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Allah
a dit :
«
Dis : ceux qui savent et les ignorants sont-ils
égaux ? »
[
Sourate
39, verset 9 ]
Il
a dit également :
«
Et quand on vous dit de vous lever, levez-vous
Allah élèvera en degrés
ceux d'entre vous qui auront cru et ceux
qui auront reçu le savoir »
[
Sourate 58,
verset 11 ]
Ibn
'Abbâs a dit : «
Les savants possèdent sept cents
degrés au-dessus des croyants. L'espace
entre deux degrés équivaut
à la marche pendant cinq cent ans
».
Allah
a dit aussi :
«
Parmi les serviteurs d'Allah, les savants
sont seuls à Le redouter »
[
Sourate 35, verset 28 ]
De
même le Hadîth rapporté
par Mu'âwiya ibn Abî Soufyân
:
« J'ai entendu l'Envoyé d'Allah
dire :
«
Celui auquel Allah
veut du bien,
Il l'initie en matière de religion.
»
De
même Abû Oumâma
rapporte
ceci :
« On a évoqué
devant l'Envoyé d'Allah le cas de
deux hommes : l'un est un dévot et
l'autre est un savant. L'Envoyé a
dit :
Le mérite du savant sur le dévot
est semblable au mien sur le plus proche
d'entre vous.
Ensuite, l'Envoyé d'Allah a ajouté
: Allah et Ses anges ainsi que les habitants
des cieux et de la terre et même la
fourmi dans sa fourmilière et le
poisson prient sur ceux qui initient les
gens au bien .
« C'est un Hadîth sahîh.
» [
rapporté par At-Tirmidhi ]
Il
est dit également dans un autre Hadîth
:
«
Le mérite du savant sur le dévot
est semblable à celui de la lune
au cours d'une nuit de pleine lune sur l'ensemble
des planètes.
C'est que les savants
sont les héritiers des Prophètes.
Or les Prophètes n'ont laissé
en guise d'héritage ni dinar, ni
dirham mais seulement la science.
Aussi
celui qui s'adonne à la science s'assure
d'une grande chance. »
De
même Safwân Ibn Assal
rapporte
que le Prophète a dit :
«
Les anges déploient leurs ailes pour
celui qui étudie la science pour
faire plaisir à sa demande. »
[
rapporté par
Imam Ahmad et Ibnou Mâja ]
Pour
sa part, Al-Khatâbi
note trois significations
à propos de l'attitude des anges
:
-
La première c'est le déploiement
matériel des ailes.
-
La deuxième c'est la modestie par
respect pour celui qui étudie la
science
-
La troisième c'est le fait que les
anges descendent là où il
y a des séances consacrées
à la science et cessent de voler.
De
même Abû Hurayra rapporte que
le Prophète a dit :
«
Pour celui qui emprunte une voie -tarîq-
à la recherche d'une science, Allah
lui rend de ce fait aisée une voie
-tarîq- conduisant au Paradis »
. [ Rapporté par Muslim ]
On
rapporte également que le Prophète
a dit :
« Il n'y aura qu'un seul degré
entre les Prophètes et celui qui
est saisi par la mort pendant qu'il cherche
la science pour revivifier l'Islam ».
Il y a d'ailleurs de nombreuses traditions
en ce sens. Du
reste l'un des sages disait : « Que
je désire connaître ! Que pouvait
atteindre celui qui rate la science, et que
pouvait rater celui qui possède la
science ? »
De
même il y a parmi les mérites
de l'initiation au savoir -fadâ-il
at-ta'lîm-
ce
que nous avons recensé dans les deux
sahîh (recueils authentiques)
,
d'après Sahl Ibn Sa'd : « L'Envoyé
d'Allah lui a dit :
Qu'Allah
guide grâce à toi
un seul homme est meilleur pour toi que
de posséder les plus belles bêtes.
»
[
As-Sahihayn, Les Recueils authentiques ]
De
son côté Ibn 'Abbâs disait
:
« Pour celui qui initie les gens
au bien, toutes les bêtes implorent
en sa faveur »
Une tradition similaire
d'après un Hadîth qu' on a fait
remonter jusqu' au Prophète .
Si l'on
demande en quoi consiste la demande de pardon
en faveur de celui qui apprend le savoir
aux autres ?
On peut répondre par
ceci : le bénéfice de la science
embrasse toute chose y compris le poisson.
En effet, grâce au savoir, les savants
savent ce qui est licite et ce qui est illicite
et recommandent de faire le bien à
toute chose y compris à la bête
immolée et au poisson.
Ainsi, Allah
a inspiré la demande de pardon en
leur faveur en guise de récompense
pour leur bonne action. »
De
même Abû Mûsâ rapporte
ceci : « L'Envoyé d'Allah
a
dit :
La
guidance -al-hudâ- et la science -al-'ilm-
avec lesquelles Allah
m'a envoyé
s'apparentent à une pluie qui a touché
une terre : là où la terre
était bonne elle a accepté
l'eau et elle a permis la pousse de l'herbe
et de beaucoup de verdure ; là où
la terre était marécageuse
elle a retenu l'eau, et Allah
en a fait
profiter les gens qui ont pu ainsi boire,
irriguer et semer; là où la
terre était aplatie elle était
stérile et elle n'a pas retenu l'eau.
Ceci ressemble au cas de celui qui s'est
initié à la religion d'Allah
et qui a tiré bénéfice
de ce avec quoi Allah m'a envoyé:
il a appris le savoir et il l'a enseigné;
ainsi qu'au cas de celui qui n'en a rien
retenu et qui n'a accepté la guidance
avec laquelle j'ai été envoyé.
»
[
As-Sahihayn, Les Recueils authentiques ]
Regarde,
qu'Allah
te prenne en miséricorde,
combien ce Hadîth est lourd de conséquence
pour les gens. En effet, les fuqaha doués
d'une grande intelligence sont comparables
aux terrains qui ont retenu l'eau et qui
ont fait pousser l'herbe ; ceci parce qu'ils
ont appris et assimilé le savoir
avant de le décortiquer et de l'enseigner.
Quant aux traditionnistes, transmetteurs
du Hadith qui n'étaient pas dotés
d'une grande faculté d'assimilation
et de compréhension, ils ressemblent
aux terrains marécageux qui ont retenu
l'eau pour en faire bénéficier
aux autres.
Quant à ceux qui ont écouté
sans pouvoir retenir et assimiler, ce sont
les gens du commun qui sont des ignorants.
Du
reste Al-Hasan Al-Basrî disait :
«
S'il n'y avait pas de savants, les gens
seraient comme les animaux ».
Pour
sa part, Mu'âdh Ibn Jabal disait :
« Apprenez le savoir car le fait de
l'apprendre pour plaire à Allah constitue
une marque de crainte révérencielle
-khashiya-, le fait de le viser constitue
une marque d'adoration, le fait de l'étudier
constitue une marque de glorification -tasbîh-,
le fait de le chercher constitue une marque
de Jihâd, le fait de l'enseigner à
celui qui ne le possède pas constitue
une aumône -sadaqa- et le fait de
le dispenser à ceux qui le méritent
constitue un moyen de rapprochement d'Allah
.
C'est que le savoir est un ami intime dans
la solitude et un compagnon fidèle
dans la retraite spirituelle ».
De
son côté Ka'b dit
: « Allah
a révélé ceci à
Mûsâ (Moïse) :
Ô Mûsâ ! Apprends le bien
et enseigne-le aux gens car J' illumine les
tombes de ceux qui enseignent le bien et
de ceux qui l'apprennent pour qu'ils ne
se sentent pas seuls dans leur effrayante
solitude. »
La
recherche de la science est une obligation
-Talabu 'ilmi farîda-
On
rapporte, d'après Anas Ibn Malik
que le Prophète a dit :
«
La recherche de la science est une obligation
pour chaque musulman ».
[ Rapporté
par Ahmad Ibn Hanbal
dans ses 'Ilal ]
Al-Ghazâlî
note que les gens ont divergé à
ce sujet.
-
Pour
les Fuqaha, il s'agit de la science du Fiqh
car elle permet de distinguer le licite
-al-halâl- et l'illicite -al-harâm-.
-
Pour
les exégètes du Qur'ân
et les Traditionnistes, spécialistes
du Hadith, il s'agit du Livre d'Allah
et
de la Sunna car ils permettent d'aboutir
à toutes les autres sciences.
-
Pour
les soufis, il s'agit de la science de la
sincérité -al-ikhlâs-
et des fléaux de l'âme -âfatu
n-nufûs-.
-
Pour
les théologiens, il s'agit de la
science du Kalâm (théologie)
etc., parmi les affirmations inacceptables.
En effet le plus sûr consiste à
dire qu'il s'agit de la science portant
sur la manière pour le serviteur
de traiter son Seigneur. Or ce traitement
qu'il assume comporte trois modalités
: la croyance, l'acte et l'abandon.
Ainsi,
lorsque le garçon atteint la puberté
il doit en premier lieu apprendre les deux
formules de la Profession de foi -ash-Shahada-
et en saisir le sens, même s'il ne
peut encore l'obtenir par la réflexion
et la démonstration.
Ceci parce que
le Prophète
s'est contenté,
de la part des rustres Arabes bédouins
d'un simple assentiment sans la moindre
preuve. Il s'agit donc d'une obligation
inscrite dans le temps.
Par la suite le
jeune garçon doit recourir à
la réflexion et à l'inférence.
Ensuite, lorsque le temps de la prière
s'impose à lui il doit apprendre
la purification et la prière.
S'il
vit jusqu'au Ramadan, il doit apprendre
à jeûner. S'il détient
de l'argent au bout de d'une année
entière, il doit apprendre l'aumône
légale.
Puis, si au moment du pèlerinage,
il a la capacité de l'accomplir,
il doit apprendre ses rites.
Pour
ce qui est de la question de l'abandon,
elle dépend du renouvellement des
circonstances. Ainsi, l'homme aveugle n'est
pas tenu d'apprendre ce qu'on ne doit pas
regarder. Mais s'ils se trouve dans un pays
où on s'adonne à la consommation
du vin et au port de la soie, il doit connaître
les modalités d’interdiction à
ce sujet.
Pour
ce qui est des croyances, leur connaissance
dépend de la réflexion. Ainsi,
s'il conçoit un doute à propos
des significations que recèlent les
deux formules de la profession de foi, il
doit apprendre suffisamment pour parvenir
à annuler le doute. S’il se trouve
dans un pays où se multiplient les
innovations blâmables, il doit apprendre
et connaître la Vérité.
De même s'il s'agit d'un commerçant
qui se trouve dans un pays où se
répand l'usure, il doit apprendre
comment s'en prémunir. De
même il doit acquérir les connaissances
sur les croyances à la Résurrection,
au Paradis et à l'Enfer.
Il
ressort, de ce que nous avons indiqué,
que le but, à travers la recherche
de la science, et qui est une obligation
individuelle, est de connaître ce
qui incombe à l'individu.
Pour
ce qui est de l'obligation communautaire,
elle concerne toute science dont on ne se
passe pas pour assurer les affaires du monde
ici-bas, comme la médecine qui est
nécessaire pour la bonne santé
des corps, ou le calcul et les mathématiques
qui sont indispensables pour calculer l'héritage
et les recommandations ultimes, et bien
d'autres choses.
Si un pays est dépourvu
d'individus qui assument ces sciences, ses
habitants risquent d'être gênés.
En revanche, s'il trouve quelqu’un pour
les assumer cela suffit, et l'
obligation
devient caduque pour les autres.
Cela
dit, on ne doit pas s'étonner de
notre affirmation que la médecine
et le calcul relèvent des obligations
communautaires. Car les principaux métiers,
comme l'agriculture et le tissage relèvent
également des obligations communautaires.
Citons également le cas de la médecine:
si un pays est dépourvu de médecins
ses habitants risquent de périr.
C'est que celui qui a institué le
mal qui a fait descendre en même temps
le remède et en a fait connaître
l'utilisation.
Quant
à l'approfondissement des connaissances
en matière de calcul, de médecine
ou d'autres disciplines, cela constitue
un supplément parce qu'on peut s'en
passer. Mais certaines sciences peuvent
être permises et louables comme la
connaissance de la poésie sérieuse,
des récits et de l'histoire.
Mais
d'autres sciences peuvent être blâmables
comme la sorcellerie, la science des talismans,
la magie. S'agissant des sciences relatives
à la Loi religieuse, elles sont toutes
louables. Elles se divisent entre sciences
des fondements et des principes -'ilm al
ousoul-, science des ramifications -fourou'-, les prolégomènes -mouqaddimat- et les sciences complémentaires
-moutammimat-.
Ainsi la science des fondements
-Ousul- a pour objet le Livre d'Allah ,
la Sunna de Son Messager , le consensus
-ijma'- de la communauté et les traditions
des compagnons du prophète -Sahaba-
.
La
science des Fourou' ( ramifications ) porte
sur ce qu'on a compris comme significations
des termes de ces Ousoul et sur ce que les
entendements peuvent saisir de leur terminologie.
A titre d'exemple, on a compris de la parole
du Prophète : «
Le juge ne doit pas statuer en colère
»
, que cela signifie entre autre qu'il ne
doit pas avoir le ventre vide.
Pour ce qui
est des prolégomènes - al
Mouqaddimat-, elles sont comparables à
des outils comme la grammaire et la linguistique
qui constituent des outils pour la science
ayant pour objet le Livre d'Allah et la
Sunna de Son Messager.
 S'agissant des sciences
complémentaires, comme la science
des lectures du Qur'an -al Qira'at-, la
phonétique, la science sur la connaissance
des noms des transmetteurs du Hadîth,
de leur équité et de leurs
états, il s'agit là des sciences
religieuses qui sont toutes louables.

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