La Foi profonde est un vivier inépuisable d'activité ininterrompue, d'enthousiasme effréné et d'aptitude à endurer les difficultés et à faire face aux dangers, ou plutôt c'est un propulseur qui pousse à rencontrer la mort sans crainte, quand ce n'est pas la rencontre d'un amoureux passionné !

Telle est la nature de la Foi, lorsqu'elle s'affirme et s'enracine, elle confère à son auteur une force qui imprègne tout son comportement. Quand il parle, il est sûr de ce qu'il dit; quand il travaille, il est ferme dans son action et quand il opte pour une direction, il est clair dans le but qu'il se fixe. Comme il est apaisé par l'idée qui occupe sa pensée et par le sentiment qui remplit son coeur, l'hésitation peut difficilement l'effleurer et les dures tempêtes parviennent rarement à l'ébranler dans sa position. Il n'a aucune peine à dire autour de lui  :

{ Agissez selon vos habitudes, moi, j'agis différemment. Vous saurez bientôt qui sera atteint par un châtiment ignominieux et sur qui s'abattra un châtiment sans fin } [Sourate 39   : versets 39/40 ].

 

Ce ton doublé d'un défi, cet esprit indépendant dans l'action et cette confiance dans ce qui est estimé être la vérité sont autant de facteurs qui font de l'homme de Foi un homme de principes dans la vie. Il fréquente les gens avec son propre discernement  : s'il voit qu'ils sont sur la bonne voie, il coopère avec eux et s'il trouve qu'ils sont des pécheurs, il s'en éloigne et ne s'inspire que de sa conscience.

L'Envoyé d'Allah  a dit  :

"Aucun de vous ne doit être stupide en se disant  : je suis avec les gens, s'ils font le bien je fais le bien de mon côté, et s'ils font du mal je fais du mal moi aussi. Apprenez à vous fixer  : si les hommes font le bien, faites de même et s'ils font du mal, évitez leurs méfaits" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

 

C'est l'homme faible qui est asservi par les coutumes dominantes, dont les actes sont commandés par des habitudes largement suivies, même s'il ne s'agit, que d'aberrations qui n'apportent qu'ennuis dans cette vie et dans la Vie future.

Or, les gens ont institué dans les moments de leurs réjouissances ou de leurs malheurs bien des innovations blâmables et ont tenu conventionnellement à s'y attacher plus qu'aux réalités de la Foi elle-même.

Mais le croyant véritable n'accorde aucun intérêt à ce qui n'a pas de fondement certain dans la Religion d'Allah . Evidemment il va rencontrer, en raison de son audace face aux coutumes et aux habitudes, gêne et contrainte. Toutefois, il ne doit craindre, pour Allah , le reproche de quiconque. Il doit poursuivre son but sans se préoccuper de la dureté des critiques et des invectives blessantes.

 

Bien sûr ce qui est vain peut se répandre pendant un moment avant que les hommes forts se révoltent contre lui et le destituent. De même, ses adeptes même s'ils sont nombreux à un moment donné, finiront pas perdre la partie. En effet, combien d'hommes, qui étaient hier des adversaires déclarés au nom d'une erreur qui les a possédés, sont devenus aujourd'hui des partisans de ceux contre lesquels ils luttaient, adhérant à leurs idées et soutenant leurs choix.

 

Ibn Abbâs- qu'Allah soit satisfait de lui - rapporte que   : " L'Envoyé d'Allah  a dit  :

Celui qui encourt la colère d'Allah en donnant satisfaction aux gens, Allah abat sur lui Son courroux et rend irrité contre lui ceux même auxquels il a donné satisfaction en encourant la colère divine. Et celui qui satisfait Allah en s'exposant à la colère des gens, Allah l'agrée et rend satisfaits de lui ceux qu'il a irrités, en recherchant l'agrément divin en embellissant ses actes et ses paroles à leurs yeux" [ Rapporté par At- Tabarânî].

 

     Donc le musulman doit s'en tenir fermement à ce qu'il croit avec certitude et négliger les mépris et les moqueries qu'il rencontre en ne se singularisant pas par rapport aux coutumes des ignorants et en se choisissant une voie par laquelle il cherche la rétribution d'Allah - qu'Il soit exalté et magnifié. Et si la croyance en des illusions peut séduire quelques-uns et les inciter à se railler et à se moquer des autres, il faut savoir que la Foi de l'Islam implique que ses adeptes doivent être forts et inébranlables.

{ Quand ils te voient, ils ne font que se moquer de toi  : Est-ce là celui qu'Allah a envoyé comme Prophète ? Il nous aurait égarés loin de nos divinités si nous ne nous étions pas attachés à elles avec constance. Cependant, ils sauront bientôt, en voyant le châtiment, qui est le plus égaré hors du chemin droit } [ Sourate 25   : versets 41/42].

 

Certes le fidèle musulman doit être conscient de la force de la certitude dans sa personne et de la beauté de la Foi dans son âme. S'il ne peut pas imposer cela autour de lui, il reste néanmoins comme une montagne élevée, qui n'a pas été emporté par les flots de l'ignorance régnant ni brisé par ses vagues déferlantes. D'ailleurs, que peuvent les gens devant un individu fier de sa Foi et se sentant fort en raison de son lien avec Allahet de sa rectitude dans sa Foi ? Même s'ils s'acharnent tous sur lui, ils ne peuvent l'atteindre ni partiellement ni totalement.

 

Ibn Abbâsrapporte ceci  :

" Dans ma prime enfance j'étais un jour monté avec L'Envoyé d'Allah. Il m'a dit  :

"Mon garçon, garde ce qu'Allah te recommande, Il te gardera et tu Le trouveras toujours devant toi. Fais-toi connaître à Lui dans les moments d'aisance, Il te reconnaîtra dans l'adversité, si tu dois adresser une demande, adresse-toi à Allah, si tu dois implorer de l'aide, demande-la à Allah. Sache-le : combien même la communauté toute entière s'unirait pour t'être d'une aide quelconque, elle ne pourrait le faire que dans la mesure où Allah l'aurait décidé en ta faveur. S'unirait-elle pour te faire du mal, elle ne le ferait que dans la mesure où Allah l'aurait décidé contre toi. Voilà tout".

 

En vérité, la vertu de la force s'appuie dans l'âme du fidèle musulman sur le dogme de l'Unicité (Tawhîd) qui l'amène, comme toutes les autres vertus, à refuser les humiliations sur terre. Ceci parce qu'il est élevé par son attachement au ciel et parce qu'il peut, dans le cadre de sa Foi, former à lui seul une communauté se remémorant la Parole d'Allah - qu'Il soit exalté et magnifié  :

{ Dis  : Prendrai-je pour Seigneur un autre qu'Allah, le Créateur des cieux et de la terre; alors qu'Il nourrit les êtres et qu'Il n'a pas besoin qu'on Le nourrisse ? Dis  : Oui, j'ai reçu l'ordre d'être le premier à me soumettre. Ne soyez pas au nombre des polythéistes } [ Sourate 6   : verset 14 ].

 

Parmi les vertus de la force qu'exige de toi l'Islam il y a ceci : tu dois avoir une résolution ferme, déterminée à atteindre ton but par les moyens sûrs qui t'en rapprochent, déployant tous tes efforts pour arriver à ce que tu veux en empêchant la "chance" d'intervenir dans ta démarche et en ne laissant pas les destinées entreprendre pour toi ce que tu n'as pu réaliser. Car il y a des gens qui font de leur recours à Allah un voile qui cache leur défiance flagrante et leur insuffisance édifiante. Or, de tels procédés détournés sont abhorrés par l'Islam.

Awf Ibn Malîk rapporte ceci :

" L'Envoyé d'Allah ayant tranché un différend entre deux hommes, celui qui a eu tort a dit   : Allah me suffit et Il est le Meilleur garant ! L'Envoyé d'Allaha dit alors :

"Allah reproche l'incurie. Aussi, attache-toi au bon sens et à la raison et ce n'est que lorsque tu es dépassé par une chose que tu peux dire  : Allah me suffit et Il est le Meilleur garant !" [ Rapporté par Abû Dâwud ].

C'est-à-dire que l'individu est tenu de mobiliser toute son énergie pour maîtriser ses problèmes et en venir à bout. S'il parvient à les résoudre et à les aplanir, il aura accompli son devoir. S'il est dépassé par ses problèmes, malgré l'énergie qu'il a déployée, son abandon à Allah serait alors un refuge où s'abriter contre l'adversité. Mais il reste fort dans les deux cas  : d'abord par son action et ensuite par son abandon dans la confiance en Allah.

 

L'Islam déteste que l'on soit hésitant dans les affaires : tu es indécis dans le choix de ce qui est meilleur et approprié, et les soucis se mélangent dans ta tête et créent devant toi une atmosphère de suspicion et de mauvais pressentiments; ne sachant que faire, tu flanches, tu n'arrives plus à tenir fermement ce qui t'est utile et tu le perds irrémédiablement. Evidemment, un tel trouble ne convient pas au musulman.

 

L'Envoyé d'Allah a dit  :

" Le croyant fort est meilleur et plus agréable à Allah que le croyant faible. Dans chaque bien, attache-toi à ce qui y est utile pour toi, implore l'aide d'Allah et ne flanche pas. Si une chose t'atteint ne dis pas  : si j'avais fait ceci ou cela ... mais dis plutôt   : Allah l'a décrété et Allah fais ce qu'Il veut. Car le " si" (hypothétique) ouvre le chemin à l'action de Satan" [ Rapporté par Muslim ].

Or, le propre de l'action de Satan, c'est d'accompagner le passé avec les lamentations et les gémissements. L'action de Satan, c'est aussi les désespoirs et les regrets pour le passé qu'il insuffle à l'âme humaine. C'est pourquoi l'homme ne doit regarder le passé que tant qu'il est utile pour son présent et son avenir. Quant à s'arrêter aux défaites d'hier, à ruminer les tristesses qu'elles occasionnent, à s'y attacher et à répéter sans cesse "si", tout cela n'a rien à voir avec le bon caractère du musulman, c'est même considéré par le Coran comme une caractéristique des regrets et des ressentiments qui sont dans les coeurs des mécréants  :

{ Ô vous qui croyez ! Ne soyez pas semblables aux incrédules ! Ils ont dit de leurs frères qui parcourraient la terre ou qui combattaient  : ils ne seraient pas morts, ils n'auraient pas été tués, s’ils étaient restés avec nous. qu'Allah en fasse un sujet d'angoisse dans leurs coeurs ! Allah fait vivre et Il fait mourir. Allah voit parfaitement ce que vous faites } [ Sourate 3   : verset 156 ].

Il est dit également dans le hadîth   :

"Celui qui veut être le plus fort des hommes doit s'en remettre à Allah".

Or, le tawakkul (le fait de s'en remettre à Allah) qui renforce l'homme est une sorte de confiance en Allahqui ranime l'homme dans ses moments les plus critiques, quand il se retourne et ne voit aucune aide ou aucun espoir autour de lui.

Ainsi, celui qui combat avec des moyens limités un ennemi redoutable et fort, sent, en s'en remettant à Allah, qu'il s'adosse à un pilier solide; il puise dans ce tawakkul une fermeté dans la résistance et ne cesse de lutter jusqu'à l'apparition des signes de la victoire au milieu d'une atmosphère aussi hostile.

Car Allah a indiqué que ce tawakkul était la nourriture de la longue lutte que les prophètes et leurs adeptes avaient engagée contre les iniquités des despotes et l'injustice des tyrans  :

{ Pourquoi ne placerions-nous pas notre confiance en Allah alors qu'Il nous a dirigés sur nos chemins? Nous sommes patients dans les peines que vous nous infligez. Ceux qui ont confiance en Allah s'en remettent entièrement à Lui } [ Sourate 14   : verset 12].

 

Or, les despotes et leurs partisans appelaient de la tromperie cette attitude qu'avaient les croyants de s'accrocher à ce qu'ils possédaient, d'être optimistes pour l'avenir et d'être sereins et convaincus que leur faiblesse présente se transformera demain en une force victorieuse  :

{ Les hypocrites et ceux dont les coeurs sont malades disaient  : Voilà ceux qui se sont trompés dans leur religion! Mais Allah est puissant et juste pour celui qui se remet à Lui }. [ Sourate 8   : verset 49].

 

Donc le vrai tawakkul est le compagnon inséparable de l'effort épuisant et de la volonté inébranlable. Ce n'est que dans les époques de décadence de la civilisation islamique que le tawakkul a été dissocié de ces sens en devenant pour ceux qui le pratiquaient un simple jeu divertissant.

Le musulman devient fort en s'éloignant de la vie de débauche et de dépravation et en prenant goût au sens de l'honnêteté et de la rectitude. Car, l'homme sans conscience morale et sans grandeur d'âme ne possède aucune force en lui-même s'il se déguise sous la peau de bêtes féroces ou marche dans les cortèges des rois.

Ainsi, Allah a donné des conseils au peuple du Prophète Hûd en lui indiquant les moyens d'avoir la vraie force; il faut savoir que les gens de ce peuple étaient des géants très puissants   :

{ Demandez pardon à votre Seigneur, puis revenez vers Lui. Il enverra du ciel, sur vous, une pluie abondante et Il ajoutera une force à votre force. Ne vous détournez pas de Lui en devenant coupables } [ Sourate 11 : verset 52 ].

 

Voulant faire aimer les actes d'obéissance aux gens, les séduire pour les accomplir et leur expliquer la grandeur de l'homme quand il fait le bien, triomphe de Satan et aspire vers le Plérome céleste, l'Envoyé d'Allah leur a cité la parabole suivante dans son hadîth   :

"Quand Allah créa la terre elle se mit à vaciller et à bouger. Il la fixa par les montagnes et elle se stabilisa. Les anges furent alors étonnés de la puissance des montagnes. Ils dirent  : ô notre Seigneur as-tu créé une chose plus solide que les montagnes ? Il leur dit  : oui, c'est le fer. Ils dirent  : as-tu créé une créature plus solide que le fer ? Il leur dit   : oui, le feu. Ils dirent  : as-tu créé une créature plus solide que le feu ? Il leur dit  : oui, l'eau. Ils dirent  : as-tu créé une créature plus solide que l'eau. Il leur dit  : oui, le vent. Ils dirent  : as-tu créé une créature plus solide que le vent ? Il leur dit  : oui, le fils d'Adam, quand il fait l'aumône avec sa main droite, il le cache à sa main gauche" [ Rapporté par At-Tirmidhî ].

 

     L'homme, cet être extraordinaire, est considéré comme le maître de tous les éléments du Cosmos. Il peut se mesurer aux plus durs de ces éléments et les surpasser quand il est vertueux, mais il lui arrive aussi d'être maudit sur terre et dans le ciel et de peser moins qu'un atome et moins que la poussière, lorsqu'il est vil.

 

Ainsi la parabole de ce hadîth n'est qu'une valorisation de la valeur de l'homme bon et une description de sa fermeté et de son élévation quand il se surpasse en faisant le bien. Un des éléments de la force du fidèle musulman c'est aussi d'être franc, d'aborder les gens avec un coeur ouvert et des principes partagés par tout le monde. Plutôt que de tricher avec la vérité pour sauvegarder sa dignité et celle de ses partisans, il tire sa force de la force du dogme qu'il représente et pour lequel il vit sans jamais se démarquer de cette franchise dans tout ce qu'il entreprend.

 

     A l'époque de l'Envoyé d'Allahil y avait eu une éclipse de soleil le jour de la mort de son fils Ibrâhîm. Les gens se mirent à dire  : il y a eu une éclipse de soleil pour la mort d'Ibrâhîm ! L'Envoyé d'Allah se leva et s'adressa aux gens. Il leur a dit  :

"Le soleil et la lune ne s'éclipsent pour la mort ou la vie de quiconque. Ce sont deux signes parmi les signes qu'Allah fait voir à Ses serviteurs. Aussi, lorsque vous assisterez à cela hâtez-vous en faisant la prière" [ Rapporté par Al-Bukhârî ].

 

Ainsi, la personne qui vit dans la vérité ne s'adonne pas au commerce des mystifications. Il n'en a pas besoin. Sa franchise est le signe d'une grande richesse faite d'honneur qui met son auteur à l'abri de l'imposture et de l'exploitation, et assoit son comportement sur les piliers solides de la vertu et de la perfection.

 

Or, la règle de la recommandation du bien et de l'interdiction du mal prend son origine dans cette élévation de l'âme car elle consiste à faire preuve de franchise à l'égard des gens sincères pour leurs écarts, afin de les effacer et de rétablir le bien et le bon sens à la place de leurs manquements.

 

Nous avons, du reste, expliqué dans nos précédents ouvrages les finalités sociales et politiques que l'Islam attache à la règle de recommander le bien et d'interdire le mal. Ce que nous voulons souligner ici, c'est que le musulman doit avoir un esprit critique contre les défauts qui se propagent, et être audacieux dans cette campagne ne craignant aucun grand, ne ménageant aucun proche et ne cédant pour Allah à aucun reproche.

 

En effet, l'Islam déteste que l'homme faiblisse devant les pécheurs qui font partie des grands hommes et de s'adresser à eux avec prévenance. L'Envoyé d'Allaha dit  :

"Lorsqu'un homme appelle un hypocrite par  : ô maître! il provoque le courroux de son Seigneur" [Rapporté par Al-Hâkim ].

C'est un crime grave pour l'individu de violer des choses sacrées et d'entendre les prévenances plutôt que le mépris de la part d'autrui  :

{ Il n'y a personne pour honorer celui qu'Allah humilie. Allah fait ce qu'Il veut } [Sourate 22   : verset 18 ].

 

Il y a dans l'interdiction de la médisance par l'Islam une préservation de la virilité du musulman et une sauvegarde de l'élément force en lui. Car nul doute que la personne qui complote pour donner libre cours à sa rancune dans le secret en dénonçant les défauts cachés ou notoires d'autrui est une vile personne.

 

Quant à l'homme qui sent en lui la force de satisfaire les exigences de la vérité, il peut faire face à qui il veut comme il veut, sans se dissimuler pour donner des coups bas.

 

Mais cela ne veut pas dire répondre par le mal à ceux auxquels nous ne voulons pas du bien. Au contraire, si nous sommes en face d'un défaut présent chez un individu, nous devons envisager l'une des alternatives suivantes   :

- si ce défaut est une malformation dans son corps ou une infériorité dans sa position, ce serait de l'impudence que d'en faire état et de la dénoncer en sa présence ou en son absence.

- s'il s'agit d'un péché contracté passagèrement et d'un trébuchement dont il peut se relever, il serait vil de le dénoncer et d'en faire un scandale au sein des gens.

- s'il s'agit de l'acte d'un pécheur invétéré et d'un libertin audacieux, on doit lui répondre par une parole de vérité qui résonne dans ses oreilles sans ménagement.

Mais, pour que cette parole de vérité soit pure, il faut qu'elle se détache de tout sentiment de revanche et de nuisance et qu'elle soit mue uniquement par le pur désir de changer un méfait et de réformer l'individu et le groupe.

 

Or, il n'en serait pas ainsi pour celui qui mentionne un pécheur avec malveillance auprès de ses ennemis, afin de gagner leurs coeurs, manger à leur table ou faire semblant de se décharger des mauvaises qualités qui lui sont attribuées.

 

L'Envoyé d'Allah a dit   :

"Celui qui gagne un repas en se servant d'un homme musulman, Allah lui fera goûter un repas semblable de l'Enfer. Celui qui reçoit un vêtement en se servant d'un homme musulman, Allah le vêtira d'un habit semblable de l'Enfer. Celui qui occupe une position fondée sur l'hypocrisie en se servant d'un homme musulman, Allah le placera dans une position d'hypocrisie au Jour de la Résurrection" [ Rapporté par Abû Dâwud ].

Ainsi la médisance est le propre des faibles  : "Toute médisance est un vain effort pour celui qui n'en fait pas".

 

L'Islam n'aime pas ceux qui vivent comme des résidus dans la vie  : dominés par un tempérament de flatteurs, ils se précipitent volontiers sur les biens d'autrui et aiment être dans cette vie comme le chacal qui se nourrit des restes des lions.

 

Le musulman est trop grand pour lier son sort de cette vile manière. Il doit s'éloigner des lieux d'abaissement et se lancer partout sur la terre à la recherche de la dignité et de la grandeur.

 

En effet, en mentionnant les gens du Paradis et leurs qualités ainsi que les gens de l'Enfer et leurs particularités, L'Envoyé d'Allaha énuméré la force, la dignité et la noblesse chez les premiers, et a associé aux seconds les vices de l'abaissement, du vol, de l'impuissance et de la tromperie d'autrui en disant   :

"Les gens du Paradis sont de 3 sortes  : un homme de pouvoir, équitable, pratiquant l'aumône et fortuné, un homme miséricordieux au coeur attentif pour les proches et les musulmans, un homme probe et intègre qui a de la famille. Quant aux gens de l'Enfer, ils sont  : le traître à qui n'échappe aucune convoitise, quelle que soit sa subtilité, sans qu'elle serve sa trahison, un homme qui ne cesse matin et soir de t'abuser au sujet de ta famille et de tes biens... Ensuite il a parlé de l'avarice, du mensonge, de l'homme obscène et immoral en ajoutant  : Allah m'a révélé ceci   : Soyez modestes pour qu'aucun n'use de sa fierté contre un autre et qu'aucun n'agresse un autre" [ Rapporté par Muslim ].

 

Il y a cependant des choses qui assaillent le musulman lequel fléchit alors sous leur poids, et il lui arrive de se mépriser lui-même tant que ces choses l'accompagnent   : ainsi la misère psychologique et le dédain social peuvent peser sur l'homme au point de le paralyser dans son action et de le rendre mauvais dans ses pensées, trop pessimiste et improductif. Or, le devoir du musulman, c'est de déployer toute son énergie pour se débarrasser de ces tristes chaînes et de se soustraire à leur contrainte.

 

D'ailleurs le Prophète avait pour habitude de rechercher refuge auprès de son Seigneur contre ces terribles malheurs en disant :

"Ô mon Dieu ! Je cherche refuge auprès de Toi contre les soucis, et la tristesse, je cherche refuge auprès de Toi contre l'impuissance et la paresse, je cherche refuge auprès de Toi contre la lâcheté et l'avarice et je cherche refuge auprès de Toi contre les contraintes de la dette et la coercition des hommes" [ Rapporté par Abû Dâwud ].

 

Grâce à la persévérance et à l'espérance, l'homme peut affronter les grands malheurs sans s'humilier, et il reste protégé de toute part et au-dessus des événements et des discordes, parce qu'il est croyant et que le croyant n'implore qu'Allah.

 

 

 

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