne qui vient présenter ses condoléances était en voyage ou que la personne parente au défunt était en voyage, alors à ce moment-là on peut dépasser les trois jours.

 

Leur formule

On présente ses condoléances par n'importe quelle formule pouvant alléger le malheur, inciter à la patience, apporter du réconfort.

Bukhâry a rapporté d'après Usama Bin Zayd que la fille du prophète lui avait envoyé dire qu'un de ses enfants est décédé et lui demandait de venir chez elle. Il envoya alors quelqu’un lui dire :

« Ce que Dieu a repris Lui appartient, ce qu'Il avait donné Lui appartient aussi,
chaque chose a chez Lui un terme déterminé,
qu'elle patiente et espère avoir une récompense auprès d'allâh  pour ceci.».
 

Les Ulémas ont dit :

Lorsqu'un musulman présente ses condoléances à un autre musulman au sujet d'un défunt musulman, il lui dit :

« Que Dieu magnifie ta récompense, t'accorde bonne endurance et pardonne à ton défunt. »

Si un musulman présente ses condoléances à un musulman au sujet d'un défunt impie :

« Que Dieu magnifie ta récompense et t'accorde bonne endurance. »

Si un musulman présente ses condoléances à un impie au sujet d'un défunt musulman, il lui dit :

« Que Dieu t'accorde bonne endurance et pardonne à ton défunt. »

Si un musulman présente ses condoléances à un impie au sujet d'un défunt impie, il lui dit :

« Que Dieu t'accorde une bonne suite ».

Quant à la réponse on dit:

« Amine. Que Dieu t'accorde une récompense. »

Pour Ahmad on est libre de serrer la main ou de ne pas la serrer.

Si on voit quelqu'un qui déchire ses habits sous l'effet de l'emportement, on lui présente quand même ses condoléances parce qu'on ne délaisse pas un bienfait pour un méfait. Mais réprouver ce genre d'actes abherrants est un bien.

 

Comment présente t-on ses condoléances

Il est de la Sunna de présenter ses condoléances et de quitter l'endroit pour continuer ses affaires sans s'asseoir. C'est ce que faisaient les pieux auparavant.

Chafi'y dans son livre «AI Umm» a dit : « « Je réprouve les ras­semblement funèbre, même sans pleurs, car ils constituent une occasion de raviver la tristesse et impliquent des dépenses, or la tradition déconseille de telles pra­tiques. »

Nawawy a dit : « Chafi'y et ses compagnons ont dit : Il est réprouvable de s'asseoir lorsqu'on présente ses condoléances. »

Ce qu'on désigne par s'asseoir c'est le fait de se rassembler dans la maison pour que les gens viennent rendre visite et présenter leurs condoléances.

Il n'y a pas de différence entre homme et femme.

Al-Mahâmilî a rapporté ceci d'après Chafi'y : C'est là un acte réprouvable si cette pratique n'est pas accompagnée d'une autre innovation blâmable. Si tel est le cas alors cette pratique devient illicite. Dans un hadith authentique, le prophète dit :

« Toute innovation - en matière de pratique cultuelle - est une pratique blâmable, et toute pratique blâmable est égarement ».

Ahmad et beaucoup des Ulémas hanafites sont d'accord avec cet avis.

Parmi les hanafites il y en a qui ne voient pas de mal dans le fait de se rassembler pour recevoir les condoléances pour trois jours seulement mais dans un endroit autre que la Mosquée et sans commettre des interdits.

Ce que font les gens de nos jours dans les assemblées funèbres, qui dépensent l'argent sans besoin et surenchérissent les uns devant les autres dans des choses inventées et innovées est totalement illicite, contredit la Sunna et fait partie des traditions antéislamiques.

Beaucoup sont allés plus loin encore en faisant du quarantième jour, un jour de souvenir du deuil et d'autres font un anniversaire du jour du deuil chaque année, ce qui est en désaccord avec la sounnah et laisse libre court à des pratiques absurdes et innovées.


 

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