Il est de tradition que la tombe soit élevée d'un empan, afin qu'on reconnaisse que c'est une tombe. Il est par suite illicite de l'élever plus que ça. D'après ce que Muslim et d'autre ont rapporté d'après Harûn que Thumama ibn Shufayy a raconté:

« Nous étions avec Fadâla Ibn 'Ubayd au pays des Byzantins, à Rhodes, quand l'un de nos compagnons décéda. Alors Fadâla Ibn 'Ubayd ordonna de niveler sa tombe, puis il dit: J'ai entendu le prophète ordonner de niveler les tombes.

Abu Al-Hayyâj Al-Asadî a raconté:

'Ali bin Abu Tâlib m'a dit : Veux-tu que je t'apprennes ce que le prophète m'avait appris ? Ne laisse aucune statue sans que tu ne la détruises ni une tombe élevée sans que tu ne la nivelles.

Tirmidhî a dit : « Les ulémas admettent cet avis. Ils considèrent haïssable d'élever la tombe au dessus du niveau de la terre de plus que ce qu'il faut pour savoir que c'est une tombe afin d'éviter de marcher dessus ou de s'y asseoir. »  Les gouverneurs détruisaient les constructions qui, dans les cimetières, dépassaient le niveau légal, conformément à la tradition authentique. »

Châfi'y a dit : "Je n'aime pas qu'on ajoute à la tombe de la terre autre que celle creusée de la tombe elle-même, je n'aime pas non plus qu'on l'élève de plus qu'un empan, ni qu'on bâtisse ou qu'on plâtre sur elle car ceci ressemble à de l'ostentation, et l'ostentation n'a pas sa place sur les tombes. De même que je n'ai pas vu les tombes des émigrants ou des Ansars plâtrées, et les gouverneurs ont détruit ce qui a été bâti sur les tombes, dans les cimetières, sans que personne parmi les jurisconsultes ne réprouve leur conduite.» [...]

Ce hadith s'applique également aux tombeaux et à toutes les constructions élevées en voûtes et aux décorations somptueuses sur les tombes, de façon à ce que ces lieux soient considérés comme des mosquées et le Messager de Dieu avait maudit ceux qui prennent les tombes pour des mosquées.

Notons bien que les musulmans ont bâti par la suite des mosquées en les élevant.

Les ignorants les ont pris comme les incroyants prenaient les statues et puis ils les ont glorifié croyant qu'elles pouvaient apporter le bien et chasser le mal. Ils les ont alors considéré comme un lieu de demandes et un refuge pour la réussite des choses. Ils les implorent tel qu'on implore Dieu, recherchent refuge auprès d'eux et invoquent leur secours. Enfin, ils ont fait des choses à faire "pleurer" l'Islam sur eux. Nous sommes tous à Dieu, et c'est à Lui que nous retournons, par suite nous signalons que ces ignorants ont osé juré par Dieu incorrectement.

Or, ces adorateurs de tombeaux et de saints restent à court de réponses lorsqu'on leur rappelle la vérité éclatante, comme, par exemple, de jurer au nom de leur cheikh ou de leur saint plutôt que de jurer au nom de Dieu. Preuve, s'il en faut, que leur polythéisme est encore pire que celui des partisans du dualisme et de la trinité parce qu'ils ont accordé à Dieu un second associé qui a plus de valeur que lui.

Les Ulémas ont permis de détruire les mosquées et les voûtes qui ont été bâties sur les tombes.

Ibn Hajar dans son livre « Az-zawâjir » a dit : « Il faut détruire les mosquées et les voutes qui se trouvent sur les tombes parce qu'elles ont été construites dans la désobéissance au Messager de Dieu puisqu'il a ordonné de les détruire. De même qu'il est interdit d'allumer un cierge sur une tombe, d'y consacrer un vœux ou un legs pieux. »

 

Les Tombes convexes ou plates

Les Ulémas se sont mis d'accord sur le fait qu'il est permis d'aplanir une tombe au ras du sol ou bien de l'élever d'un empan.

At-tabarî a dit : « Je désapprouve que les tombes soient construites autrement qu'au ras du sol ou surélevées d'un empan, conformément à la norme en vigueur chez les musulmans.Toutefois, les jurisconsultes divergent concernant la meilleure des deux solutions.

Alors le juge 'Iyad a rapporté d'après la plupart des savants qu'il est meilleur de les élever d'un empan en forme de bosse parce que Sufyân An-Nammâr lui a raconté qu'il avait vu la tombe du prophète ainsi faite. Al-boukhârî a rapporté ce hadith.

Abu Hanifa, Mâlek, Ahmad, Al-muzanî et beaucoup de chafi'ites admettent cet avis.

Quant au Châfi'y lui même il trouve que la manière plate, au ras du sol est meilleure du fait que le prophète avait ordonné de les aplanir.

 

Indiquer l'endroit de la tombe

Il est permis de mettre une indication sur la tombe comme une pierre ou un bâton pour connaître l'endroit, d'après ce que Ibn Mâja a rapporté d'après Anas selon qui le prophète avait marqué d'une pierre sur la tombe de 'Uthmân 'Bin Madh'ûn . C'est à dire qu'il avait mis une pierre pour indiquer et préciser l'endroit.

Dans le livre « Zawâïd », l'auteur indique que sa chaîne de transmission est bonne.

Abu Dâwûd a rapporté d'après AI-Muttalib ibn Abu Wadâ'a

" Le prophète avait transporté une pierre qu'il déposa sur la tombe, au niveau de la tête et dit: « Je reconnaîtrai grâce à elle la tombe de mon frère, auprès de laquelle j'enterrerai ceux des miens qui décéderont.»"

Le hadith montre qu'il est recommandé de rassembler les morts d'une même famille dans un même cimetière afin qu'on puisse les visiter facilement.

 

Se déchausser en entrant dans un cimetière

La plupart des ulémas ne trouvent pas de mal à marcher chaussé entre les tombes.

Jarir ibn Hâzim a dit : J'ai vu El-Hasan et Ibn Sirine marcher chaussés entre les tombes.

Bukhâry, Muslim, Abu Dâwûd et Nasâ'y ont rapporté d'après Anas que le prophète a dit : « Lorsque le mort est déposé dans sa tombe et que les vivants le quittent, il entend le bruit de leurs chaussures. » 

Toutefois, l'Imam Ahmad a considéré comme haïssable le fait de marcher entre les tombes avec des souliers du type sabtiyya (dont le cuir est tanné aux feuilles d'acacia blond),d'après ce que Abu Dâwûd, Nasâ'y et Ibn Mâja ont rapporté.

Bachir , l'esclave affranchi du Messager de Dieu a rapporté :

Le Messager de Dieu avait adressé un regard à un homme qui marchait entre les tombes avec des sandales et l'interpella en ces termes : « Ô porteur de sabtiyya ! Malheur à toi ! Enlève tes sabtiyya. » L'homme regarda son interlocuteur et dès qu'il reconnut le prophète , il enleva ses deux sandales et les jeta au loin.

Khatâby a dit : Il se peut que le prophète a considéré ceci comme haïssable parce que ces souliers ne sont portés que par des gens riches et opulents et qu'il voulait que l'entrée au cimetière se fasse dans un esprit d'humanité et de recueillement..

Ahmad considère ceci haïssable seulement s'il n'y a pas d'excuse mais s'il y a une excuse qui empêche l'homme de se déchausser comme des épines ou des souillures par terre, alors il est permis de rester chaussé.

 

L'interdiction de couvrir les tombes

Il n'est pas licite de couvrir les tombes du fait que c'est une dépense d'argent pour un acte illicite et qui provoque l'égarement des gens.

Al-boukhârî et Muslim ont rapporté d'après 'Aïcha :

Le prophète était sorti dans une expédition alors elle prit une couverture et en dissimula la porte de la maison. Lorsqu'il revint il le tira si fort qu'il le déchira et dit : « Dieu ne nous a pas ordonné de vêtir les pierres et l'argile ».

 

L'interdiction de bâtir des Mosquées et faire des constructions sur les tombes

Tous les hadiths authentiques ont été bien clairs sur le fait qu'il est illicite de bâtir des Mosquées sur les tombes et de faire des constructions.

1 - Bukhâry et Muslim ont rapporté d'après Abu Hurayra que le prohpète a dit :

« Que Dieu maudisse les juifs, ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour des lieux de culte. »

2 - Ahmad et les auteurs des livres «Sunna» à l'exception de Ibn Mâja ont rapporté, Tirmidhy l'a considéré comme bon d'après Ibn 'Abbas :

« Le prophète a maudit celles qui visitent les tombes et ceux qui y construisent des mosquées et des édifices ».

3 - Dans le livre «Sahih» de Muslim, d'après 'Abdullâh Al-bujalî :

J'ai entendu le prophète dire, cinq jours avant sa mort : « Je nie devant Dieu avoir pris parmi vous un ami intime, car Dieu - Gloire et Puissance à Lui - a agréé mon amitié, tel qu'Il agréa l'amitié d'Ibrâhîm ; si j'avais eu à prendre un ami intime parmi vous, j'aurais choisi Abû Bakr ; par ailleurs, ceux qui étaient avant vous prenaient les tombes de leurs prophètes et de leurs saints pour des lieux de culte. Ne prenez pas les tombes pour des lieux de prière, je vous l'interdis.»

4 - Dans le livre «Sahih» de Mulsim également d'après Abu Hurayra :

Le Messager de Dieu a dit : « Que Dieu maudisse les juifs et les chrétiens : Ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour des lieux de culte. »

Bukhâry et Muslim ont rapporté d'après 'Aïcha que Umm Habiba et Umm Salama évoquèrent devant le prophète le cas d'une église qu'elles avaient vue en Ethiopie, et qui contenait des statues.

Alors prophète leur dit :

« Quand un homme pieux parmi eux vient à mourir, ils construisent un lieu de culte sur sa tombe et le décorent de telles statues. Ceux-là sont les pires êtres qui soient auprès de Dieu le Jour de la résurrection. »

L'auteur du livre « Mughnî » a dit : « Il n'est pas permis de construire une mosquée sur des tombes, car le prophète a dit :

« Dieu a maudit celles qui visitent les tombes et celles qui construisent dessus des mosquées et des édifices ». [ Abu Dâwûd et Nasâ'y ont rapporté ce hadith.]

La version de Nasâ'y : « Le prophète a maudit... ». Si une telle pratique était permise, le prophète n'aurait pas maudit celui qui l'adopte, d'autant plus que de telles constructions engendrent des dépenses inutiles, incitent à vénérer les tombes, comme étaient glorifiées les statues. Aussi, est-il interdit d'édifier des mosquées sur les tombes, d'autant que le prophète a dit « Que Dieu maudisse les juifs: ils ont pris les tombes de leurs prophètes pour des lieux de culte. » Ce hadith fait l'objet d'un accord.

'Aïcha a ajouté : On n'a pas élevé la tombe du Messager de Dieu de crainte qu'on ne la considère comme un lieu de culte."

 

L'abomination de faire des sacrifices sur les tombes.

Le Législateur a interdit que l'on sacrifie une bête sur les tombes comme on le faisait à l'époque antéislamique, afin de s'éloigner de la vantardise et de l'ostentation. Abu Dâwûd a rapporté d'après Anas que le Messager de Dieu a dit : « Pas d'immolation en Islam »

'Abdul-Razzâq a dit : Les arabes avaient pour habitude de sacrifier une vache ou une chèvre à la mort des gens.

 

L'interdiction de s'asseoir sur une tombe,
de s'appuyer contre elle et de marcher dessus

Il est interdit de s'asseoir, de s'accouder, de s'adosser ou de marcher sur la tombe. Ceci est illicite selon ce que 'Amr ibn Hazm a rapporté :

« Le prophète , me voyant appuyé contre une tombe, me dit: « Ne nuis pas à celui qui repose dans cette tombe - ou, ne lui nuis pas » [ Rapporté par Ahmad, assorti d'une chaîne de transmission authentique.]

D'après Abu Hurayra le Messager de Dieu a dit :

« Il vaut mieux, que l'un de vous s'assoye sur une braise ardente qui brûle ses vêtements jusqu'à atteindre la peau plutôt que de s'asseoir sur une tombe. » [ Rapporté par Ahmad, Muslim, Abû Dâwûd, An-Nasâ'î et Ibn Mâja.]

Ibn Hazm considère cela illicite au vu des hadiths sur le sujet comportant des menaces de châtiments. Il dit : c'est la doctrine de plusieurs prédécesseurs, parmi eux Abu Hurayra .

La plupart des Ulémas considère cela comme réprouvable.

Nawawî a dit : « Ash-Shafi'i dans son ouvrage « Al-Umm », ainsi que la majorité des doctes shâfi 'ites, estiment que s'asseoir sur une tombe est une conduite réprouvable. C'est aussi l'opinion de la majorité des doctes dont An-Nakha'î, AI-Layth, Ahmad et Dâwûd . Est également réprouvable, ajoute-t-il, le fait de s'appuyer contre une tombe ou de s'y adosser. [...] »

Les ulamas sont unanimes à déclarer illicite le fait d'y satisfaire un besoin pressant.

Ils sont aussi unanimes à considérer qu'il est permis de marcher sur les tombes par nécessité, tel que de traverser le cimetière pour atteindre une tombe déterminée lorsqu'il est impossible d'y parvenir autrement

 

L'interdiction de plâtrer les tombes et d'écrire dessus

D'après Jâbir :

« Le Messager de Dieu a interdit de plâtrer les tombes, de s'y asseoir et de bâtir sur elles.»
[ Ahmad, Muslim, Abu Dâwûd et Thirmidhy ont rapporté ce hadith, Tirmidhy l'a authentifié ]

Plâtrer veut dire enduire de plâtre. La plupart des ulémas ont trouvé cela réprouvable plutôt que considéré comme illicite. Ibn Hazm l'a considéré illicite.

La sagesse de cet interdiction:

Quelques uns disent que la tombe est destinée à se détériorer et le plâtre est un procédé de décoration dont l'usage est destiné à la vie d'ici-bas et dont le mort n'a pas d'utilité.

D'autres disent qu'il est interdit parce que le plâtre est une matière chauffée au feu, ce qui fait preuve le hadith de Zayd Bin Arqam qui a dit à celui qui a voulu bâtir et plâtrer la tombe de son fils : « Tu t'es trompé, rien de ce qui a été chauffé au feu ne doit en être approché. »

Mais, il n'y a pas de mal à enduire la tombe de boue.

Tirmidhy a dit : Quelques ulémas ont même permis d'enduire les tombes de boue parmi eux Al-Hassan al-Basrî, Châfi'y de même.

Ja'far Ibn Muhammad rapporte d'après son père que la tombe du prophète était élevée d'un empan, qu'on l'avait enduite de boue rouge apportée d'Al-'Asra et recouverte de gravier.
[ Rapporté par Abû Bakr An-Najjâd. Cependant, Al-Hakiim ne l'a pas commenté dans son « At-Talkhîs »]

Comme les ulémas ont réprouvé de plâtrer les tombes, ils ont de même réprouvé de les bâtir avec de la brique, du bois ou d'enterrer le défunt dans un cercueil et ce, si la terre n'est pas molle ou humide. Si la terre est molle ou humide il est permis de bâtir avec la brique ou autre et d'enterrer le défunt dans un cercueil sans que ce soit réprouvé.

Al-mughîra a rapporté d'après Ibrâhîm : « Ils préféraient le torchis et les roseaux et réprouvaient la brique cuite et le bois. »

Le hadith concerne aussi l'interdiction d'écrire sur les tombes ce qui veut dire même le nom du défunt. El-Hâkim après avoir étudié la chaîne de transmission de ce hadith a dit : La chaîne est authentique mais on ne pratique pas ceci car les ulémas musulmans à travers le monde ont autorisé d'écrire le nom du défunt sur les tombes , et c'est une pratique qui a continué jusqu'à maintenant.

Pour sa part, Ad-dhahabî estime que c'est une innovation adoptée par ceux qui ignoraient l'existence d'une interdiction à ce sujet.

  • La doctrine des hanbalites c'est que l'interdiction est à interpréter dans le sens de la réprobation, que l'inscription porte sur un verset coranique ou sur le nom du défunt.
  • Les Chafi'ites ont dit : Si c'est une tombe d'un savant ou pieux il est préférable d'écrire son nom pour qu'on le connaisse.
  • Les Malékites disent : Si c'est du Coran, ceci est illicite, si c'est le nom du défunt ou la date de sa mort ceci est réprouvable.
  • Les Hanafites disent : il est illicite d'écrire sur les tombes, mais si on craint de perdre leur trace alors cela est permis.

Ibn Hazm dit : Si on grave le nom sur une pierre, ceci est permis.

Par ailleurs, il est déconseillé d'ajouter à la quantité de terre creusée à l'emplacement de la tombe une quantité de terre prise ailleurs.

Al-Bayhaqî a rédigé ceci dans un chapitre spécial : « On n'ajoute pas à la quantité de terre creusée dans l'emplacement de la tombe, afin qu'elle ne soit pas surélevée. »

Ash-Shawkânî : « ajouter une quantité de terre autre que celle retirée en creusant.» Cependant, d'autres commentateurs estiment qu'ajouter devrait être interprété dans le sens « d' enterrer une deuxième dépouille dans la même tombe » .

Ash-Shâfi 'î fait valoir la première interprétation et dit : « Il est préférable de ne pas ajouter à la quantité de terre retirée de la tombe, afin que celle-ci ne soit pas surélevée. » Toutefois, il ajoute: « Il n'y a pas de mal à le faire. »

 

Enterrer plus d'un défunt dans une même tombe

La tradition des prédécesseurs c'est d'enterrer chaque défunt dans une tombe spéciale. Si on enterre plus d'un défunt dans une même tombe, ils considéraient ceci comme réprouvable, à moins que ce ne soit par nécessité à cause d'un nombre important de morts et que ceux qui œuvrent à leur inhumation sont peu nombreux ou accablés par l'ampleur de l'ouvrage.. A cet instant il est permis d'enterrer plus d'un défunt dans une même tombe.

D'après ce que Ahmad et Tirmidhy ont rapporté et Tirmidhy a authentifié:

Les Ansars sont venus se plaindre le jour de Uhud chez le prophète , ils disent: Ô Envoyé de Dieu! nous souffrons de blessuresnous sommes accablés (par les travaux d'enterrement), que nous ordonnes-tu ? - Creusez, répondit le Prophète, élargissez et approfondissez, puis inhumez deux ou trois dépouilles dans la même fosse. - Qui mettrons-nous en premier, ô Envoyé de Dieu? », lui demandèrent-ils. - Commencez par ¬celui qui est le plus versé dans le Coran ». 'Abd Ar-Razzâq rapporte - assorti d'une chaîne de transmission jugée bonne - d'après Wâthila Ibn AI-Asqa', qu'on enterrait un homme et une femme dans la même tombe, en les disposant de sorte que 1 'homme était devant et la femme derrière lui.

 

Celui qui meurt en mer

Dans son livre « Mughni » il dit : « Si quelqu'un meurt dans un navire en pleine mer, Ahmad dit : « A moins de craindre que la dépouille ne se détériore, on devra attendre un jour ou deux, dans l'espoir de trouver un lieu terrestre où l'inhumer. Au cas où on ne trouverait pas de lieu pour l'enterrer, on lui accordera la grande ablution, on le mettra dans un linceul, on le parfumera, on procèdera à la prière du mort à l'intention de sa dépouille, puis on y attachera un objet lourd et on le jettera à la mer.»

C'est l'avis de 'Ata' et d'Al-Hassan également. Al-Hassan a dit : « On le laissera dans un couffin et on le jettera à l'eau .»

Pour sa part, Ash-Shâfi'î soutient qu'il faut l'attacher entre deux planches afin que l'eau le transporte vers le rivage, peut-être l'inhumera-t-on après l'avoir découvert ; toutefois, si on le jette à la mer, celui qui y procède ne se chargera pas d'un péché. Cependant, la première solution s'avère plus commode car l'inhumation visée par l'enterrement en est réalisée. En outre, l'attacher entre deux planches expose la dépouille à la détérioration ou à parvenir au rivage dénudée ou à tomber entre les mains d'impies.

 

Mettre des feuilles de palmier sur les tombes

Il n'est pas permis de déposer des feuilles de palmier ou des fleurs sur les tombes.

Toutefois, Al-Bukhârî et autres traditionnistes rapportent d'après Ibn 'Abbas que le prophète passa devant deux tombes et dit :

« Ces deux-là sont en train de subir le châtiment pour peu de choses : celui-ci ne se nettoyait pas après avoir uriné, et celui-là était un délateur. Puis il se fit apporter une palme encore fraîche qu'il fendit en deux, planta l'une dans la première tombe et l'autre dans la deuxième et dit :
« Puissent-elles alléger leur souffrance tant qu'elles n'ont pas séché.»

Toutefois Al-Khattâbi commente ce hadith ainsi: « Le fait de planter une palme dans chaque tombe et de dire : « Puissent-elles alléger leur souffrance tant qu'elles n'ont pas séché », n'a d'effet que parce que c'est le prophète  qui en est l'auteur et sa bénédiction profite donc aux deux morts tant que les deux palmes sont encore vertes, comme le prophète l'a demandé.

Ce qui ne signifie nullement que les palmes vertes seraient dotées d'un quelconque pouvoir que les palmes sèches ne possèderaient pas. Or, dans plusieurs pays, on a pris l'habitude de disposer des palmes fraîches dans les tombes des morts: pratique qui n'est nullement justifiée.»

De fait, le commentaire d'Al-Khattâbî est pertinent, car les compagnons du prophète n'ont jamais déposé de palmes ne de fleurs sur une quelconque tombe, hormis Burayda Al-Aslamî qui recommanda qu'on mît dans sa tombe deux palmes. Ce fait est rapporté par Al-Bukhari.

Il est toutefois difficile d'admettre que le fait de poser des palmes dans la tombe soit légitime et que tous les Compagnons, hormis Burayda l'auraient ignoré. Dans son ouvrage « Al-Fath », Al-Hâfidh a dit : « Il semble que Burayda ait attribué au hadith une interprétation globale, alors qu'il est spécifique au cas de deux défunts bien déterminés, » Ibn Rashîd a dit : « Il semble, compte tenu de l'avis d'al-Bukhari, que le cas soit spécifique aux deux défunts précités.

C'est pourquoi celui-ci le fait suivre du propos d'Ibn 'Umar qui, lorsqu'il vit une tente dressée sur la tombe de 'Abd Ar-Rahrnân , ordonna à un serviteur : « Enlève-la, ce sont ses oeuvres qui sont susceptibles de l'ombrager ».  Des propos d'Ibn 'Umar , on déduit que ce qui est déposé sur une tombe n'a nul effet, et que ce sont plutôt les bonnes oeuvres qui exercent leur effet.

 
 

Cliquez ici pour revenir à l'accueil

Cliquez ici pour fermer la fenêtre