Une prostituée au paradis ?

Une page Facebook a publié un rappel d’un prédicateur au sujet du hijab. Il parlait de son importance et de la gravité de ne pas le porter.

Ce rappel n’a pas été apprécié par certains qui se sont empressés de l’exprimer.

Outre les habituels : « chacun sa tombe » et « t’es qui pour juger » – un commentaire se distingua par l’utilisation d’un hadith ( souvent employé à mauvais escient) pour justifier un péché ou une désobéissance.

En colère contre le prédicateur, une soeur rétorque qu’elle ne porte pas le voile et n’imagine pas un instant que Dieu puisse lui tenir rigueur de ça, alors qu’IL accorde le Paradis à une prostituée !

De quoi parle cette soeur ?

« Une prostituée des Fils d'Israël vit un chien qui tournait autour d'un puits mourant de soif. Elle ôta sa chaussure, la remplit d'eau du puits et l'en abreuva. Cela lui valut l'absolution de ses péchés.»

C’est un hadith authentique répertorié dans sahih Mouslim rapporté par Abou Houreyra.

Premièrement le hadith parle D’ABSOLUTION DES PÉCHÉS et non d’entrer au Paradis, erreur fréquemment commises par ceux qui relatent ce récit.

De nombreux hadith parlent d’actions qui absolvent nos péchés, est-ce que cela signifie qu’une fois cette bonne action accompli la destination du Paradis est garanti ? Évidemment non.

D’ailleurs, comme l’a rappelé notre bien aimé Messager ﷺ nul n’entrera au Paradis par ses bonnes actions, car le Paradis est inestimable. Les bonnes actions sont uniquement une cause pour nous attirer la Miséricorde d’Allah ﷻ qui est le SEUL dans son infini sagesse à décider de la destination finale de chacun.

Deuxièmement, les savants expliquent qu’elle fut pardonnée de ses péchés car son geste était des plus sincère envers cet animal agonisant.

Certains ajoutent que Dieu seul connaît son passé, son présent et son futur et que cette femme s’est ensuite réfugiée vers son Seigneur en frappant à la porte du repentir.

Ils terminent en insistant sur le fait, qu’il est impensable et interdit de prendre en prétexte ce hadith pour commettre le blâmable avec pour intention de se faire pardonner en abreuvant un animal.

Ne serait ce pas – vis à vis de notre Créateur – une misérable tromperie et un terrible manque de respect que d’agir ainsi ?

Certes la Miséricorde d’Allah ﷻ est immense mais IL nous rappelle également dans le Saint Coran qu’IL est également très sévère en punition.

De ce fait, le croyant doit adorer son Seigneur entre crainte et espoir et l’un ne doit pas prendre le pas sur l’autre afin de ne pas être injuste envers nous même.

Un coeur emplit uniquement de crainte sera poussé à désespérer de la Miséricorde de Dieu et un coeur emplit uniquement d’espoir se sentira à l’abri de toutes réprimandes ou châtiments liés à ses désobéissances et ses mauvaises actions.

Le grand compagnon Abou Bakr as-Siddiq, l’ami intime du Prophète ﷺ a dit :

« Je ne serai pas assuré de mon entrée au Paradis même si j'avais un pied à l'intérieur et un autre à l'extérieur.»

Ainsi raisonnaient les pieux prédécesseurs.

Puissions nous les prendre en exemple et compter parmi les agréés.

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