Omar ibn al khattab

Omar Ibn Al-Khattâb, que Dieu l’agrée, est né à la Mecque, treize ans après la naissance du Prophète ﷺ. Issu de la tribu des Banu ‘Adi.

Son père Al-Khattâb était un des notables de Quraysh, tandis que sa mère Hantama bint Hisham appartenait au clan des Banû Makhzûm.

Il appartenait donc à la noblesse de la Mecque et à sa classe dirigeante. Dans son enfance, il s’occupa de faire paître le bétail de son père.

Plus tard, il s’adonna au commerce, allant quelques fois même en Syrie avec des caravanes. Il n’était pas un riche commerçant, mais il arrivait à vivre aisément et dignement, ce qui lui assurait une place respectable au sein de la société mecquoise.

D’un caractère dur et quelque peu brutal, il fut élevé dans la fierté, la vaillance et la justesse dans la décision.

Sa forte personnalité inspirait la crainte et le respect. Sa fermeté et son courage étaient légendaires.

D’un homme rude et dur, l’islam a fait de Omar, l’un des chefs d’Etat les plus justes et les plus magnanimes dans l’histoire de l’humanité.

Il était doté d’une extrême sensibilité, et un cœur plein de compassion et de douceur qui s’attendrissait jusque sur le sort de ses sujets non-musulmans.

Il était d’une droiture exemplaire et ne favorisa jamais un membre de sa famille par rapport au reste des gens, bien au contraire !

Apprenant la conversion de sa sœur, dans une colère terrible, il se rendit chez elle, la malmena puis ayant lu quelques versets, touché par leur éloquence, il prononça l’attestation de foi.

Il se rendit ensuite chez le Messager et les musulmans refusèrent de lui ouvrir la porte par crainte de sa rudesse, mais le Prophèteordonna de le laisser entrer.

Alors, il s’approcha de lui et dit : « Soumets-toi à Dieu, Ibn-Al-Khattâb » il ajouta « ô Seigneur, guide-le » C’est alors qu’il annonça sa conversion en prononçant l’attestation de foi.

Ce fut une bénédiction pour les musulmans.

Après que Omar eut embrassé l’islam, il demanda au Prophète ﷺ :  « Ô Envoyé de Dieu ! Sommes-nous sur la juste voie ? »

Le Prophète ﷺ répondit : « Assurément ! » Omar lui dit :  « Dans ce cas, pourquoi devons-nous nous cacher. »

Il ajouta ensuite : « Nous sommes sortis, alors, Hamza et moi, chacun à la tête d’un groupe et nous nous sommes dirigés vers l’enceinte de la Ka’ba. Les dignitaires qurayshites étaient assis là. J’ai regardé vers eux et j’ai aperçu sur leurs visages une tristesse, comme je n’en ai jamais vue de semblable.

Ce jour-là, le Prophète m’a surnommé al-Fârouq !» – celui qui distingue le bien du mal

Omar avait alors vingt-six ans. Il fut le quarantième homme à se convertir et le fit savoir ouvertement, sans crainte des représailles et des coups reçus de la part de certains non musulmans.

Son dévouement pour l’islam ne se démentira jamais. Il en fut l’un des piliers les plus solides avant et après la disparition du Prophète ﷺ.

Il avait l’habitude de dire : « Nous étions avilis et l’islam nous a honorés. » 

Ainsi, dès que Dieu l’honora par l’islam, il ne voulait plus se cacher pour Le remercier et rendre le culte qui Lui revenait à Lui seul !

Omar montrera ce même courage tout au long des événements qui jalonnèrent l’islam. Même au moment d’émigrer à Yathrib – la future Médine – 

II fut le seul à annoncer publiquement son départ et personne n’eut le courage et l’audace de le poursuivre.

Quelques temps après, il arriva à Yathrib, précédant le Prophète ﷺ et Abou Bakr.

A partir de ce jour, la vie de Omar sera intimement liée à celle du Messager.

Il sera tout à la fois son garde du corps, son conseiller et son bras droit.

Il n’y eut aucune bataille à laquelle il ne participa aux côtés du Prophète ﷺ  : que ce soit à Badr, à Ohod, à Hounayn etc. Il était toujours présent et s’y illustrait vaillamment.

Le Prophète ﷺ avait une confiance totale en lui. De son côté, Omar vouait au Messager un amour infini.

La sincérité de Omar et son amour pour l’islam l’amenaient parfois à contredire le Messager sur des choses dont il ignorait la signification et la finalité.

Il manifesta son désaccord lors la signature du traité d’Al-Houdaybiya, qui semblait, à première vue, favorable à leurs ennemis qurayshites.

Le Prophète ﷺ lui répondit : « Je suis le serviteur de Dieu  et Son Envoyé, et je ne faillirai pas à ce que Dieu m’a ordonné de faire ! Je sais qu’il ne m’abandonnera pas ! »

Omar raconta : « Après cela, je n’ai cessé de prier, de jeûner et d’affranchir des esclaves, pour expier mon audace de m’être opposé car aujourd’hui encore, j’ai peur des conséquences de ce que j’ai dit ce jour-là ! »

Beaucoup de paroles du Prophète ont rendu hommage aux qualités et à la personnalité de Omar. Le Messager a dit : «De toute ma communauté, c’est Omar qui est le plus ferme lorsqu’il s’agit de respecter les limites de Dieu».

C’est à cet homme aux qualités exceptionnelles que va échoir la direction de l’état musulman après la mort d’Abû Bakr.

Avec lui, l’islam connaîtra son apogée et rayonnera sur une grande partie de la Terre.

Omar fera preuve d’un grand génie politique, ce qui permit d’asseoir solidement les institutions de cet État et de donner à celui-ci son heure de gloire. Abou Bakr ne s’était pas trompé en le désignant comme successeur.

 Il s’impliquera dans les batailles par ses conseils et ses instructions et beaucoup de victoires furent remportée de par ses bons conseils. En Syrie, il organisa les institutions et y nomma des gouverneurs.

C’est là, dit-on, qu’il fixa les bases du système des pensions qui assurait aux combattants un revenu régulier.

A Jérusalem, il se déplaça lui-même pour accepter les conditions de sa reddition.

Jamais on ne vit un conquérant entrer dans une ville et traiter ses habitants de la même manière que le fit Omara vec les habitants – chrétiens et juifs – de Jérusalem.

Moyennant paiement du tribu ordinaire, il accorda aux chrétiens la sécurité de leurs biens, le maintien de leurs lieux de culte et la liberté religieuse. Ensuite, invité par le patriarche de Jérusalem à accomplir la prière rituelle dans l’église de la Résurrection, il refusa, préférant l’accomplir sur la place du Rocher sacré.

Cette tolérance là accompagna les musulmans tout au long de leurs conquêtes. Après la Syrie et Jérusalem, sous les directives de Omar les musulmans conquirent La Perse, La Mésopotamie puis l’Egypte.

Quelque temps après, la majorité de la population adhérera à l’islam.

Sous le califat de Omar les frontières de l’état musulman s’étendaient jusqu’au pays des Afghans et atteignaient la limite de la frontière chinoise à l’Est, l’Anatolie et la mer Caspienne au Nord, la ville de Barqa, en Tripolitaine à l’Ouest, et la Numidie au Sud.

Cet immense territoire qui prenait forme se devait d’être aménagé et organisé.

Il fut à l’origine de la création de nombreuses villes dans les provinces conquises dans lesquelles il nomma des gouverneurs mais laissa leurs postes aux anciens fonctionnaires coptes, toujours dans cet esprit de respect et tolérance.

Il fut aussi à l’origine de la construction de plusieurs mosquées pour l’enseignement de l’islam.

Le credo de Omar, que Dieu l’agrée, était  la justice. Il ne permettait à personne – si puissant soit-il – de la transgresser.

Il savait que les gouverneurs étaient, par leur statut et leur autorité, enclins à outrepasser leurs prérogatives et à dévier de la juste voie.

Il les faisait donc surveiller et, le cas échéant, destituer et nomma pour cela un wakil- sorte de procureur- chargé de recueillir et vérifier les plaintes des habitants contre leur gouverneur.

Il n’hésitait pas à descendre lui-même dans les rues de Médine pour s’enquérir de la situation de ses habitants.

Il était doté d’une grande sensibilité et d’un grand souci pour le bien-être de sa population.

Durant l’année des cendres, année de sécheresse et de famine, le Calife fit le vœu de ne plus consommer de nourriture à base de viande, ni de boire de lait, tant que les musulmans ne pourraient se nourrir comme ils en avaient l’habitude. Il se priva tellement à tel point que sa peau devint jaune.

Se considérant comme responsable du sort des musulmans, il voulait partager leurs souffrances. Ainsi était Omar que Dieu l’agrée.

Cet homme avait le sens de l’État. Il était très préoccupé du sort des musulmans et des non-musulmans qui vivaient sous la protection de l’état musulman. Il avait l’habitude de dire : 

« Si un mulet trébuche en Irak, Dieu m’en demandera compte en me disant : Pourquoi, Omar ne lui as-tu pas aplani la route ?»

Il avait une grande crainte de Dieu. Sa piété et sa vertu étaient ses traits de caractère les plus en vue. Sa foi et son amour de Dieu transparaissaient dans chacun de ses actes.

Il disait avec émotion et sincérité : « Si mon Seigneur disait au Jour de la résurrection, toutes les créatures entreront au Paradis sauf une, je craindrai que ce soit moi ! »

Cet homme, que les gens craignaient pour sa sévérité et sa dureté, n’hésitait pourtant pas à s’adoucir spontanément et à faire amende honorable, lorsque des arguments étaient invoqués contre lui.

Il était d’une modestie rare chez les hommes ayant exercé le pouvoir. Il aimait dire : «Que Dieu soit clément à l’égard de quiconque me montre mes faiblesses»

Durant tout son califat qui dura dix ans et quelques mois, jamais les musulmans ne connurent de troubles ou de guerres fratricides.

La stabilité et la sécurité étaient de vigueur sur tout le territoire du califat.

La communauté avait encore grandement besoin de ses nombreuses vertus et qualités, lorsqu’une main criminelle vint mettre un terme à une vie pleine de bienfaits et de mansuétude pour les créatures de Dieu .

Alors qu’il était recueilli dans la prière de l’aube à la mosquée, un captif persan appelé Fayrûz et surnommé Abû Lou-lou-a, l’assassina par traîtrise en le poignardant à plusieurs reprises.

Touché, Omar eut le temps de désigner Ibn ‘Awf  pour qu’il continue la prière collective, puis il s’affaissa sous l’effet de la douleur.

Avant de rendre l’âme, il eut encore une dernière pensée pour le destin de sa communauté en pensant à sa succession.

Il laissa le choix aux plus proches compagnons du Prophète de désigner un successeur. Sur ce, il rendit l’âme et fut enterré à côté de la tombe du Messager de Dieu.

Il fut le seul, avec Abou Bakr, quAllah soit satisfait d’eux, à y être enterré. Il avait alors soixante ans.

Qu’il soit agrée et récompensé pour le grand bien qu’il a apporté à la communauté.

N'hésitez pas à partager à votre entourage :