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Quand faut-il commencer et terminer le jeûne ?

38) La personne qui a jeûné doit rompre le jeûne en fonction de la disparition totale du soleil de notre vision du ciel et non en fonction de la brume rougeoyante qui reste dans le ciel, car le Prophète nous dit :

« Quand la nuit est signalée à cet endroit et que la fin de la journée aussi, alors celui qui a jeûné doit rompre son jeûne »  [ Hadith rapporté par al-Bukhari, al-Fath, no.1954 ]

La sunnah veut que l’on se dépêche à l’heure du maghrib. Le Prophète ne faisait pas la prière du maghrib tant qu’il n’avait pas rompu son jeûne même avec quelques gorgées d’eau. [ Rapporté par al-Hakim, 1/432, al-Silsilat al-Sahhat, 2210.]

Si une personne n’a pas de quoi rompre le jeûne, il dit en avoir l’intention dans son coeur et il ne doit pas sucer son doigt comme la plupart des gens. Il doit bien faire attention à ne pas rompre le jeûne avant l’heure.

Si une personne n'est pas sûre quant au moment où il a rompu le jeune. En d'autres mots, s'il croit avoir rompu son jeûne avant l'heure, alors il doit rattrapé son jeûne car le fait est que le jour de jeûne n'est pas encore terminé et qu'on est tenu de le faire jusqu'au bout.  [ Fatawa al-lajanh al-Da’imah, 10/287.]

On doit faire attention à ne pas écouter des personnes qui ne sont pas dignes de confiance ou encore des enfants. On doit également être attentif quand on entend l'adhan dans des pays ou régions étrangères qui ne rompent pas le jeûne au même moment que chez lui.

39) Quand l'aube apparaît, on doit s'arrêter de manger et de boire immédiatement qu'on entende l'adhan ou pas. L'aube correspond à cette lumière qui traverse l'horizon à l'est. S'il sait que le muezzin fait l'adhan à l'aube, il faut s'arrêter de manger et de boire aussitôt qu'il entend l'adhan. En revanche, s'il sait que le muezzin fait l'adhan au fajr, alors il peut continuer à boire et à manger même s'il l'entend.

Si le jeûneur ne connaît pas les habitudes du muezzin et qu'il ne peut pas déterminer l'heure de l'aube lui-même, alors il doit bien faire en sorte de se servir des horaires prescrites si bien sûr il sait qu'il peut faire confiance aux estimations qui y sont faites.

Le fait de s'arrêter dix minutes avant le fajr tient de la l'innovation. En effet sur certains horaires, on voit l'indication "imsak" [l'heure à laquelle on doit arrêter de manger et de boire] , ici il y a quelque chose de contraire à l'esprit de l'islam.

40) Les gens qui vivent dans les grandes villes où il y a une grande différence entre le jour et la nuit doivent faire le jeûne et le rompre en fonction des horaires de l'endroit en question. Ceux pour qui la nuit est bien plus courte que le jour et même presque nulle, doivent rompre le jeûne en fonction de l'endroit le plus près où il y une différence entre le jour et la nuit.

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Des conditions qui rompent le jeûne  [ revenir en haut ]

41) Mises à part les menstruations (hayd) et les saignements post-natals (nifas), ce qui peut faire rompre le ramadhan ne peut être envisagé que selon ces 3 conditions :

  • La personne doit être consciente du fait qu'elle va rompre le jeûne
  • La personne doit être consciente de ce qu'elle fait et qu'elle n'a pas oublié qu'elle jeûnait.
  • La personne agit en fonction de sa volonté. En d'autres termes elle n'est pas forcée à le faire.

42) Parmi ce qui annule le jeûne, il y l'éjection de liquides physiques comme lors des rapports intimes, les menstrues et les choses qui impliquent de la matière qu'on insère comme de la boisson ou de la nourriture. [ Mamjou’ al-Fatawa, 25/148 ]

Parmi ce qui annule le jeûne, il y a le fait de prendre des médicaments et des comprimés oralement ou des piqûres qui contiennent des substances nutritives mais aussi des transfusions sanguines.

Les piqûres qui ne sont pas données en substitut de nourriture et de boisson comme la pénicilline et l'insuline ou encore des vaccins ne font pas rompre le jeûne ; et ceci sans prendre en compte qu'il s'agit d'injections intramusculaire ou intraveineuses. [ Fatawa Ibn Ibrahim 4/189.]

Mais si on doute il vaut mieux se faire ces injections durant la nuit.

La dialyse rénale d'où le sang est retiré, nettoyé et remis à sa place avec d'autres produits chimiques et des substances nutritives telles que le sucre et le sel est considérée comme quelque chose qui annule le jeûne. [ Fatawa al-Lajnah al-daimah, 10/190.]

Selon une approche très précise, les suppositoires, les gouttes pour les yeux et se faire enlever un dent ou encore se faire soigner des blessures n'annulent pas le jeûne. [ Majmou’ fatawa chaikh al-Islam, 25/233 ;25/245.]

Les inhalateurs pour asthmatiques ne font pas rompre le jeûne car il ne s'agit que d'un gaz comprimé qui va droit aux poumons. Ce n'est pas de la nourriture et ces bombes sont indispensables à n'importe quel moment de la journée même pendant le ramadhan.

Se faire une prise de sang n'annule pas le jeûne et c'est permis car c'est quelque chose de nécessaire. [ Fatwa al-Da-wah, Ibn Baz, no. 979.]

Les médicaments que l'on prend en gargarisant font pas rompre le jeûne tant qu'ils ne sont pas avalés. Si on se fait plomber une dent et qu'on sent le goût du plombage même dans sa gorge, le jeûne n'est pas annulé. [ D’après la fatwa oral de Cheikh ‘Abdel Aziz ibn Baz.]

Les éléments suivants ne font pas rompre le jeûne :

  • Avoir des gouttes pour les oreilles, ou pour le nez en évitant de les absorber jusqu'à la gorge.
  • Les comprimés qu'on met sous la langue pour traiter une angine ou d'autres maladies tant qu'on ne les avale pas.
  • Tout ce qu'on insère dans le vagin comme les doigts pour des raisons médicales.
  • On jeûne toujours si on insère dans l'utérus des produits ou des appareils pour analyser ce qu'il y a à l'intérieur.
  • On peut également prendre du siwak, se faire plomber les dents, se laver les dents si on n'avale rien du tout.
  • On peut également se rincer, se gargariser la gorge avec des médicaments tant qu'on n'avale pas les produits.
  • On peut se faire des injections intraveineuses, intramusculaires et sous-cutanées excepté s'il s'agit de substances nutritives.
  • On a aussi droit aux gaz anesthésiques tant qu'on ne donne pas au patient des solutions nourrissantes.
  • On peut aussi utiliser des médicaments qui sont absorbés par la peau comme la crème et les patchs à teneur chimique. On peut également scanner les organes tels que l'abdomen ou même pour faire des opérations.
  • On peut se faire prélever des bouts d'organes ou du foie tant que cette extraction n'est pas accompagnée de solutions nutritives.
  • On peut se faire introduire n'importe quel appareil médical dans la tête pour se faire ausculter le cerveau.

 

43) Quelqu'un qui mange ou boit durant le ramadhan sans aucune raison valable a commis le plus grand des pêchés (kabirah) et doit se repentir en essayant de le rattraper plus tard. S'il rompt le jeûne avec une substance alcoolique (ou encore autre chose qui est aussi illicite) ; il commet un pêché aussi grand que de ne pas l'avoir commis. Peu importe le cas de sa rupture, il doit se repentir sincèrement et faire des actes d'adoration. Dans ces cas-là, il ne faut surtout qu'il n'ait de manquement dans ses actes pieux obligatoires comme la prière. Il lui est également fortement recommandé de faire des nafila (actes surérogatoires).

44) « S'il oublie et donc mange ou boit, alors il vaut mieux qu'il termine le jeûne car Allah l'a nourri et lui a donné à manger. » [ Hadith rapporté par al-Bukhari, Fath, no. 1933.]

Selon un autre commentaire, il a été dit : « Il n'a pas à rompre le jeûne plus tard et tenter de se faire expier ses fautes (la kafarah) ». Si quelqu'un voit une autre personne boire ou manger car il a oublié qu'il jeûnait. Celui-ci doit le lui rappeler à cause du sens général du verset.

 

{ … Aidez-vous les uns aux autres dans un esprit bon et pieux… }
[ Sourate 5 - Verset 2 ]

Et le hadith :  « Si j'oublie, rappelle-le moi. »

Et à partir du principe selon lequel quand on fait quelque chose de mauvais (al mounkar) on doit faire en sorte de changer.  [ Majis chahr ramadhan, Ibn Othmayan, p.70 ]

45) Ceux qui doivent rompre le jeûne car ils doivent sauver la vie de quelqu'un en danger de mort. Cette possibilité n'est en vigueur que si quelqu'un se noie ou et qu'il y a le feu et qu'une ou des personnes risquent de brûler. Dans ces cas-là, on rattrape les jours où on a rompu le jeûne.

46) Si quelqu'un est obligé de faire le jeûne mais qu'il a des rapports sexuels durant un jour du mois du ramadhan de son plein gré - quand les organes sexuels entrent en contact et que le bout du pénis pénètre dans le vagin- son jeûne est rompu. Qu'il éjacule ou pas, il doit se repentir.

Il doit prolonger le jeûne, rattraper le jour de jeûne plus tard et faire preuve d'expiation.

« Un jour que nous étions assis en compagnie du Prophète , un homme s'approcha vers lui en courant et cria : "Ô messager d'Allah ! Je suis maudit !"
Le Prophète
lui demanda :  "Mais que t'arrive-t-il ?"  - Il répondit : "Alors que je jeûnais j'ai eu des rapports avec ma femme." C'est alors que le Prophète lui répondit : "As-tu un esclave que tu peux affranchir ?" - "Non", lui dit-il.
"Peux-tu jeûner pendant 2 mois consécutivement ?" "Non", lui répondit-il. "Peux-tu nourrir 60 pauvres ?"  "Non", lui dit-il. »  
[ Hadith rapporté par al-Bukhari, al-Fath, 4, n°1936.]

On retrouve les mêmes conditions pour le cas de la zina (adultère ou fornication), de l'homosexualité ou encore de la bestialité. Avoir des rapports par le coït, commettre l'adultère, être homosexuel sont des pêchés capitaux en Islam et sont des pêchés encore plus gaves quand ils sont commis pendant le ramadhan.

Si on a des rapports pendant un ou plusieurs du ramadhan ; on est tenu d'expiation et de rattraper les jours de jeûne. Le fait de prétendre ne pas le savoir n'est pas une excuse valable. [ Fatawa al-lajnah al-Da-imah, 10/321.]

47) Si un homme veut avoir des rapports avec sa femme mais qu'il mange en premier alors il a violé la pureté de ce mois deux fois, d'abord en mangeant et ensuite en ayant des rapports avec sa femme. Il doit se repentir sincèrement et faire acte d'expiation.

48) S'embrasser, s'étreindre, se toucher et se regarder à plusieurs reprises est permis quand on est avec sa femme si un homme est capable de se contrôler car il a été rapporté par 'Aicha dans Sahihan que le Prophète avait l'habitude de prendre dans ses bras ses femmes et de les embrasser tout en gardant le contrôle de lui-même.

D'ailleurs d'après le hadith qoudsi, quand quelqu'un se laisse vite emporter par ses désirs, il vaut mieux pour lui ne pas se laisser aller à ces actes car son jeûne serait annulé car il aurait éjaculé et aurait eu des rapports avec sa femme.

Allah dit à ce sujet : { Et il doit se préserver de ses désirs pour Moi .}

L'esprit en Islam est que lorsqu'une situation mène à l'illicite, celle-ci est totalement à bannir.

49) Si quelqu'un est engagé dans des actes sexuels avec sa femme et ce alors que l'aube ne va pas tarder à se lever, il doit cesser et son jeûne sera valable même s'il éjacule après son retrait. Mais dans le cas où il continue, son jeûne est annulé. Il doit donc se repentir et rattraper son jeûne plus tard et faire preuve d'expiation.

50) S'il fait jour, et que la personne est encore en état de janabah (l'impureté après l'acte sexuel) ceci n'affecte pas la valeur de son jeûne. Il peut retarder son nettoyage (ghusl) quand il s'agit de janabah, ou après les menstrues ou de saignements postnatals. Cela dit, il vaut mieux se hâter pour pouvoir faire sa prière.

51) Si quelqu'un qui jeûne fait un rêve où il exprime des fantasmes, cela ne fait pas rompre le jeûne conformément à la plupart des savants ( ijma' ). Donc il doit compléter son jeûne. Il faut bien évidemment se laver sans trop tarder car il faut prier.

52) Si on éjacule durant le ramadhan en regardant une femme plus d'une fois ou en la touchant alors qu'il aurait pu s'en empêcher, il doit continuer à faire le jeûne mais doit aussi rattraper on jour de ramadhan et se repentir auprès d'Allah.

Si quelqu'un commence à se masturber et s’arrête avant d’avoir éjaculé. Il doit se repentir et n’a pas cela dit à rattraper son jour de jeûne plus tard car il n’a pas éjaculé. Il faut s’éloigner de tout ce qui pourrait provoquer ses désirs et toutes mauvaises pensées.

Aussi, selon la majorité des savants, s’il émet un fluide de sa prostate, cela ne rompt pas le jeûne.

L’émission de wadi, à savoir le liquide qui coule après avoir uriné et qui apparaît sans aucune sensation de désir quelconque ne fait pas rompre le jeûne. On n’a pas besoin non plus de se laver. Cela dit il faut faire l’instinja (se nettoyer les parties intimes) et faire les petites ablutions ( woudou' ). [ Fatawa al-Lanja al-Da’imah, 10/279.]

53) « Quiconque ne vomit pas intentionnellement ne doit pas rattraper son jeûne plus tard mais celui qui vomit volontairement doit le rattraper »  [ Sahih hadith rapporté par al-Tirmidhi, 10/279.]

Quelqu’un qui se met le doigt dans la gorge, qui appuie sur son estomac ou encore qui sent délibérément une mauvaise odeur, ou encore regarde quelque chose dont la vue le fera vomir doit rattraper son jeûne plus tard. S’il sent qu’il est sur le point de vomir mais qu’il ne le fait pas alors son jeûne garde sa valeur. En revanche, si le vomis atteint sa bouche et qu’il le ravale, alors il doit rompre le jeûne tout simplement car ceci lui causera des douleurs.

Si quelqu’un crache quelque chose de sa bouche et que ce quelque chose est trop petit pour qu’il sache ce que sait, ceci est considéré comme faisant partie de sa salive, alors il ne doit pas rompre le jeûne. Par contre s’il avale ce petit bout ceci pourrait rompre le jeûne. Il est illicite de le mâcher surtout si cette substance a une odeur ou un goût.

Si quelqu’un souffre de saignements de nez alors son jeûne est encore valable car ce n’est pas quelque chose qu’il peut contrôler.

54) Utiliser le siwak fait partie de la sunnah même s’il jeûne.  [Fatawa al-Sa’diyah, 245.]

Cela dit, il doit éviter tout siwak qui peut être dilué dans la bouche, auquel cas il ne doit pas en avaler les petits morceaux. Il est évident que s’il s’avère qu’il en avale un ou deux morceaux involontairement, alors il n’aura pas rompu son jeûne.

55) Les choses qu’on ne peut pas éviter de sentir ne font pas rompre le jeûne. C’est le cas même s’il avale de la poussière. Même s’il salive et ensuite s’en débarrasse, il ne rompt pas son jeûne.  [ Al-Mughni d’ Ibn Qudamah, 3/10.]

Utiliser des substances avec de bonnes odeurs comme le parfum ou des senteurs agréables comme des crèmes parfumées ne nuit pas à la valeur du ramadhan. On peut d’ailleurs même utiliser du khol ou du henné ou encore de l’huile. On peut même inclure de produits pour se laver ou des crèmes pour adoucir sa peau. Il n’y pas de mal à sentir de bonnes odeurs comme l’encens, tant qu’on ne le renifle pas, ou se parfumer de crèmes adoucissantes. Par contre il faut éviter d’utiliser de la pâte à dentifrice car elle a une odeur trop forte et il serait préférable d’attendre la nuit. [ Al-Majalis, ibn Uthmayin , p.72.]

56) Il vaut mieux que la personne qui jeûne ne fasse pas une saignée ( hijamah ) même si cela ne le fait pas rompre son jeûne.

57) Fumer rompt le jeûne.

58) Se mettre dans de l’eau chaude ou s’envelopper dans des vêtements chauds ne fait pas rompre le jeûne. Il n’y pas de mal à se verser de l’eau tiède, par exemple sur la tête pour apaiser sa faim et sa soif. Par contre, il n’est pas recommandé de nager car cela pourrait rompre le jeûne.

59) Si une personne mange, boit ou a des rapports sexuels, en pensant qu'il fait encore nuit, puis se rend compte que l'aurore est déjà apparue, alors nul mal n'est commis, car le verset affirme clairement qu'il est permis de faire cela jusqu'à ce qu'on soit sûr que l'aurore se soit levée.

'Abd al-Razzaaq rapporte avec un isnaad sahih (chaîne authentique) remontant à Ibn 'Abbâs (qu'Allah soit satisfait de lui) qu'il a dit :

"Allah vous a permis de boire et manger tant qu'il vous reste un doute à l'esprit"  [ Fath al-Baari, 4/135 ; c'est aussi l'opinion de Shaykh al-Islam Ibn Taymiyyah, Majmoo' al-Fataawa, 29/263 ]

60) Si une personne brise son jeûne, en pensant que le soleil est déjà couché, alors qu'il ne l'est pas, il doit rattraper son jeûne plus tard (selon la majorité des savants), car l'argument est qu'il fait encore jour, et un fait certain ne peut être abandonné pour un fait douteux (Shaykh Ibn Taymiyah     pensait qu'il n'était pas nécessaire pour une personne dans cette situation de rattraper son jeûne). Si l'aurore apparaît et la personne a encore de la nourriture ou de la boisson en bouche, les juristes sont d'accord que si la personne recrache tout, son jeûne est valide. Ceci est la règle de celui qui boit ou mange car il oublie, puis se souvient qu'il est en jeûne : s'il se dépêche de cracher ce qu'il a dans sa bouche, son jeûne est encore valide.

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Des règles du jeûne pour les femmes [ revenir en haut ]

62) Une femme ayant atteint l'âge de la puberté, mais étant trop timide pour le dire, pour ne pas jeûner, doit se repentir et rattraper les jours qu'elle a ratés, et elle doit aussi nourrir un pauvre pour chaque jour, par acte d'expiation pour avoir ajourné son jeûne. Si le Ramadan suivant vient et qu'elle n'a toujours pas rattrapé ces jours, son cas est celui d'une femme qui a ses règles mais ne jeûne pas par timidité, et ne rattrape pas ses jours de retard.

Si une femme ne sait pas exactement combien de jours elle a raté, elle devrait jeûner jusqu'à la conviction intime d'avoir rattrapé les jours ratés et les jours qu'elle n'a pas rattrapé de ses mois de Ramadhan précédents, ainsi que les actes d'expiation pour chaque jour. Elle peut le faire en même temps que le jeûne ou séparément, cela dépend de ce qu'elle est capable de faire.

63) Une femme ne doit pas jeûner sans la permission de son mari, si celui-ci est présent excepté pendant le Ramadhan.

64) Quand une femme qui a ses règles, voit la substance blanche "qui coule par l'utérus quand ses règles sont finies" par laquelle une femme sait qu'elle est maintenant devenue taahir (pure), celle-ci doit avoir l'intention de jeûner depuis la veille et elle doit jeûner. Si elle n'a jamais eu un moment où elle s'est aperçue qu'elle est devenue taahir, elle doit insérer un bout de coton ou quelque chose de semblable et si le coton reste propre, elle doit jeûner, et si elle recommence à saigner, il faut qu'elle arrête de jeûner, que le sang soit une tâche ou un écoulement, car cela annule son jeûne aussi longtemps que les règles ne sont pas finies.  [ Fatwa al-Lajnah al-Daa'imah, 10/154.]

Si l'arrêt du sang continue jusqu'au Maghreb, et qu'elle a jeûné avec l'intention depuis la veille, alors son jeûne est valide. Si une femme ressent en elle le mouvement du sang menstruel, mais qu'aucun écoulement ne s'ensuit avant le coucher du soleil, son jeûne est valide et elle ne doit rien rattraper.

Si les règles ou le saignement post-natal d'une femme cesse pendant la nuit, et qu'elle fait l'intention de jeûner, mais que l'aurore arrive avant qu'elle n'ait pu faire son ghusl (grandes ablutions), alors d'après tous les savants sont jeûne est valide.  [ Al-Fath, 4/148.]

65) Si une femme sait que ses règles arriveront demain, elle doit garder son intention et continuer à jeûner ; elle ne doit pas rompre son jeûne jusqu'à ce qu'elle voit vraiment son sang.

66) Il est meilleur pour une femme ayant ses règles de rester naturelle et accepter ce qu'Allah lui a destiné pour elle en ne prenant pas de médicament pour empêcher le saignement.

Elle doit être satisfaite de ce qu'Allah accepte d'elle, qu'elle ne jeûne pas pendant ses règles et qu'elle rattrape ces jours plus tard. Voilà comment étaient les Mères des Croyants et les femmes des pieux prédécesseurs.  [ Fatawa al-Lajnah al-Daa'imah, 10/151.]

En outre, il existe des preuves médicales qui montrent que beaucoup de substances utilisées pour empêcher le saignement sont néfastes, et de nombreuses femmes ont souffert de règles irrégulières après les avoir prises. Toutefois, si une femme le fait et prend quelque chose pour arrêter le saignement, puis jeûne, alors c'est valable.

67) Istihaadah (saignement vaginal non menstruel) n'a aucune conséquence sur la validité de son jeûne.

68) Si une femme enceinte a une fausse couche et que le foetus est formé ou a une silhouette reconnaissable d'une quelconque partie de son corps, comme la main ou la tête, alors le sang est nifaas ; si, toutefois, elle ne reconnaît qu'une masse de sang ( 'alaaq ) ... ou un embryon sans forme humaine, alors son saignement est istihaadah et elle doit jeûner, autrement, elle peut rompre son jeûne, puis le rattraper plus tard. [ Fatawa al-Lajnah al-Daa'imah, 10/224.]

Après le nettoyage de l'utérus, elle doit jeûner. Les savants ont affirmé que l'embryon est supposé prendre forme après 80 jours de grossesse.

Si une femme devient pure du nifaas avant 40 jours, elle doit jeûner et faire le ghousl [ grande ablution ] afin de prier.  [ Al-Mughni ma'a al-Sharh al-Kabeer, 1/360.]

Si le saignement recommence dans les quarante jours après la naissance, elle doit arrêter de jeûner, car c'est encore du nifaas. Si le saignement continue après le quarantième jour, elle doit avoir l'intention de jeûner et faire le ghousl (selon la majorité des savants), et tout saignement au-delà du quarantième jour est considéré comme de l'istihaadah (saignement non-menstruel) – sauf si cela coïncide avec sa période de règles habituelle, et, dans ce cas, il s'agit de sang menstruel.

Si une femme qui allaite jeûne pendant le jour et voit une tâche de sang pendant la nuit, et qu'elle est restée propre pendant le jour, son jeûne est toujours valide. [ Fataawa al-Lajnah al-Daa'imah, 10/150 ]

69) Selon l'opinion la plus correcte, une femme enceinte ou qui allaite est considérée comme "le malade", c'est-à-dire qu'il lui est permis de ne pas jeûner, et elle doit seulement rattraper ses jours manqués, si elle craint pour elle-même ou pour son enfant.

Le Prophète a dit :

"Allah a levé l'obligation de jeûner et une partie de la prière sur le voyageur, et Il a levé l'obligation du jeûne pour la femme enceinte et les femmes qui allaitent."  [ Rapporté par al-Tirmidhi, 3/85.]

70) Dans le cas d'une femme qui est obligée de jeûner, si son mari a des rapports sexuels avec elle pendant la journée de Ramadhan et qu'elle est d'accord, alors la règle qui s'applique à son mari s'applique de même à elle. Si, toutefois, il la force, et qu'elle fait de son mieux pour lui résister, alors elle n'a pas à offrir de compensation.

Ibn 'Aqeel     a dit : " Dans le cas d'un homme qui a des rapports avec sa femme pendant une journée de Ramadhan pendant qu'elle dort, elle n'a pas à offrir d'expiation." Mais, par principe de précaution, elle doit rattraper ce jour plus tard. (Shaykh Ibn Taymiyah était d'opinion que le jeûne de la femme n'est pas du tout invalidé).

Une femme qui sait que son mari ne peut se contrôler doit rester loin de lui et ne pas s'embellir pendant la journée de Ramadhan.

Les femmes doivent rattraper les jours de jeûne qu'elles ont ratés pendant le Ramadhan, même à l'insu de leurs maris. Il n'est pas nécessaire pour une femme d'avoir la permission de son mari. Si une femme commence un jeûne obligatoire, il ne lui est pas permis de l'interrompre sans une raison légitime. Son mari n'est pas autorisé à lui demander de rompre son jeûne quand il s'agit de rattraper un jour qu'elle a raté. Il ne lui est pas permis d'avoir des rapports intimes avec elle quand elle rattrape un jour de jeûne, et elle n'est pas autorisée à lui obéir dans ce sens. [Fataawa al-Lajnah al-Daa'imah, 10/353.]

Dans le cas de jeûnes volontaires (surérogatoires), une femme n'est pas autorisée à commencer un jeûne libre sans la permission de son mari quand celui-ci est présent  sur la base du hadith rapporté par Abu Hurayrah (qu'Allah soit satisfait de lui), selon qui le Prophète  a dit :

"Aucune femme ne peut jeûner quand son mari est présent sans sa permission"  [ Rapporté par al-Bukhaari, 4793.]

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En conclusion, voici tout ce que j'ai pu écrire sur le sujet concernant le jeûne.

Je prie Allah de nous aider à se rappeler de Lui, à l'adorer correctement,
et à terminer notre Ramadhan avec Son pardon, et nous sauver du Feu.

Qu'Allah bénisse notre Prophète Mohammad, sa famille et ses compagnons et leur assure Son salut.

 

Cheikh Mouhammed Saleh el Mounajeed

 

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