Mon ami me dit :

Vous parlez de la conscience avec une telle vénération qu’elle semble être pour vous une absolu, alors qu’elle est en fait un produit de la société, une monnaie ! Rien de plus ! Qui a été frappée et fondue dans le fourneau des relations sociales.

Pour nous, la conscience est quelque chose de fluctuant. Ses jugements et ses préceptes varient au gré des intérêts en cours. D’une valeur qui est utile, nous disons qu’elle est un « bien » ; alors que nous appelons « mal » toute valeur qui cause préjudice, s’agirait-il même de cette intégrité à laquelle vous tenez comme à la prunelle de vos yeux !

 

Je répondis :

- Oui… Si j’ai bien entendu, c’est là le point de vue d’une philosophie matérialiste. La conscience aurait pour rôle d’imposer des restrictions et des limites. Elle serait née des contraintes sociales. Elle serait le fruit d’une expérience qui diffère selon les personnes, les époques et les pays. C’est ce que vous dites.

Mais la vérité est autre, car la conscience est une lumière déposée par Dieu dans notre nature. Elle est un indicateur, un guide, une boussole que nous possédons dès notre naissance et qui conduit vers la vérité. L’acquis social n’a d’autre rôle que celui de nettoyer et polir le verre de cette boussole. Nous possédons un certain nombre d’arguments pour appuyer nos dires et réduire à néant les vôtres.

Considère le monde animal où n’existe aucune vie en société ! Regarde le chat par exemple ! Lorsqu’il a fait ses besoins, il se retourne pour recouvrir de terre ses excréments. Le chat vit-il en société pour avoir appris à se plier à une telle exigence ?  Et comment a-t-il appris à faire la distinction entre la saleté et la propreté ?

Lorsqu’il dérobe un poisson et que tu l’attrapes pour le frapper sur la tête, tu le vois baisser le nez, tout honteux. Il est clair qu’il ressent sa culpabilité. Lorsqu’il joue avec les enfants dans la maison et qu’au cours du jeu, il casse un vase, que se passe-t-il ? Il se met à courir avec frayeur pour aller se cacher sous les chaises. Il sait très bien qu’il a commis une faute.

Tous ces comportements sont des traits révélateurs d’une conscience. Or, il n’existe pas, dans le royaume des chats, de motifs expliquant la naissance d’une telle sensibilité…  Sans compter qu’au point de départ, nous ne voyons pas de vie en société parmi les chats.

D’autres exemples existent :

• Les traditions de fidélité au couple parmi les pigeons ;

• La noblesse du cheval dans l’attachement à son maître, jusqu’à sa mort ;

• L’orgueil du lion qui ne condescend pas à attaquer par derrière ;

• La pudeur du chameau qui interrompt son accouplement avec sa femelle lorsqu’il remarque qu’on l’observe.

On se souvient aussi du grave accident que tous les spectateurs ont pu voir au cirque al-Hélou au Caire, lorsqu’un lion sauta par derrière sur le dompteur et qu’il lui planta ses griffes dans les épaules, le blessant à mort.

Les responsables du cirque nous racontent les suites de l’accident : le lion refusa toute nourriture et il se confina dans sa cage, sans la quitter un instant. On le transporta ensuite jusqu’au jardin zoologique où on lui présenta une lionne pour se distraire ; mais il la frappa et la rejeta. Il demeura ainsi, refusant de manger, jusqu’au jour où, avec rage, il déchiqueta sa patte criminelle, provoquant une hémorragie dont il creva. Un animal qui se suicide de remords en repensant au crime qu’il avait commis ! ….

De quelle société dans le monde des fauves, le lion a-t-il pris ces habitudes ? Dans la société des fauves, le meurtre d’un homme est-il un crime qui appelle au suicide ?

Nous sommes ici en présence d’une noblesse, d’une éthique et d’une conscience que nous ne rencontrons pas chez certains humains.

Ici la représentation et l’interprétation matérialistes de la réalité échouent complètement. Ce qu’affirme la religion est la seule explication de ce que nous constatons : la conscience morale est une lumière déposée par Dieu dans notre nature. Toute la fonction de l’acquis social est de nettoyer la rouille de l’âme pour que transparaisse cette lumière divine.

C’est ce qui s’est produit entre le lion et son dompteur…l’amour et l’intimité des rapports ont affiné le psychisme de l’animal, ranimant en lui la flamme de la pitié…et voici que le lion, sous le coup de la tristesse et du remords, se suicide comme le feraient des humains.

« Le permis et le défendu sont manifestes » ;
« consulte ton cœur, même si l’on t’a donné une sentence légale ! » a dit notre Prophète.

 

Nous n’avons pas besoin d’un savoir érudit pour distinguer une bonne action d’une mauvaise action, la vérité de l’erreur, le défendu du permis, car Dieu a déposé cette « faculté » dans le cœur de chacun d’entre nous. Il nous a fait d’un don d’un critère infaillible. Il nous est demandé uniquement de libérer notre cœur de la matière qui l’enveloppe et des passions qui l’obscurcissent. Nous pourrons alors percevoir, regarder, connaître et discerner, sans que ce soit nécessaire l’aiguillon de « l’expérience sociale ». Il suffit de la lumière divine qui a pour nom la conscience.

{ O vous qui croyez ! Si vous craignez Dieu, Il vous accordera la possibilité de distinguer le bien du mal. }
[ Sourate 8 – Verset 29 ]

A l’instar de la réalité de la conscience, les valeurs morales fondamentales sont immuables. Tuer un innocent ne deviendra jamais une vertu. De même, le vol, le mensonge, l’offense faite à autrui, la fornication, la débauche, l’indécence, la grossièreté, la cruauté, l’hypocrisie et la traîtrise, tous ces défauts moraux resteront des défauts, jusqu’à la fin des temps.

Par contre, l’amour, la miséricorde, la sincérité, la douceur, le pardon et la bonté resteront toujours des vertus, et ces vertus ne deviendront jamais des crimes …

 

 

Cliquez ici pour revenir à l'accueil

Cliquez ici pour fermer la fenêtre