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Je commencerai cette conférence par
une petite introduction, ensuite je parlerai
de textes rapportés du Prophète à propos des chants et de la musique,
des instruments de musique. Troisièmement,
je parlerai des réponses données
par certains savants qui ont autorisé
l’utilisation des instruments de musique et
quatrièmement, je parlerai de certains
méfaits de la musique.
Plusieurs passages dans le Coran parlent
des sens que Allâh nous a accordés,
que ce soit la vue, l’ouïe et les cœurs
qui sont un moyen de réflexion comme
le dit le Coran, c’est le centre de la réflexion
et du raisonnement.
Allâh dit :
« Dis : "C'est Lui qui vous a
créés et vous a donné l'ouïe,
les yeux et les cœurs". Mais vous êtes
rarement reconnaissants ! » [Sourate
67 - Verset 23]
Le Prophète nous appelle, nous
ordonne de protéger ces bienfaits et
je cite en particulier l’ouïe (sama’) et
même quand le Prophète dans
un hadith authentique a dit que chaque être
humain prend sa part de « zina »,
de fornication, même s’il n’arrive pas
jusqu’à commettre l’acte, il peut faire
les premiers pas par le regard illicite qui
est un moyen qui mène vers l’adultère
et la fornication.
Même les deux oreilles commettent la
fornication en écoutant des choses qui
mènent à la fornication, des mauvaises
choses, des paroles illicites. Les mains, les
pieds, commettent leur part de fornication comme
dit le Prophète .
Alors le musulman doit, pour être reconnaissant
envers son Seigneur, utiliser ces sens, ces
facultés que lui a données Allâh
dans le bien et pour le bien,
dans le halal et pour le halal. Et quand on
dit qu’il faut les utiliser dans le bien, le
bien peut être interprété
différemment selon chaque personne. Mais nous, nous devons prendre une référence
; pour nous, c’est La Révélation,
c’est elle qui décide de ce qui est le
bien et de ce qui est le mal.
Donc le premier pas, c’est d’être reconnaissant
envers Allâh qui nous a donné
l’ouïe pour écouter les bonnes choses
et s’écarter des mauvaises.
Allâh dit dans un autre
Verset que tu seras interrogé sur l’ouïe,
la vue, le cœur, toutes ces facultés,
le Jour du Jugement. Ne crois jamais que le péché,
c’est seulement quand tu commets un vol ou quand quelqu’un
commet du « shirk » ou quand il
tue quelqu’un. Certainement ce sont des péchés
à des degrés différents
mais même ce que tu écoutes peut
être un péché et, comme
le dit Allâh , que ce soit
l’ouïe, la vue, le cœur, tu seras interrogé
sur ces bienfaits.
Le Coran, parlant des croyants dans la sourate
al-Mou’minoune, dit :

« Bienheureux sont certes les croyants,
ceux qui sont humbles dans leur Salât,
qui se détournent des futilités» [Sourate
23 - Versets 1/2/3]
Ils s’écartent des paroles insensées,
ils évitent « al-laghou »,
écouter n’importe quoi ne les intéresse
pas, même si ces paroles sont des paroles
halal. Le vrai croyant n’aime pas écouter
des paroles halal qui n’ont pas de sens, qui
ne servent à rien, qui sont inutiles.
C’est une qualité de mou’minoune (croyants)
qui
ont réussi comme le dit al qur’an al
karim.
Dans la sourate al-Anfal, Allâh
décrit les croyants :
« Les vrais croyants sont ceux dont
les cœurs frémissent quand on mentionne
Allah. Et quand Ses versets leur sont récités,
cela fait augmenter leur foi. Et ils placent
leur confiance en leur Seigneur. » [Sourate
8 - Verset
2]
Le Prophète un jour demanda
à un homme qui avait une belle voix de
lui réciter quelques Versets du Coran.
Il ne lui a pas demandé «
Tu n’as pas le dernier album que
l’on ne trouve pas !!! Fais-moi écouter
juste deux minutes, comme ça je serai
le premier à avoir l’honneur d’avoir
écouté ces chansons qui viennent
à peine de paraître sur le marché
! Ma sha’a allâh ! Il y a des musulmans
qui sont fiers : « Moi j’ai les dernières
chansons de un tel et toi tu ne les as pas !
Moi, je les ai commandées à Taiwan.
» !
Comme le dit Ibnu Taymiyya,
,
dans un long passage à propos de ceux
qui écoutent les chansons, les vrais
croyants à partir du temps du Prophète ont toujours écouté al qur’an
al karîm. C’est la parole d’Allâh
qui les intéresse, qui
leur donne guérison, qui leur apporte
la foi. Ceux sont les «
alliés
d’Allâh », les croyants. Ce qu’ils
aiment écouter, c’est al qur’an al Karim
et nous allons voir ce que ça fait la
musique.
Le Prophète dit à un
Compagnon : « Lis, fais-moi écouter
quelques Versets du Coran ». Le Compagnon
dit au Prophète : « Ô
Prophète, c’est à toi que je ferai
écouter des Versets du Coran alors que
le Coran descend sur toi ? » Le Prophète répondit
: « J’aime moi aussi écouter le
Coran de la bouche de quelqu’un d’autre. »
Le Prophète
qui reçoit le Coran
d’Allâh , qui reçoit
la Révélation, le Prophète
à qui a parlé Allâh ,
le Prophète qui a été jusqu’au-dessus
du 7ème ciel pour parler avec Allâh
lors du Voyage Nocturne, dit qu’il
aime écouter le Coran, la parole d’Allâh
.
A ce propos, d’un côté, on a
la parole du Coran qui est la parole de la Vérité
et de l’autre côté, on a la parole
de shaytan comme il est cité dans l’exégèse
de beaucoup des grands savants de tafsir qui
ont expliqué le Coran. Dans le Verset
qui se trouve dans la sourate 17, Allâh dit en s’adressant
à Shaytan :
«Excite, par ta voix, ceux d'entre
eux que tu pourras, rassemble contre eux ta
cavalerie et ton infanterie, associe-toi à
eux dans leur biens et leurs enfants et fais-leur
des promesses". Or, le Diable ne leur fait
des promesses qu'en tromperie. » [Sourate
17 - Verset
64]
Les ulamas ont dit à propos de ce
Verset que la « voix » de shaytan
signifie le chant, « al-ghina’ »,
et c’est aussi la parole de l’Imam Ibnu sharir
at-tabari, , que l’on appelle
Cheikh al mufassirine, c’est le Professeur des
Savants de l’exégèse du Coran.
Ibnu kathir
dit la même chose de ce
Verset.
Le croyant doit écouter ce qui est
bon, doit prendre beaucoup de temps pour écouter
la parole de Allâh car aujourd’hui,
beaucoup de musulmans ont fait une coupure avec
le Coran. Soyons objectifs, honnêtes et justes,
mes frères.
Si on fait un sondage et
que l’on demande aux frères qui passent
beaucoup de temps à écouter la
musique, aux frères et sœurs qui aiment
la musique, à ceux qui chantent, combien
connaissent-ils du Coran al Karim, vous serez
étonnés.
Si vous leur demandez quel est leur lien
avec la maison d’Allâh , avec la mosquée,
avec les dourous (les cours), vous allez voir
que beaucoup d’entre eux ne vont pas dans les
mosquées. Ne faites pas une comparaison
avec certains frères qui peut-être
écoutent la musique mais viennent à
la mosquée, au centre pour les cours
etc.
On ne parle pas de certains, on parle de
la règle générale, de ceux
qui écoutent la musique. S’il y a des
exceptions, il reste quand même 96%, 98%
de musulmans qui, à cause de la musique,
parmi d’autres causes, s’éloignent d’Allâh .
Il faut se mettre d’accord tous et toutes
sur des principes. Si on n’a pas ces principes,
on ne peut pas comprendre les hadiths du Prophète , ni les avis des ulamas qui disent que
le fait d’écouter la musique est haram.
On ne peut pas comprendre cela. Parce que
la première chose que l’on va te dire
si l’on ne se met pas d’accord sur ces principes
sur lesquels tous les musulmans doivent se mettre
d’accord, lorsque tu diras que les instruments
de musique c’est haram (excepté le tambourin
comme on le verra après) et bien on te
dira que « non mon frère, ça
dépend des ulamas, c’est interdit d’après
certains savants mais c’est autorisé
chez d’autres comme un tel et un tel et un tel…
».
Ca, c’est la première réponse,
comme on dit c’est l’échappatoire, c’est
de se dire qu’il y a divergence et comme il
y a divergence, tu peux choisir ton avis et
moi je peux choisir le mien et tu ne dois pas
me faire de critiques.
Et bien, il y a des principes sur lesquels
nous devons nous mettre d’accord.
Le premier principe est que comme le musulman
atteste qu’il n’y a point de divinité
qu’Allâh, qu’il ne doit adorer que Allâh
et que Muhammad est Son
messager, il ne doit suivre que Muhammad.
Tu ne dois adorer Allâh
que par la
religion, qu’à travers la religion apportée
par le Prophète .

Il n’est pas permis au musulman d’adorer
Allâh par une autre voie
apportée par quelqu’un autre que le Prophète
. Que ce soit un savant, un grand Imam,
personne n’est infaillible ; donc, nous devons
suivre le prophète Muhammad .
Allâh dit dans le coran
que lorsqu’il y a une divergence entre les musulmans,
il ne s’agit pas de choisir son propre avis
ou celui qui t’arrange, parce que tu aimes la
musique, parce que quand tu l’écoutes,
tu planes au septième ciel. Tu dis alors
: " Pour moi, l’avis de tel savant c’est
bon, ma sha’a allâh, il est très
très fort". Pourquoi ? Parce qu’il
autorise la guitare électrique !!!
Allâh dit :
« … Puis, si vous vous disputez en
quoi que ce soit, renvoyez-le à Allah
et au Messager… » [
Sourate 4 - Verset 59]
Le Coran et la Sunnah du Prophète
Muhammad ...
La divergence… on cherche chez les savants
des avis appuyés par le Coran, la Sunnah
ou bien d’autres sources de la législation
islamique qui se basent sur le Coran et la Sunnah
à savoir par exemple, le consensus, l’unanimité
des savants. Donc si on a un problème,
une question sur laquelle il y a divergence,
on doit aller chercher en premier lieu ce que
dit le Coran et la Sunnah du Prophète.
Ensuite, quand on a la réponse, un
texte du Coran, du Prophète , quelle
est l’attitude correcte, obligatoire du musulman
qu’il doit adopter vis-à-vis de ce texte
du Prophète ?
Cette attitude est citée dans le Coran
:
1) Juger entre nous d’après le Coran
et la Sunnah. Cela est la première attitude
du musulman.
2) N’éprouver, après avoir
entendu la réponse venant du Coran ou
un hadith du Prophète , nulle angoisse
pour ce que tu as décidé, même
dans ton cœur tu ne dois éprouver de
mécontentement quant à cette décision.
Allâh jure par Lui-même dans
le Coran en disant qu' ils ne peuvent être
croyants qu’après avoir jugé d’après
le Prophète .
3) Se soumettre complètement à
la sentence du Prophète .
Celle-là est l’attitude qu’il faut
avoir lorsque l’on est devant un texte authentique
du Prophète .
Ce qui est plus facile pour certains lorsqu’ils
ont un texte authentique du Prophète , c’est de commencer à chercher
dans les livres d’histoire, de philosophie et
là ils trouvent un avis, un seul sur
14 siècles, un avis perdu, dans un livre
perdu, dans un pays perdu, on rentre la main
jusqu’au fond du sac, on sort cet avis sur lequel
il y a deux tonnes de poussière et là
on dit : « Attention, non ce n’est pas
haram, il y a divergence entre les savants.
Moi j’ai trouvé un avis d’un savant inconnu
qui dit que c’est halal. Donc moi je suis libre
de choisir ce que je veux s’il y a divergence
des ulamas. »
Ca, c’est « al hawa »
(les
passions), tout cela pour fuir le texte, pour
échapper au texte du Prophète
. Tu essaies de trouver par tous les moyens
comment chercher un argument, n’importe lequel
pour arriver à dire qu’il y a divergence
entre les ulamas.
Allâh dit avant la mort du Prophète
lors du pèlerinage d’adieu :

« Aujourd'hui, J'ai parachevé
pour vous votre religion, et accompli sur vous
Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme
religion pour vous. » [
Sourate 5 - Verset 3]
Donc la religion était complète
avant la mort du Prophète . Pour
le haram et le halal, il y a des textes explicites
ou bien des textes qui sont des règles
pour interdire le haram jusqu’au Jour du Jugement.
4) Se rappeler le hadith authentique du Prophète dans lequel il dit : « J’ai laissé
pour vous deux choses. Si vous tenez fermement
à ces deux choses, vous ne serez jamais
égarés : Le Livre d’Allâh
et ma Sounnah. Ils ne vont jamais se séparer
jusqu’au Jour de la Résurrection »
En plus de cette sounnah, je vous rappelle
un morceau du texte du Prophète
qui rajoute que la voie qui mène vers
la vérité et vers le Paradis c’est
celle du Prophète et celle de ses
Compagnons qui sont la meilleure génération
jusqu’au Jour du Jugement, les plus aptes à
comprendre la Révélation, eux
qui avaient comme professeur le Prophète.
Retenez ce point car nous allons voir comment
de grands Compagnons du Prophète
ont compris les textes du Coran qui parlent
de la musique.
5) Chaque savant a ses erreurs. Il n’y a
pour les musulmans sunnites aucune personne
infaillible à part le Prophète
. Après lui, tout le monde
a ses défauts et ses erreurs. Donc chaque
savant, qu’il soit cheikh ibnu Taymiyya, le grand Imam Malik, ash-shafi’i,
Abu Hanifa, Ahmad, Ibn ul-Qayyim, Ibnu Kathir,
Adh-dhahabî, An-nawawî,
, chaque savant
de l’islam a ses erreurs. Alors si cette chose
est évidente, je la rappelle quand même
pour vous dire que l’on ne peut pas suivre un
savant aveuglément sans avoir des preuves
à l’appui et des arguments forts.
On ne peut pas suivre un savant comme ça,
juste parce que c’est un savant. Allâh nous a ordonné de suivre
le Coran et la Sounnah. Et Allâh dans
le Coran nous a ordonné de demander aux
savants :
« Demandez donc aux gens du rappel
si vous ne savez pas. » [
Sourate 16 - Verset 43 ]
Si vous ne savez pas, demandez aux hommes
de science. On leur demande et ils nous donnent
la réponse qui est appuyée par
des preuves du Coran et de la Sounnah. Mais
si jamais le savant nous apporte un avis qui
n’est pas appuyé par les textes ou s’il
nous apporte un avis appuyé par des textes
faibles, qui ne sont pas authentiques, ou bien
s’il n’apporte aucun texte du tout, simplement
c’est son avis à lui.
Il te dit par exemple : « Pour moi,
il n’y a aucun problème à écouter
de la musique en dessous de 110 Décibels.
Si le bruit fait moins de 110 décibels,
c’est halal mais si c’est plus et que ça
dérange les voisins, c’est haram. »
Est-ce que cela est un avis acceptable par
l’islam ? Est-ce que cela est un argument, une
preuve que l’on peut accepter ? Ou bien il te dit : « Pour moi la musique
qui est douce comme la 9ème symphonie
de Beethoven, c’est halal, mais s’il s’agit
du rap alors c’est pas halal. »
Je rappelle dans cette introduction que je
ne citerai pas de noms de personnes qui ont
autorisé la musique et j’espère ne pas le
faire sauf là où c’est nécessaire. Et si je cite certains noms, ce n’est pas
pour attaquer la personne elle-même mais
c’est pour parler de ce qui est dit dans cette
introduction, à savoir comment les musulmans
doivent réfléchir.
On a des principes sur lesquels nous devons
nous appuyer, c’est d’aller faire appel au Coran
et la Sounnah et de se soumettre à la
Loi d’Allâh et d’éviter de
suivre les erreurs et les défauts des
ulamas. Et le fait que le savant commette des
erreurs est quelque chose de tout à fait
normal et cela ne diminue pas de sa valeur ni
de son savoir, du moment qu’il a les compétences
et les outils de l’ijtihad. Mais s’il commet des erreurs, on doit dire
que ce sont des erreurs et nous devons les éviter.
On ne peut pas suivre un savant dans ce qu’il
fait comme erreur, dans ce qui est tout à
fait opposé aux textes du Prophète
.
Comment peut-on accepter l’avis d’un savant
musulman qui a vécu au 4ème ou
au 5ème siècle ou bien au 21ème
siècle et laisser les avis des sahabas
à propos du même sujet ? Qui a
le plus de science ? Les Compagnons ou bien
les autres ? Qui a le plus de piété,
de foi ? Les Compagnons .
Qui connaît plus
la langue arabe ? Les Compagnons
qui étaient
des arabes de souche. Donc s’il s’agit de choisir
entre les avis, loin des textes, soubhan allâh,
je préfère choisir un sahaba mille
fois plutôt que quelqu’un d’autre.
Donc, évitez de suivre les ulamas
dans leurs erreurs.
6) Ne pas suivre les facilités instituées
par les savants s’il n’y a pas de textes à
l’appui. Vous devez éviter cette manière
de penser. Cela est très fréquent
aujourd’hui car il y a beaucoup d’ignorance
entre les musulmans, beaucoup de passions, trop
de gens à gauche et à droite qui
parlent au nom de l’islam en disant ce qu’ils
veulent et donc beaucoup de choses qui ne sont
pas claires chez les musulmans.
On dit par exemple que les ulamas, al-hamdulillâh,
ce sont des savants musulmans, ils ont divergé
à propos d’un sujet ; si tu demandes
à quelqu’un « Est-ce que c’est
permis d’écouter la musique ? »,
il te répond que "oui, c’est permis parce
qu’un tel savant a dit que c’est halal."
Retenez : la musique est halal selon cette
première réponse.
Deuxièmement, quelqu’un d’autre te
demande s’il peut acheter un maison à
Bruxelles avec des intérêts. Tu
réponds « C’est halal parce que
un tel a dit que c’est halal ». Mais celui
qui a dit que la musique est halal, ce n’est
pas le même savant que celui qui a parlé
pour les prêts à intérêt.
Ca fait déjà deux !
Un autre vient te voir et demande s’il est
permis pour la femme musulmane de retirer son
hijab pour faire un stage. Tu lui réponds
que "oui, il n’y a pas de doute" et tu lui cites
un troisième nom de savant qui a permis
cela.
Ensuite on pose la question de savoir si
on peut prendre des intérêts sur
l’argent que l’on a à la banque. Et on
te répond d’après l’avis d’un
autre savant : " oui ".
Alors on prend l’avis pour la musique d’un
tel, pour « riba » (intérêts) d’un tel, pour
le hijab d’un tel, et alors il te donne une
liste qui ressemble à quoi ? Elle ressemble
à un être humain qui n’est pas
un être humain. Un être humain qui
a la tête d’un tel, le pied d’un tel,
le nez d’un troisième, l’œil droit d’un
quatrième, l’œil gauche d’un cinquième,
un œil bleu, un autre brun, des cheveux noirs,
… c’est ce que ça donne ce genre de méthode
de raisonnement.
C’est aller chercher dans les avis des ulémas
ce qui t’arrange et, chez chaque savant, tu
choisis ce qui t’arrange. Tu te retrouves alors
avec une créature bizarre, avec une religion
bizarre, qui en tous les cas ne s’appelle pas
l’islam ; elle est bizarre.
Tu dis que l’islam est basé sur la
facilité. Oui, mais quelle facilité
? La facilité qu'Allâh
a déclaré facile comme le
fait de manger pendant le voyage pendant le
mois de Ramadhane, ou bien si tu es malade,
ou si tu n’as pas d’eau tu fais tayyamoum… Ca,
ce sont les facilités instituées
par l’islam, ce ne sont pas les facilités
que moi je crois être des facilités,
sans textes à l’appui. Il se passe que
l’on suit les passions.
Soubhan allâh, ils disent que tel savant
autorise l’achat de maisons avec intérêts
en Occident mais le même savant , et je
l’ai entendu de mes propres oreilles, lorsque
on lui a demandé si les musulmans devaient
quitter les pays non musulmans si jamais leurs
enfants ne pratiquent pas l’Islam, a dit à
la lettre : « Tout musulman qui a des
enfants pour qui il craint qu’ils ne pratiqueront
pas leur religion dans ce pays, tout père
et mère qui ont des enfants qui ne pratiquent
pas, qui sont égarés, doivent
quitter le pays aujourd’hui et ne pas attendre
jusqu’à demain. »
C’est la même personne qui a dit cela.
Qui parle de cette fatwa ? Personne. Tu n’entendras
jamais quelqu’un qui te dira qu’il a dit ça.
Pour cette deuxième question, on ne parle
pas.
Ceci pour te montrer que ce n’est pas parce
que c’est un tel qui l’a dit mais parce que
ça nous arrange, alors on le prend. Alors
évitez de choisir un peu à gauche
et à droite dans les sacs des savants
ce qui vous arrange.
Les anciens savants disaient : « Celui
qui suit ces avis marginaux des ulamas (il va
chez chaque alim pour choisir un avis ou plus
qui est marginal), il regroupe chez lui toutes
sortes de mal qui existent sur terre. »
Parce que chaque savant a des erreurs et des
choses qui sont marginales dans ses avis. Alors
quand toi tu les prends, tu deviens quelqu’un
de marginal islamiquement, dans ce que tu penses.
Je termine cette introduction avec cette
parole d’un Compagnon du Prophète :
Lors de la première génération,
des musulmans venaient dire à Ibn al-Abbas
qu’ils avaient entamé une discussion
sur le pèlerinage : « Peut-on faire
le pèlerinage et oumra ensemble ou pas
? Le Prophète les a faits ensemble.
On peut les faire séparément mais
pendant la saison du pèlerinage, ce que
beaucoup de musulmans font aujourd’hui.
Ils discutaient de cette parole et Omar ibn
ul-Khattab était d’un avis contraire
et incitait les musulmans à ne pas faire
la oumra et le hajj pendant la même saison
car il préférait que la maison
sacrée soit remplie de gens toute l’année.
Ibn al- Abbas disait aux musulmans de faire
les deux pendant la saison du pèlerinage
comme le Prophète
et certains lui
disaient que Omar ibn ul-Khattab conseillait
le contraire.
Il leur répétait
que le Prophète faisait les deux et eux
répétaient que Omar disait de
ne pas faire comme cela. Alors, Ibn al- Abbas
s’est énervé et a dit : «
Allâhu akbar! Je vous dis que le Prophète
Muhammad a dit ceci et cela et vous me
dites que Omar et Abu Bakr ont dit ceci et cela
! Vous vous opposez à la parole du Prophète par la parole de Omar et Abu Bakr ? Je
crains qu’Allâh ne vous
lance des pierres du ciel. »
Cela pour leur montrer que, quand il y a
la parole du Prophète , il n’y a
pas à chercher ailleurs.
Je passe maintenant au sujet à proprement
parler de la musique et je parlerai des instruments
de musique et également des chants. Quelle est la différence entre jouer
d’un instrument de musique et consommer ce
que l’on appelle les bêtes mortes ?
En général, consommer ce que
l’on appelle les bêtes mortes est interdit.
Mais le Prophète nous a fait exception
pour deux types de bêtes mortes : les
poissons et les sauterelles.
Pour les instruments de musique, il en est
de même. La règle générale
dit que tout instrument de musique est interdit
«
haram ».
Cette règle est tirée d’un
hadith du Prophète dans le sahih
al-Boukhari et dont
la chaîne de transmission est
continue et va de Al-Boukhari jusqu’au Prophète .
Les savants qui ont autorisé les instruments
de musique, parmi les choses sur lesquelles
ils se sont basés, c’est la critique
de ce hadith.
Ce premier
hadith dit :
« Il y aura des gens
de ma communauté qui déclareront
licite l’adultère, le port de la soie
pour les hommes, la consommation du vin et les
instruments de musique »
Retenez le pluriel : les instruments de musique.
Le Prophète dit qu’il viendra
des musulmans qui déclareront licite
(cela veut dire que ces choses
- là sont
illicites) l’adultère, le port de la
soie pour les hommes, la consommation du vin
et les instruments de musique, tous, sans exception.
La critique qu’ils ont portée à
ce hadith, c’est de dire qu’il y a une coupure
entre Al-Boukhari et Hicham ibnu Amar car il
se peut que Al-Boukhari n’ait pas entendu le
hadith directement de Hicham car Al-Boukhari
n’a pas dit que « Hicham m’a dit »
mais « Hicham a dit ». Donc s’il
y a coupure, le hadith est faible et ils l’ont
mis à l’écart. C’est Ibnu Hazm
qui a vécu au 5ème
siècle de l’Hégire qui a critiqué
ce hadith et a dit qu’il était faible
alors qu’il se trouve dans le sahih Al-Boukhari.
Voici la réponse des ulamas :
1) Hicham ibnu Amar est un des professeurs
de l’Imam Al-Boukhari .
2) Même si Al-Boukhari n’a pas entendu
ce hadith de Hicham directement, ce hadith est
rapporté par d’autres savants que Al-Boukhari
et qui l’ont écouté directement
de Hicham ibnu Amar. On le trouve entre autre
dans le livre « Sounnan Abi Daoud »
3) Le même hadith est rapporté
par d’autres chaînes de transmission authentiques
que celle que j’ai citée. L’Imam Ibnu-l-qayyim, , dit en réponse à
Ibnu Hazm : « Ibnu Hazm, en critiquant
ce hadith, n’a fait que renforcer son «
batil » (le mensonge). Il a critiqué
en voulant chercher à appuyer son mensonge
; pour autoriser les instruments de musique,
il a prétendu que le hadith dans Al-Boukhari
est coupé entre Hicham ibnu Amar et Al-Boukhari.
Cette critique est tout à fait mensongère.
D’une part parce que Hicham ibnu Amar est le
professeur de Al-Boukhari et d’autre part parce
que Al-Boukhari a mis comme condition avant
d’écrire son livre de n’y mettre que
les hadiths authentiques.
La deuxième critique que Ibnu Hazm
a fait à ce hadith : à la fin
de la chaîne de transmission, il est dit
que le hadith est rapporté par un sahabi,
soit Abû Amir, soit Abû Malik al-ashari
.
Donc si on ne sait pas s’il s’agit de Abû
Amir ou Abou Malik, le hadith est à rejeter.
Soubhan Allâh ! Un sahabi ne peut pas
mentir et puisque c’est un Compagnon cela ne
change rien que ce soit Abou Malik ou Abou Amir.
C’est une règle chez les savants musulmans
que les Compagnons sont tous « udul »,
honorables, on ne vérifie pas au niveau
du Compagnon. Les savants qui ont déclaré
ce hadith sahih sont entre autres : Al-Boukhari,
ibnu Hidam, al-Isma’ilî, ibnu Salah,
An-nawawî, ibnu Taymiyya, ibn ul-Qayyim,
ibnu Kathir, al-Hafiz ibnu hajar, al
Imam Sakhawî,... Parmi les contemporains
: Ibnu Baz, Al-albanî, Al-otheïmine
.
Deuxième hadith qui interdit les instruments
de musique :
Le Prophète a dit que Allâh
, vers la fin des temps, transformera
ces gens qui ont autorisé , l’adultère,
la soie, le vin et les instruments de musique,
en singes et en porcs.Ce hadith se trouve dans le sahih al-Boukhari
(n°1888 du sommaire en français).
Anas ibnu Malik
dit que le Prophète a dit : « Deux voix sont maudites
dans cette vie et dans l’Au-delà : un
instrument de musique dans les moments de joie
ou bien un cri poussé dans les moments
de malheur. »
Ce qui est bizarre, c’est que ibnu Hazm, , dit que l’on ne sait pas
qui a rapporté ce hadith. Les savants
lui ont répondu que ce hadith est rapporté
dans beaucoup de livres de la sounnah du Prophète , par plusieurs Imams, d’après plusieurs
savants et même deux Compagnons : Anas
et Aberrahman ibn Awf.
Les savants ont ajouté : « Cette
parole de ibnu Hazm, on la comprend. Il a commis
beaucoup d’erreurs quand il a parlé de
transmetteurs de hadith. Il a dit de At-tirmidhi
que c’était un homme inconnu ainsi que
d’autres. Soubhan Allâh !
Troisième hadith (sahih) qui interdit
les instruments de musique :
D’après Ibn al-Abbas, le Prophète
a dit : « Allâh
m’a interdit
la consommation d’alcool, les jeux de hasard
et al-kouba (instrument de musique qui ressemble
à un tambour). »
Quatrième hadith (sahih) qui interdit
les instruments de musique :
D’après Abdillâh ibnu Amar
,
le Prophète a dit : « Allâh a interdit la consommation du
vin, les jeux de hasard, al-kouba et al-khoubeira
(une sorte de boisson fermentée)
»
Un savant rapporte une parole de l’Imam Ahmad
qui a dit : « Je n’aime pas le tambour
car le tambour est ce que l’on appelle «
al-kouba » et « al-kouba »
est interdit par le Prophète .
Le cinquième hadith que je rapporte
c’est celui de Imran ibnu Hussein :
le Prophète a dit : «
Dans ma communauté il y aura des gens
qui seront engloutis dans la terre, ils seront
lancés du ciel, ils seront métamorphosés.
Donc, le hadith du Prophète
dit qu' il viendra un temps où ils seront
châtiés à cause de ce qu’ils
boivent comme alcool et ce qu’ils font comme
grands péchés à savoir
l’utilisation d’instruments de musique.
Passons maintenant à la parole des
Compagnons et à celle des grands
savants de l’Islam en plus de ceux que j’ai
cités, ibnu Taymiyya, ibnu l-Qayyim,
al-boukhari… .
Dans le Verset 6 de la Sourate Luqman, Allâh
dit :
« Et, parmi les hommes, il est [quelqu'un]
qui, dénué de science, achète
de plaisants discours pour égarer hors
du chemin de Dieu et pour le prendre en raillerie.
Ceux-là subiront un châtiment avilissant.
» [
Sourate 31 - Verset 6 ]
Que sont ces plaisants discours ?
Ibn al-abbas , un des plus grands savants
musulmans dans l’explication du Coran parce
que le Prophète lui a fait une
invocation, dit que ce verset fut révélé
pour parler d’al-ghina (chanter). Cette parole
est rapportée par al-boukhari
et le texte
est authentique.
On a demandé à Ibnu Mas’oud
, c’est lui qui a répandu la science
du fiqh et du hadith en Iraq et c’est de lui
qu’a pris Abou Hanifa
une grande partie du fiqh,
la signification de ce verset et il a dit :
« Je jure par Allâh
qu’il s’agit de « al-ghina » et
il a juré cela trois fois.
Ikrima, élève de ibn al-abbas
a été interrogé sur le
même verset et il a répondu également
que c’était les chansons.
Moujahid, un autre élève de
Ibn al-abbas dit la même chose.
On rapporte de Hassan al-baçri, ,
il a répondu que c’était les chants
et les instruments de musique, ce sont les moyens
qui égarent les gens.
Ibnu Mas’oud
disait : « Les chansons
font pousser l’hypocrisie dans les cœurs»
et d’autres savants disaient que les chansons
faisaient pousser l’hypocrisie dans le cœur
comme l’eau faisait pousser les plantes.
Fin de la première conférence.
La musique,
instrument du Diable ?
- Par le conférencier Abou Abdilah Adil - Rappel
retranscrit par l'équipe Sajidine à la demande de nos frères et soeurs
malentendants

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