1- la preuve de sa législation

L’effleurement des chaussons est prouvé par des hadiths authentiques rapportés d’après le Messager de Dieu

Nawawy a dit : « L’unanimité des Grands Ulémas, s’est établi à propos de l’effleurement des chaussons, soit qu’il soit en voyage ou non, soit pour une nécessité ou non. Il est même permis pour la femme qui garde sa maison et celui qui souffre d’une maladie chronique et ne peut pas marcher.»

El-Hafez bin Hajar a dit dans son livre « El-fateh » : « certains traditionnistes ont déclaré que l’effleurement est rapporté par des hadiths Mutawater, d’autres ont compté leurs transmetteurs, ils étaient 80 parmi eux les 10 transmetteurs les plus célèbres. »

Le hadith le plus fort est celui qui est rapporté par Ahmad, les deux cheikhs, Abu Dawud et Tirmidhy d'après Hamman EI-Nakhy   qui a dit : « Jarir ben Abdullah avait uriné puis il a fait ses ablutions en effleurant ses chaussons. On lui a dit: «Tu fais cela malgré que tu as uriné ? » il a répondu : « Oui, j'ai vu le Messager de Dieu- salut et bénédictions d’Allah sur lui - uriner puis faire ses ablutions en effleurant ses chaussons.»

Ibrahima dit : Ce hadith plait aux Ulémas de cet époque, car Jarir s'est converti à l'Islam après la révélation de la sourate «EI-Ma’idah», c'est à dire il a embrassé l'Islam en l'an dix de l'hégire après la révélation du verset concernant les ablutions et qui prescrit l'obligation de laver les pieds. Alors son hadith explique l'objectif du verset qui vise l'obligation de se laver les pieds pour celui qui ne porte pas de chaussons, quant à celui qui porte les chaussons, il peut les effleurer. Ainsi la sunna a particularisé le verset.

 

2 - La légalité de l'effleurement des chaussettes

Il est permis d'effleurer les chaussettes comme l'indiquent les hadiths rapportés d'après plusieurs compagnons. Abu Dawud a dit : « Ceux qui ont effleuré les chaussettes sont : Ali bin Abi Taleb, Ibn Mass’ud, EI-Barra’bin Azeb, Anas bin Malek, Abu Umama, Sahl bin Sa’d et Amr bin Harith, on a rapporté cela aussi d'après ‘Omar bin Khattab, Ibn ‘Abbas 'Ammar, Bilal bin ‘Abdullah bin Abi Awfa et Ibn ‘Omar . »

Ibn EI-Qayem a dit dans son livre «Les Sunans» d'après Ibn Mundhir : «Ahmad a décidé la permission de l'effleurement des chaussettes. Cela fait partie de son objectivité et de sa justice. Il s'appuie sur la pratique de ces compagnons (que Dieu les agrée tous) et sur l'analogie claire».

En effet, il n'y a pas une grande différence entre les chaussons et les chaussettes, alors le statut du chausson peut être établi pour les chaussettes. La plupart des Ulémas ont dit qu'il est permis de les effleurer, parmi eux il y a Sufyan EI-Thawry, Ibn EI-Mubarak, ‘Ata, El-Hasan et Saïd bin Musayeb.

Abu Hanifa n'admettait pas la tolérance de l'effleurement des chaussettes, mais il a changé d'avis trois ou sept jours avant sa mort et il a effleuré ses chaussettes épaisses pendant sa maladie, et il a dit à ses visiteurs: «J'ai fait ce que j'avais interdit de faire.».

Il est également permis d'effleurer tout ce qui protège les pieds comme les bandages et d'autres objets semblables. Ce sont des morceaux d'étoffe enroulées, pour se protéger du froid, de la nudité des pieds, des blessures et ainsi de suite…

Ibn Taymiya a dit : « A plus forte raison, il est convenable d'effleurer les bandages que les chaussons et les chaussettes, car les bandages normalement ne sont utilisés qu'en cas de nécessité, et leur enlèvement provoque du mal à cause du froid, de la nudité des pieds, ou des blessures. Alors s'il est permis d'effleurer les chaussons et les chaussettes il vaut mieux à plus forte raison le permettre pour les bandages.(...) Enfin, ceux qui réfléchissent bien sur les mots du Messager de Dieu et donnent à l'analogie son droit, sait bien que la tolérance sur ce sujet est large et que cela fait partie des bienfaits de la législation et de la religion indulgente accordée au Messager de Dieu - salut et bénédictions d’Allah sur lui »

Si il y a des trous dans les chaussons et les chaussettes, il n'y a pas de mal à les effleurer tant qu'il est valable à porter selon l'habitude. Thawry a dit : «les chaussons des Ansars et des émigrés ne manquaient pas des trous comme ceux de tout le monde et s'il y avait interdiction, on l'aurait mentionnée et rapportée d'après eux.»

 

3 - Les Conditions de l'effleurement des chaussons et de ce qui est semblable

Pour pouvoir effleurer les chaussons et tout autre objet de protection, il faut les porter après avoir fait ses ablutions comme l'indique le Hadith de Mughira bin Chu’ba qui a dit : « J'étais une nuit de voyage avec le Prophète - salut et bénédictions d’Allah sur lui- je lui versais de l'eau d'un récipient et il se lava le visage et les mains, puis se frôla la tête avec les mains mouillées. Ensuite je me suis baissé pour enlever ses chaussons mais il m'a dit: «laisse-les je les ai portés après être purifié.» et il les a effleurés.» [ Rapporté par Ahmad, Bukhâry et Muslim ].

Hamid a rapporté dans son Musnad qu'il a dit: «Nous avons dit : Ô Messager de Dieu, pouvons-nous effleurer les chaussons? » il a répondu : « Oui si vous les avez portés après s'être purifié.» Quant aux conditions posées par certains Ulémas et qui stipulent que les chaussons doivent protéger l'endroit nécessaire à laver et qu'ils doivent se tenir sans être accrochés ou tirés par quelque chose et permettent à celui qui les porte de marcher, toutes ses conditions sont affaiblies par le Cheikh Ibn Taymya dans son livre «Fatawa».

 

4 - L'endroit de l'effleurement

L'endroit légitime pour l'effleurement est le dessus du chausson, comme l'indique le hadith de Mughira qui a dit : «J'ai vu le Messager de Dieu - salut et bénédictions d’Allah sur lui- effleurer le dessus de ses chaussons.» [ Rapporté par Ahmad, Abu Dawud et Tirmidhy qui l'a considéré comme bon ].

Ali a dit : «Si la religion s'établit par la raison, il faut alors à plus forte raison effleurer le dessous du chausson au lieu du dessus; J'ai vu le Messager de Dieu - salut et bénédictions d’Allah sur lui- effleurer le dessus de ses chaussons.» [ Rapporté par Abu Dawud et Darqutny ]. Sa chaîne de transmission est bonne et authentique. Ce qui est obligatoire dans l'effleurement est ce qui est nécessaire pour nommer le fait «un effleurement» dans le langage sans précision et rien n'est authentique à ce propos.

 

5 - La durée de l'effleurement

La durée de l'effleurement des chaussons pour le résident est un jour et une nuit, pour le voyageur, trois jours avec leurs nuits. Safwan bin Assâl a dit : « Le Prophète - salut et bénédictions d’Allah sur lui- a dit d'effleurer les chaussons que nous avons portés après s'être purifié, trois jours, si nous sommes en voyage, un jour et une nuit si nous sommes résidents et de ne les enlever que pour se purifier de l'état d'impureté majeur.» [ Rapporté par Chafi’y, Ahmad et Ibn Khuzayma ]. Tirmidhy et Nasa’y l'ont authentifié.

De même d'après Churayh ben Hani «J'ai interrogé Aïcha à propos de l'effleurement des chaussons, elle a répondu: «Pose cette question à Ali, il sait plus que moi en ce qui concerne ce sujet car il voyageait avec le Messager de Dieu - salut et bénédictions d’Allah sur lui- » alors j'ai interrogé Ali qui m'a dit : «Trois jours et trois nuits pour le voyageur et un jour et une nuit pour le résident.» [ Rapporté par Ahmad, Muslim, Tirmidhy, Nasâ’y, et Ibn Maja ]. Bayhaqy a dit: «Ce hadith est le plus authentique dans ce chapitre.».

Ce qui est admis, c'est que la durée commence du moment de l'effleurement, on a dit aussi du moment de l'annulation des ablutions une fois que les chaussons sont chaussés.

 

6 - Les caractéristiques de l'effleurement

Il est permis à celui qui a fait ses ablutions et porté les chaussons ou les chaussettes de les effleurer chaque fois qu'il veut refaire ses ablutions, au lieu de se laver les pieds, durant un jour et une nuit pour le résident et trois jours avec ses trois nuits pour le voyageur, sauf s'il commet le coït, il faut dans ce cas les enlever comme l'indique le hadith de Safwan déjà cité.

 

7 - Ce qui annule l'effleurement

L'effleurement sur les chaussons est annulé dans les cas suivants:

1 - La fin de la durée.
2 - L'état d'impureté majeur.

 

 

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