Question :

Je suis diabétique donc obligé de me donner une injection d’insuline 2 fois par jour. C’est pourquoi je ne jeûne pas. Mais je procède à un acte d’expiation consistant à donner en aumône l’équivalent du prix du repas que je consomme.
Est-il permis de transformer l’expiation en un don en espèce quand on sait que je suis un célibataire et que je mange au restaurant ? Est-il permis de faire bénéficier plusieurs pauvres à l’aumône en espèce étant donné que je ne trouve pas quelqu’un qui ait besoin d’un repas ?

 

Réponse :  Louange à Allah

Si vous êtes en mesure de jeûner, faites-le car c’est votre devoir. En effet, il ne vous est pas permis dans ce cas de ne pas observer le jeûne et de vous contenter de donner à manger (à un pauvre). L’injection en insuline ne remet pas en cause le jeûne. Vous pouvez donc en prendre votre dose tout en observant le jeûne. Il faut donc que vous rattrapiez les jours que vous n’avez pas jeûné. Se référer à la question [ci-dessous].

Si, en revanche, le jeûne vous porte préjudice, s’il vous est très pénible et si vous avez besoin de prendre des médicaments pendant le jour, il vous est permis alors de ne pas jeûner. Si, à l’avenir, vous n’êtes plus en mesure de jeûner, offrez pour chaque jour non jeûné un repas à un pauvre.

Il ne vous est pas permis d’en donner le prix en espèce. Car c’est de la nourriture qu’il faut offrir aux pauvres compte tenu de la parole du Très Haut :

{ Mais pour ceux qui ne pourraient le supporter qu' (avec grande difficulté), il y a une compensation: nourrir un pauvre. } [ Sourate 2 - Verset 184].

Vous devez chercher des pauvres à nourrir afin de vous acquitter de votre devoir ou alors donner procuration à quelqu’un pour qu’il achète de la nourriture à votre place et la faire parvenir aux pauvres. Allah le sait mieux.

 

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Question :

Depuis 14 mois je souffre d’un diabète du 2ème degré. C’est le diabète dit non insulino-dépendant. Je ne suis aucun traitement, mais je m’impose un régime alimentaire préventif soutenu par un peu d’exercices sportifs afin de maintenir le taux du sucre dans des limites convenables.
Au mois de Ramadan dernier, j’ai jeûné quelques jours mais je n’ai pas pu achever le jeûne à cause de la baisse du taux de sucre chez moi.
Maintenant, je me sens beaucoup mieux. Allah
soit loué. Cependant, j’éprouve des maux de tête en cas de jeûne. Dois-je continuer de jeûner sans tenir compte de ma maladie ? Puis-je tester le taux de sucre dans mon sang quand j’observe le jeûne (car l’on a besoin de prélever du sang du doigt) ?

 

Réponse :  Louange à Allah

Le malade est autorisé à ne pas observer le jeûne du mois de Ramadan si le jeûne lui est pénible ou lui porte préjudice et s’il a besoin de se soigner pendant la journée avec la prise de diverses sortes de comprimés et de sirops ou d’autres médicaments. A ce propos, le Très Haut dit :

{ Quiconque d' entre vous est malade ou en voyage, devra jeûner un nombre égal d' autres jours. } [ Sourate 2 - Verset 184 ]

Et le Prophète a dit : « Certes, Allah aime à ce que l’on emploie Ses dispenses comme Il désapprouve qu’on Lui désobéisse ».

Une autre version dit :  « Comme Il aime qu’on exécute Ses prescriptions obligatoires ».

 

Le prélèvement du sang des veines pour des analyses ou d’autres utilisations n’entraîne pas la rupture du jeûne selon l’avis juste. Mais si la quantité de sang doit être importante, il vaut mieux effectuer le prélèvement dans la nuit. Si on est obligé de le faire le jour, il est plus prudent de jeûner une journée de remplacement parce que la prise de sang s’assimile dans ce cas à la saignée (curative). »

Avis de Cheikh Ibn Baz  - extrait de Fatawa islamiyya, tome 2 p. 139

 

Le malade peut se retrouver dans plusieurs cas :

Le premier : est celui dans lequel le jeûne n’a aucune incidence sur sa santé. C’est le cas du rhume, d’une légère migraine, d’un mal de dent ou d’autres affections similaires. Dans ces cas, il ne lui est pas permis de rompre le jeûne. Cependant, certains ulémas soutiennent qu’il est permis de ne pas jeûner compte tenu du verset :

{ (Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d' entre vous est présent en ce mois, qu' il jeûne! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu' il jeûne un nombre égal d' autres jours. - Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d' Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants! } [ Sourate 2 - Verset 185 ].

Mais nous disons que cette disposition est liée à une cause, à savoir que l’inobservance du jeûne lui est plus facile. Dans ce cas, nous aussi nous disons qu’il vaut mieux pour lui de ne pas jeûner. Si toutefois le jeûne n’a aucune incidence négative sur sa santé, il ne lui est pas permis de ne pas l’observer, car c’est un devoir pour lui de le faire.

 

Le deuxième cas : est celui d’un malade qui a du mal à jeûner même si le jeûne ne lui porte aucun préjudice. Il est réprouvé pour celui-là de jeûner et on lui recommande de ne pas l’observer.

 

Le troisième cas  : est celui d’un malade qui a de la peine à jeûner et auquel le jeûne porte un préjudice réel. C’est le cas d’une personne qui souffre d’une atteinte des reins ou d’un diabète ou d’autres affections similaires et à laquelle le jeûne fait mal. Dans ce cas, le jeûne lui est interdit.

Ceci nous permet de connaître l’erreur commise par certains qui s’efforcent de jeûner (malgré un handicap) notamment les malades qui le trouvent pénible et auxquels ils portent préjudice et qui, malgré tout cela, refusent de cesser le jeûne. Nous disons à ceux-là qu’ils ont tort, dans la mesure où ils déclinent l’honneur qu’Allah le Puissant et Majestueux leur a réservé, la dispense qu’il leur a accordée, et font du tort à eux-mêmes. Or Allah , le Puissant et Majestueux a dit :  

{ Ne vous tuez pas }. [ Sourate 4 - Verset 29 ].

As-Sharh al-mumti’ par Cheikh Ibn Outhaymine, tome 6 p. 352-354.

 

 

 

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